‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 115 sur 275 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CATILINA, CETHÉGUS, LENTtLUS-SURA.

SURA

Ainsi , malgré mes soins et malgré ma prière. Vous prenez dans César une assurance entière ; Yous lui donpez Préneste; il devient notre appui» Pensez-vous me forcer k dépendre de lui ?

CATILINA

Le sang des Scipions n'est point fait pour dépendre. Ce n'est qu'au premier rang que vous devez prétendre. Je traite avec César, mais sans m'y confier; Son crédit peut nous nuire ; il peut nous appuyer : Croyez qu'en mon parti s'il faut que je l'engage , Je me sers de son nom, mais pour votre avantage.

SURA

Ce nom est-il plus grand que le votre et le mien 7 Pourquoi vous abaisser klsriguer ce soutien? On le fait trop valoir, et Kome est trop frappée n'un mérite naissant qu'oui oppose k Pompée. Pourquoi le rechercher, alors que je vous sers ? Ne peut-on sans César subjuguer l'univers ?

aSO CATICINA.

CATILINA

rfoiis le pouvons saiis doute; et sur votre vaillance J'ai foudë y dès long-temps , ma plus forte espérance ; Mais César est aimé du peuple et du sénat ; Politique , guerrier , pontife , magistrat , Terrible dans la guerre » et grand dans la tribune , Par cent chemins divers il court k la foi'tune. Il nous est nécessaire.

filJ&A.

Il nous sera fatal; If otre égal aujourd'hui , demain notre rival , Bientôt nôtre tyran; tel est son caractère : Je le crois du parti le plus grand adversaire. Peut-être qu'à vous seul il daignera céder. Mais croyez qu'à tout autre il voudra commander. Je ne spufirirai point, puisqu^il faut vous le dire y De sou fier ascendant le dangereux empire. Je vous ai prodigué mon service et ma loi , Et je renonce à vous s'il remporte sur moi.

CATILINA

J'y consens : faites plus ;. arrachez-moi la vie « Je m'en déclare indigne , et je la sacrifie , Si je permets jamais , de nos grandeurs jaloux , Qu'un autre ose penser à s'élever sur nous i Mais souffrez qu'à César votre intérêt me lie : Je le flatte ai^ourd'hui , demain je l'humilie ; Je ferai plus peut-être : en un mot vous pensez Que sur nos intérêts mes yeux s'ouvrent assez.

(ACëthégua.)

Va; prépare en secret le départ d'Aurélie; Que des seuls conjurés sa maison soit remplie. De ces lieux cependant qu'on écarte ses pas. Craignons de son amour les funestes éclats. Par un autre chemin tu reviendras m'attendre Vers ces lieux retirés où César va m'entendre.

SURA

Enfin donc sans César vous n'entreprenez rien ? Nous attendrons le fruit de ce grand entretien.

CATILINA

Allez; j'espère en vous plus que dans César même.

kCtU SECOSB. 95l

CÉTHÉGITS.

Je cours exécuter ta volonté suprême,

Et sous tes étendards k jamais réunir

Ceux qui mettent leur gloire à savoir t'obéîr.

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