PROMETHÉE, PANDORE, NYMPHES
Titans, C h oe u r , &c.
Une Dryade.
Chantez, Nymphes des bois , chantez Pheu-
reux retour
Du demi-Dieu qui commande à la terre :
Il vous apporte un nouveau jour:
Il revient dans ce doux féjour.
Du féjour brillant du tonnerre ; il revoie en ces lieux fur le char de l’Amour.
Choeur de Nymphes.
Quelle douce aurore
Se lève fur nous ?
Terre jeune encore,
Embelliffez-vous.
Brillantes fleurs, qui parez nos campagnes;
Sommet des fuperbes montagnes, Qui divifez les airs, & qui portez les deux ;
O nature naiffante,
Devenez plus charmante ,
sio PANDORE.
Plus digne de fes yeux.
PROMETHÉE , defcendant du char, le flambeau à la main» Je le ravis aux Dieux , je l’apporte à la terre ,
Ce feu facré du tendre amour, Plus puiffant mille fois que celui du tonnerre,
Et que les feux du Dieu du jour.
Le CHOEUR des Nymphes.
Fille du ciel , ame du monde,
Paffez dans tous les cœurs :
L’air, la terre & Fonde
Attendent vos faveurs.
PrOME THÉE, approchant de l'eflrade où efl Pandore ^ Que ce feu précieux, l'aftre de la nature.
Que cette flamme pure
Te mette au nombre des vivans.
Terre , fois attentive à ces heureux inftans: Lève-toi, cher objet, c'eft l’amour qui l’ordonne:
A fa voix obéis toujours ;
Lève-toi, l’amour te donne
La vie , un cœur & de beaux jours.
( Pandore fe lève fur Jon eflrade & marche fur la fcène, )
CHŒUR
Ciel ! ô Ciel ! elle refpire !
Dieu d’Amour, quel efl ton empire/
Pandore.
Où fuis-je? & qu’eft-ce que je voi ?
Je n’ai jamais été , quel pouvoir m’a fait-naître?
J’ai paffé du néant à l’être;