‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 136 sur 275 · ACTE GltVQUlàMB. a6l · texte numérisé non relu

ACTE GltVQUlàMB. a6l

CICÉRON

Romains, ) 'aime la gloire , et ne veux point m'en taire;

Des travaux des humains , c'est le digne salaire.

Sénat 9 en vous servant il la faut acheter :

Qui n'ose la vouloir^ n'ose la mériter.

Si j'applique k vos maux une main salutaire ,

Ce que )'ai fait est peu, voyons ce qu'il faut faire.

Le sang coulait dans Rome : ennemis , citoyens ,

Gladiateurs, soldats, chevaliers, plébéiens;

Étalaient a mes yeux la déplorable image

£t d'une ville en cendre et d'un camp de carnage^

La flamme, en s'élançant de cent toits dévorés ,

Dans l'horreur du combat guidait les conjurés.

Céthégus et Sura s'avançaient à leur tête.

Ma main les a saisis ; leur juste mort est prête.

Mais quand j'étouffe l'hydre , il renaît en cent lieux :

Il faut fendre paitout les flots des factieux.

Tantôt Catilina, tantôt Rome l'emporte.

Il marche au Quirinal , il s'avance à la porte ;

Et la, sur des amas de mourans et de morts,

Ayant fait k mes yeux d'incroyables efforts ,

Il se fraie un passage , il vole à son armée ,

J''ai peine a rassurer Rome entière alarmée.

Antoine, qui s'oppose au fier Catilina ,

A tous ces vétérans aguenîs sous Sylla,

Antoine , que poursuit notre mauvais génie ,

Par un coup imprévu voit sa forpe affaiblie ;

Et son* corps accablé ,' désormais sans vigueur.

Sert mal en ces momens les soins de son grand cœur -,

Pétréius étonné vainement le seconde.

Ainsi de tous côtés la maîtresse du monde ,

Assiégée au dehors, embrasée au dedans.

Est cent fois en^un jour k ses derniers momensi

crassus.

Que fait César ?

acÉRON.

Il a , dans ce jour mémorable , Déployé , je Tavoue, un courage indomptable; Mais Rome exigeait plus d'un coeur tel que le sien, n n'est pas criminel i il n'est pas citoyen.

a6a GATILITIi.

Je Tai vu dissiper les plus hardis rebelles;

Mefis bientôt , mënageant des Romains infidèles ,

D s'efforçait de plaire aux esprits égarés ,

Aux peuples , aux soldats , et même aux conjurés.

Dans le péril horrible où Rome était en proie ,

Son front laissait briller une secrète joie :

Sa voix , d'un peuple entier sollicitant l'amour,

Semblait inviter Rome k le servir un jour.

D'un trop coupable sang sa main était avare.

CATON. '

Je vois avec horreur tout ce qu'il nous prépare. Je le redis encore , et veux le publier. De César en tout temps il feut se défier.

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