SCÈNE IlL
OCTAVE, ANTOINE, debout dans la tente, mne table
derrière eux. '*
ANTOINE
Octave, c'en est fait, et je la répudie; Je resserre nos nœuds par Thyinen d'Octavîe; Mais ce n'est pas assez pour éteindre ces feux Qu'un intérêt jaloux allume entre nous deux.
43o IB TBIUUVIAÀT.
Deux chefs toujours unis sont un exemple rare;
Pour les concilier il faut qu'on les sépare.
Vingt fois votre Agrippa ^ \os conûdens , les miens ,
Depuis que nous régnons ont rompu nos liens.
Un compagnon de plus^ ou qui du moins croit l^êlre.
Sur le trône avec nous affectant de paraître^
Lépide^ est un fantôme aisément écarté 9^
Qui rentre de lui-même en son obscurité.
Qu'il demeure pontife , et qu'il préside aux fêtes
Que Rome en gémissant consacre k nos conquêtes ;
La terre n'est qu'k noXis et qu'a' nos légions .
Il est temps de fixer le sort des nations;
Réglons surtout le nôtre; et, quand tout nous seconde ,
Cessons de différer le partage du monde.
(lU t'assejent à la table où ils doivent signer, )
OCTAVE
Mes desseins des long-temps ont prévenu vos v(9ux; J'ai voulu que l'empire appartînt à tous deux. Songez que {e prétends la Gaule et Tlllyrie , Les EspagneSy l'Afrique, et surtout Tllalie; L'Orient est a vous »<>.
ANTOIirC.
Telle est ma volonté; Tel est le sort du monde entre nous arrêté. ' Vous l'emportez sur moi dans ce nouveau partage; Je ne me cache point quel est votre avantage; Rome va vous servir : vous aurez sous vos-iois Les vainqueurs de la terre , et je n'ai que des rois *^ Je veux bien vous céder. J'exige en récompense Que votre autorité , secondant ma puissance , ^
Extermine k jamais les restes abattus Du parti do Pompée et du traître Brutus Qu'aucun n'échappe aux lois que nous avons portées.
OCTAVE
D'assez de sang peut-être elles sont cimentées.
AHTOINE.
Comment? vous balancez! je ne vous connais plus. Qui peut troubler ainsi Vos vœux irrésolus?
OCTAVE
Le ciel même a détruit ces tables si cruelles.