‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 194 sur 275 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

(Les trois portes du temple sont ouvertes. On dëcouVre tout l'intënevr. I<es prêtres , d'nn côté , et le» prêtresses de l'autre , s'araacent lentement. lU sont tons rétus de robes bJanclles arec des ceintures dont les boutt pendent à terre. GASSANDRE et OLIMPIE mettent la main sur Tautel : ÀNTIGONE et HERl^IAS restent dans le péristyle arec une partie du peuple qui entre par les cÀtës 3 ),

CASSÂNDRE.

Dieu des rois et des dieux, être unique ^ éternel! Dieu qu'on m*a fait connaître en ces fêtes augustes , Qui punit les pervers , et qui soutiens les justes , Près de qui les remords effacent les forfaits , Confirmeï , dieu clément, lès sermens que je fais. Recevez ces semïéns , adorable Oliinpie ; Je soumets k vos lois et mon trône et ma vie ; Je vous jure un amour aussi pur, aussi saint , Que ce feu de Yesta quf n'est jamais éteint 4. Et vous, fiHes'des cieux, vous, augustes prêtresses. Portez avec FèncenS mes vœux et mes promesses Au trône de ces dieux qui daignent m'éêooter, £t détournez les traits que je puis mériter.

OUMPIB.

Protégez a jamais, ô dieux en qui f 'espère.

Le maître généreux qui m'a servi de père ,

Mon amant adoré, mon respectable époux;

Qu'il soit toujours chéri , toajours digne de vous!

Mon cœur vous est connu. Son. rang e^ sa Couronne

Sont les moindres des niens que son amour me donne :

Témoins des tendres feux k mon cœur inspirés.

Soyez-en les garans , vo)is qui les consacrez;

Qu^il m'apprenne k vous plaire; et que votre justice

Me prépare aux enfers un étemel supplice.

Si j'oublie un moment, infidèle k vos loiy.

Et l'état où je fus, el ce que je lui dois.

THilTAB. TOME III. l6

36a ociMm.

Rentrons au sasct^ire oà non IwiiiiMir mVippelle.

Prétresses, disposez la peinpe solennette,

Par qui mes jetirs heureux vont 'colmmemttvt leUr «ïHirs \

Sanctifies ma yié > ^t nds- chastes aniours'.

J^ai vu les dieux an temple^ etije les fois en feUe;

Qu^ils roe haïssent tous, si j^ suis infidèle!...

Antigone, en ces lieux ToUk tn^ati^ entendu;

Aux vœux que vous formiez ai-je assez répondu ?

Vous-môtne , prononcez si vous deviez prétendre

A Vair entre vos mana^ Peéelave dé Cassandre c

Sachez que hila coùitinne H totttà iVia gràbdiM'

Sont de faibles 'présens, indignes de son è'ttùr.

Quelque étroite amitié qui tous deux nous unisse»

Jugez si j'ai dû faire un pai:eil ftacHfice*

( Ils ntatrent dnnk le temple) lekpoftet tie fertuent, 1« {)eufle sort du parvis. )

ANTIGÔNE, ÔfefeMAS , dans \e péristyle.

Va, je n'en ftèute ^ltts> et tout rti'est découvert;

Il m'a YOuto îwavÈrv -mais sots sûr f a'il ste p«fd:

Je recontttfis en loi la fougueuse imprudence

Qui tantôt s«« les dieux ^ et iahtét les uffeuse;

Ce caractère ardent qui joiui la passion

Avec la politique et la reKgiouç

Prompt, facile, superbe ^îiiçétroéÉx et. tèndrfe> -

Prêt k se repentir^ prêt k -tout «nlrepreuére»

Jl épouse une esdaif^e ! Ah 1 tu peux bien penser

Que Tamour h ce point we iftOï-ah l'ubaissér c

Celte eseluve est d\m sang ((ue l#»fntoe il respecte,

Des^s éesseîiïs cacbéskitrBmpeièÀ lilsp stlSfiecte;;

Il se fiait* «il seèrct^qu'CHimpie'a des4roit$

Qui pourront i^^ever «m •rtfiç àp roi ties-reis«

S'il u^éteit qu'on «iBatit , ^i m'eût foitconfiden^

D'un feu qui l^fÉfpMrlalt èi ts'ut de vièlenee.

Va, tu verras hMsAàt sucbédèrsalw^fé

Pne haine impla<!^àlile ktsa faible aiifttié.

ACTB nmiEB. 3BS

A son ciBvr ^gM-ë voiif inprtes yiÉT élri

Des desseins plus prefeads^yst l'aaBMr i^<cb iailvikre 2

Dans nos grands intdrèts f «onvcnt nos actions

Son t , TOUS i« saifes tnp , r«Ée€ «ki passioiis '^

On se déguise entaîn 4ear j^uveir tyromi^e;

Le fiiîbJeflgii«I<ya6£ils p«sM pour polîtiqfclc;

Et Gnsaiidre.n'flit pas le premier sou^erâfti

Qui nhërit une eecla^ et lui donna la main.

J'ai vu plus d'un kéR>s snlrfagntf par sa âamme ,

Superlw avec tes rt/h , bible «vee une femaye.

ANTIGONE

Tu ne diij que Uàp vrais'4* f^*^ ^^ raeoas ; Mais tout ce que j'ai vu conËrroe mes soupçons^ Te le dirai'je enfin? les pharines d'Olimpie Peut-être dans mon c«eu# pelitot la jalousie. Tu n'entrevois que trop mes sentiment secrets : L'amour se joiot peut-être a ces grands intérêts; Plus que je ne pensais leur union me blesse. Gissandre est-il le seoA en pYT>fe k la faiblesse ?

;BsavAS« Mais il comptait sur vous. Les titres les plus saints ïf e pourront-fls jamais unirièe souverainsT L'aftiance, les dons^ la.fratermté d'acmes. Vos périls part^»9 vos comnmntfs a^aiUMs ^ . Vos sermens redoublés , Mttide soins, tant de'TMn, N'auraieut-ils donc servi fu'wi «É^heur de tous deux ? De -la -sainte amitié n'eatoil ^pc plus >cl'iex«B^>Us ? .

A»TIOONB«

L'amitié ,. je le sais , dans la Grèce ^ -des temples; L'intérêt n'en a point» maos il edt aïkire^ D'ambition , sans doute,, et «l'«m^r enivré» Cassandre m*a trompéiSurle.sâjd d'Olimpie. De mes yeux écùirés jCassandresè déâe-; Il n'a que trop raison. Y^ 9 ;peutHêtre oRmJourd'hui ., L'objet de tant dé voeux n'es^ pas encore à 4ui.

Il a reçu sa main.... Cette enceiiUe sacrée

Voit déjk de Pbyrnen la pompe préparée ;

(Léi fciitiéi y Un frtètMi et les firêini|M4 tiavefveitt b fond, fie ta scène , ayant dea palmes ornées de Aeurs dans les ina^s.^

364 • OLIMPIB,

Tous Us initiés , de leurs, prêtres suivis , ' Les palmes dans les ipMiiiis inondent tes parvis , Et Tamour le plus tendre en ordonne la fêle.

ÀNTIGONE.

Non , te dis-jé ; on pourra lui ravi^ sa conquête^.;. . Viens y je confierai tout k ton zèle, a ta foi; J'aurai les lois^ les dieux , et les peuples pour moi* Fuyons pour un moment ces pompes qui m'outragent. Entrons dans la carrière oàme< desseins m'engagent ; Arrosons^ s'il le faut , ces asiles si saints , Moins du sang des taureaux que du sang des homaivs.

^•■••«■■•■■BéftJe^fai

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