‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 167 sur 275 · ACTE T&OISIEME. Zl · texte numérisé non relu

ACTE T&OISIEME. Zl

AMENAÏDE.

O. justice suprême!

Toi qui vois le passé , le présent , Tayenir, Tu lis seule en mon cœur, toi seule es équitable ; Des profanes humains la foule impitoyable Parle et juge en aveugle , et condamne au hasai^.

Chevaliers, citoyens, vous qui tous avez part Au sanguinaire arrêt porté contre ma vie , - Cen'est pas devant vous que je me justifie : Que ce ciel qui m'entend juge entre vous et moi. Organes odieux d'un jugement inique ^ Oui , je vous outrageais , j'ai trahi votre loi ; Je l'avais en horreur, elle était tyrânnique : Oui , j'offensais un père ,' il a forcé mes voeux ; J'offensais Orbassan , qui ^ fier et rigoureux. Prétendait sur mon ame une injuste puissance. Citoyens 9 si la mort est due à mon offense ,' . Frappez ; mais écoutez; sachez tout mon malheur: Qui va répondre a Dieu parle aux hommei sans peur '. £t vous , mon père , et vous , témoin de mon supplice , Qui ne deviez pas l'ôlre, et de qui la justice

(Aperceyant.Tancrède. )

Aurait pu.... Ciel! ^ciel! que vois-jeà ses côtés?

Est-ce lui ?... je me meurs. ■

(Elle tombe évanouie entre les gardes.)

TANCRÈDE

Ah ! ma seule présence Est pour elle un reproche 1 il n'importe.... Arrêtez, Ministres de la mort , suspendez la vengeance ; Arrêtez, citoyens, j'entreprends sa défense; Je suis son chevalier : ce père infortuné , Prêt b mourir comme elle , et non moins condamne , Daigne avouer mon bras propice k Tinnocencc. Que la seule valeur rende ici des arrêts ; Des dignes chevaliers c'est le plus beau partage. Que l'on ouvre la lice a l'honneur, au cournge ; Que les juges du camp fassent tous les apprêts ; Toi, superbe Orbassan, c'est toi que je défie; Viens mourir de mes mains ou m'arracher la vie. Tes exploits et ton nom ne sont pas sans éclat ;

3a4 TAl^CRÈBE.

Tu commandes ici y fe veax t'en croire digne , Je jette devant toi le gage du combat.

(H jette aon g«atel«t sur la icè— .>

L'oses-lu relever?

OBBASAM.

• Ton arrogance insigne

Ne mériterait pas qii'on te fit cet honneur :

(11 fait signe à so« écttjer de raoMner le gttfft àe batÉiUe. >

Je le fiiis a moi-même ; et , consultant mon coeur , Respectant ce vieillard qui dai^nn ici. t'admettre , Je veux bien avec toi descendre ktne opnHnrtitOfc , Et daigner te punir de m'oser défier.

Quel est ton rapg ^ Um nom? Ce simple boQclier Semble nous annoncer peu d# marques <ie gkûre.

TAHCmàDB.

Peut-être il en aura des mains de la vkteire. Pour mon nom, fe le tais, et tel est mon dessein ; Mais je te rapprendrai les an»es àk maki. JUarchons.

OKBASSAir.

Qu'h l'instant même on ouvra k bttrrilve; Qu' Amënaïde ici ne soit plus prisonnière , Jusqu*k l'ëvënement de ce léger combat.

Vous , sachez , compagnons , qu'en quittant k carrière. Je marche k votre tête, et je défends l'état. D'un combat singulier la gloire est périssable ; Mais servir k patrie est l'honneur véritable.

TAirCRÉDB.

Viens : et vous, chevaliers, j'espère qu^u^oardiiuf L'état sera sauvé par d'autres que par lui,

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