‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 184 sur 275 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ARGIRE, AMÉNAIDE, FANIE.

FANIE.

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Jouissez plus que nous de ce prodige unique, Tancrède a combattu ; Tanqi'ède a dissipé Le reste d'une armée au carnage échappé* Solamir est tombé sous cette main terrible. Victime dévouée à notre état vengé.

Au bonheur d'un pays qui devient invincible» Surtout a votre nom qu'on avait outragé. La prompte renommée en répand la nouvelle; Ce peuple ivre de joie, et volant après lui. Le nomme son héros ^ sa gloire, son appui» Parle même du trône où sa vertu l'appelle. Un seul de nos guerriers, seigneur, l'avait suivi , C'est ce môme Aldaraon qui sous vous a servi. Lui seul a partagé ses exploits incroyables ; Et quand nos chevaliers , dans un danger si grand » Lui sont venus ofirir leurs armes secouràbles» Tancrède avait tout fait, il était triomphant. En tendez^ vous^ ces cris qui vantent sa vaillance? On l'élève au-dessus des héros de la France , Des Roland , des Lisoîs , dont il est descendu. Venez de mille mains couronner sa vertu , Venez voir ce triomphe, et recevoir l'hommage Que vous avez de lui trop long-temps attendu. • Tout vous rit, tout vous sert, tout venge votre outrage • Et Tancrède à vos vœux est pour jamais rendu.

àmenaïDe.

Ah! je respire enfin ; mon cœur connaît la joie> Ah ! mon père , adorons le ciel qui me renvoie , Par ces coups inouïs, tout ce que j'ai perdu. De combien de tourmens sa bonté nous délivre ! Ce n'est qu'en ce moment que je commence k vivre. Mon bonheur est au comble ; hélas ! il m'est bien dû. Je veux tout oublier; pardonnez-moi mes plaintes, Mes reproches amers et mes frivoles craintes.

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