‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 117 sur 275 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

CATILINA , iBs GoNJORÉs.

CATOINA.

Venez , noble Pison , vaillant Autronius ,

Intrépide Vargonte , ardent Statilius;

Vous tous , braves guerriers ^ de tout rang, de tout âge ,

Des plus grands des humains redoutable assemblage ;

Venez , vainqueurs des rois , vengeurs des citoyens ,

Vous tous , mes vrais amis , mes égaux , mes soutiens ;

Encor quelques momens , un dieu qui vous seconde

Va mettre entre vos mains la maîtresse du monde.

De trente nations malheureux conquérans ,

La peine était pour vous, le fruil pour vos ^raiis.

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Vos mains n'ont subjugue Tigrane et Mithridate, Votre sang n'a rougi les ondes de TEuphrate , Que pour enorgueillir d'indignes sénateurs , De leurs propres appuis lâches, persécuteurs , • Grands par vos travaux spuls ^ et qui , pour récompense» Vous permettaient de loin d'adorer leur puissance. Le îour de la vengeance est arrivé pour vous. Je ne propose point a votre fier courroux Des travaux sans périls et des meurtres sans gloire; Vous pourriez dédaignei* une telle victoire : A vos cœurs généreux je promets des combats ; Je vois vos ennemis expirans sous vos bras; Entrez dans ïeyrs palais ; frappez 9 mettez en cendre Tout ce qui prétendra l'honneur de se défendre ; Mais surtout qu'un concert unanime et parbit De nos vastes desseins assure en tout l'effet. A l'heure où je vous parle on doit saisir Prénesle; Des soldats de Sylla le redoutable reste , Par des chemins divers et des 'sentiers obscurs , Du fond de la Toscane avance vers ces murs. Ils arrivent; }e sors, et je marche k leur tête. Au dehors^ ou dedans» Rome est votre conquête. Je combats Pétréius , et je m'ouvre en ces lieux^ Au pied du Capitole» un chemin glorieux. C'est Ik que par les droits que vous donne la guerre , rîous montons en triomphe au trône de la terre , A ce trône souillé par d'indignes Romains , Mais lavé dans leqr sang , et vengé par vos mains. Curius et les siens doivent m'ouvrir lès portes.

(Il s'arrête un moment, puis il s'atiresse à un conjixré. )

Vous , des gladiateurs aurons«nous les cohortes , Leur joignez-vous surtout ces braves vétérans » Qu'un odieux repos fatigua trop long-temps ?

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