‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 156 sur 275 · ACTE SECOND. 3lt · texte numérisé non relu

ACTE SECOND. 3lt

Connaissez-mot ; sachez que mon cœur vous offense y J^ais je n'ai point trahi ma gloire el mon pays : Je ne yous trahis point; je n'avais rien promis. Mon arae envers- U votre est assez criminelle ; Sachez qu'elle est ingrate , et non pas infidèle*... Je ne peux vous aim^r ; je ne peux k ce prix Accepter un combat pour ma cause entrepris. Je sais de votre loi la dureté barbare. Celle de mes tyrans , la mort qu'on me prépare»' Je ne me vante point du fastueux effort De voir , sans m'alarraer, les apprdts de ma mort... Je regrette la vie... elle dut m'étre chère. • Je pleure mon destin , je gémis sur mon père i» ^ Mais 9 malgré ma faiblesse, et malgré mon efiroi. Je ne puis vous tromper; n'attendez rien de moi. Je vous parais coupanle aprës un tel outrage; Mais ce cœur , croyez-moi , le serait davantage , Si jusqu'à vous complaire il pouvait s'oublier. Je ne veux ( pardonnez a ce triste langage) De vous pour mon époux , ni pour mon chevalier. J'ai prononcé; jugez, et vengez votre offense (0*

/ ORBÂSSÂN.

Je me borne, madame ^ à venger mon pays ,

A dédaigner H^udace , à braver le mépris,

A Toublier. Mon i)ras prenait votre défense ;

Mais quitte envers ma gloire, aussi-bien qu'envers vous.

Je ne suis plus qu'im juge à son devoir fidèle.

Soumis àr la loi seule, insensible comme elle.

Et q li ne doit sentir ni regrets ni connoux {k).

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