‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 91 sur 192 · PROMETHÉE, PANDORE, NYMPHES · texte numérisé non relu

PROMETHÉE, PANDORE, NYMPHES

Titans, C h oe u r , &c.

Une Dryade.

Chantez, Nymphes des bois , chantez Pheu-

reux retour

Du demi-Dieu qui commande à la terre :

Il vous apporte un nouveau jour:

Il revient dans ce doux féjour.

Du féjour brillant du tonnerre ; il revoie en ces lieux fur le char de l’Amour.

Choeur de Nymphes.

Quelle douce aurore

Se lève fur nous ?

Terre jeune encore,

Embelliffez-vous.

Brillantes fleurs, qui parez nos campagnes;

Sommet des fuperbes montagnes, Qui divifez les airs, & qui portez les deux ;

O nature naiffante,

Devenez plus charmante ,

sio PANDORE.

Plus digne de fes yeux.

PROMETHÉE , defcendant du char, le flambeau à la main» Je le ravis aux Dieux , je l’apporte à la terre ,

Ce feu facré du tendre amour, Plus puiffant mille fois que celui du tonnerre,

Et que les feux du Dieu du jour.

Le CHOEUR des Nymphes.

Fille du ciel , ame du monde,

Paffez dans tous les cœurs :

L’air, la terre & Fonde

Attendent vos faveurs.

PrOME THÉE, approchant de l'eflrade où efl Pandore ^ Que ce feu précieux, l'aftre de la nature.

Que cette flamme pure

Te mette au nombre des vivans.

Terre , fois attentive à ces heureux inftans: Lève-toi, cher objet, c'eft l’amour qui l’ordonne:

A fa voix obéis toujours ;

Lève-toi, l’amour te donne

La vie , un cœur & de beaux jours.

( Pandore fe lève fur Jon eflrade & marche fur la fcène, )

CHŒUR

Ciel ! ô Ciel ! elle refpire !

Dieu d’Amour, quel efl ton empire/

Pandore.

Où fuis-je? & qu’eft-ce que je voi ?

Je n’ai jamais été , quel pouvoir m’a fait-naître?

J’ai paffé du néant à l’être;

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