‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 166 sur 275 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ORBâSSâN, âRGIRE, TAMCRÈDE, ChSvaiiem,

oUTTE ORBASSAN f ^ Argire.

L'état est en danger, songeons k lui, seigneur, Nous prétendions demain sortir de nos murailles ; Nous sommes prévenus. Ceux qui njous ont trahis Sans doute avertissaient nos crnets ennemis. Solamir veut tenter le destin des batailles ; Noiis marcherons k lui. Vous , si vous m>n croyez , Dérobez k vos yeux un spcetade funeste , Insupportable, horrible k nos sens cfTrayés.

ARGIRE.

Il suffit, Orbassan; tout l'espoir qui me reste, C'est d'aiïer expirer au milieu des combats.

( Montrant Tancrède. )-

Ce brave chevalier y guidera mes p«f ;

TBijLTBB. TOME III. l4-

322 TAlfCIIEDE.

Et, maigre les horreurs dont ma race est flétrie,. Je périrai du moiuf en servant ma patrie.

ORBASSAN

Des sentimens si grands sont bien dignes de vouSr. Allez aux Musulmans porter vos derniers coups; Mais avant tout , fuyez cet appareil barbare , Si peu fait pour \qs jeux, et déjà qu'on prépare. On approche.

argirE.

Âh! grand dieu!

ORBASSAN

Les regards paternels.

Doivent se détourner de ces objets cruels. Ma place me retient , et mon devoir sévère Veut qu'ici je contienne un peuple téméraire ; L'inexorable loi ne sait rien ménager ; Tout horrible qu^elIe est , je la dois protéger. Mais vous 9 qui n'avez point cet affreux ministère. Qui peut vous retenir , et qui peut vous forcer A voir couler le sang que la loi va verser? On vient ; éloignez-vous.

TANCRÈDE , à Argire.

Non ; demeurez, mon père,^

ORBASSAN

Et qui donc êtes-yous?

TANCREDE

Votre ennemi , seigneur , L'ami de ce vieillard , peut-être son vengeur , Peut-être autant que vous à l'état nécessaire.

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