‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 198 sur 275 · TATI&A · texte numérisé non relu

TATI&A

Grapd-prêtre, levez-vous.

Je ne suis plus pour vous la maîtresse du monde ; Ne respectez ici que ma douleur profonde. Des grandeurs d^ici-bas voyez quel est le sort , Ce qu'éprouva mon père au moment de sa mort 9 Dans Babylone en sang je IMprouvai de même. Darius , roi des rOîs , privé du diadëiue , Fuyant dans des déserts , errant , abandonne , . Par ses propres amîs se vit assassiné^ Un étranger» un palivre , un rebut de la terre, De ses derniers momens soulagea la misère.

(Montrant la prêtresse iatétieure. )

Voyez-vous cette femme * éU'angèrg efl ma cour? Sa main » sfik ^mU tu^in m^st GOQservé le jour ; Squle elle me tira de la foule sanglante Où mes lâches ^uais me l«ifSfii$tot expirfiiito.

368 OUMP».

Elle est Éphésienne , elle guida mes pas

Daus cet auguste asile , ai| bout de mes états.

Je vis par mille mains ma dépouille arrachée ,

De mourans et de Itaorts la campagne ionchée.

Les soldats d'Alexandre érîifés tous en rois ,

Et les laçcins publics appelés grands exploits.

J'eus en horreur le monde , et les maux qu'il enfante ;

Loin de lui pour jamais je m'enterrai vivante.

Je pleure, je l'avoue, ime fille, une enfiint.

Arrachée a mes bras sur mon corps tout sanglant.

Cette étrangère ici me tient lieu de ÊimiUe.

J'ai perdu Darius, Alexandre, et ma fille;

Dieu seul me reste*

L'HfiKOPHJkNTE.

Hélas ! qu'il soit donc votre appui !

Du trône où vous étiez vous 'montese jusqu'à lui ; Son temple est votre cour : soyez-y plus heureuse Que dans cette grandeur auguste et dangereuse , Sur ce trône terrible , et par vous oublié , Devenu pour la terre un objet de pitié. .

STATIEA.

Ce temple quelquefois , seigneur , m'a consolée ; Mais vous devez sentir l'horreur qui m'a troublée En voyant que Cassandre y parle aux menées dieux. Contre sa têle impie implorés par mes vœux.

^ l'hiérophante.

Le sacrifice est grand; je sens trop ce qu'il coûte; Mais notre loi vous parle y et votre cœur l'écoute : Vous f avez embrassée. '

STATEELA.

Aurais-je pu prévoir Qu'elle dût m'imposer cet horrible devoir? Je sens que de mes jours , usés dans l'amertume , Le flambeau pâlissant s'éteint et se oonsume; Et ces derniers momens que dieu veut me donner , A quoi vont-ib servir?

l'hcékophantb.

Peût-rêtre k pardonner.

Yous-m^me vous avez tracé votre carrière ; ^

Marchez-y sans jamais regarder en arrière.

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