‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 182 sur 192 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

PORCIA,ARTEMIDORE

Porc i a.

Approcher ici, l’ami : que fais-tu ? d’où viens-tu ?

Artemidore.

Je viens de ma maifon.

Sais -tu quelle heure il eR ?

Artemidore.

Neuf heures.

Mais, Céfar eft-il au Capitole ?

Artemidore.

Pas encor ; je l’attends ici fur fon chemin.

P O R C I A, Tu veux lui préfenter quelque placet, fans doute ?

ARTEMIDORE Oui ; puifle ce placet plaire aux yeux de Céfar ! Que Céfar s’aime affez pour m’écouter, Madame! Mon placet eft pour lui beaucoup plus que pour moi.

Que dis-tu ? l’on ferait quelque mal à Céfar ?

ARTEMIDORE.

Je ne fais ce qu’on fait, je fais ce que je crains, Bonjour, Madame, adieu. La rue eft fort étroite; Les fénateurs, préteurs, courtifans, demandeurs , Font une telle foule, une fi grande preffe, Qu’en ce paflage étroit ils pourraient m’étouffer ; Et j’attendrai plus loin Céfar à fon paffage.

( il fort. )

Allons, il faut le fuivre... Hélas ! quelle faibleffe Dans le cœur d’une femme ! Ah, Brutus ! ah, Brutus! Puiffent les Immortels hâter ton entreprife ! Mais cet homme, grands Dieux, m’aurait-il écoutée! Ah ! Brutus à Céfar va faire une requête Qui ne lui plaira pas. Ah ! je m’évanouis.

( à Lucius. ) Va, Lucius, cours vite, & dis bien à Brutus.... Que je fuis très-joyeufe ; & revoie me dire....

Lucius.

Quoi ?

Tout ce que Brutus t’aura dit pour Porcie.

Fin du fécond Ale.”

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