AI.BINE
Quand sous vos pavillons, de sa crainte occupée y Invoquant en »ecrct l'ombre du grand Pompée^ Les simglots a la bouche et la mort dans les yeux , Julie appelle en vain les enlers et les dieux, Vous la laissez, Fulvie, à sa douleur mortelle*.
456 LE TRiriITlIlÀT^
FDLVIE*
Qu'elle se plaigne aux dieux, je vais agir pour elle. J'attends ici Pompée.
ALBDTE.
Eh !. ne pouviez-vous pas De cette Ile avec eux précipiter vos pas?
FULVIE
Non; de nos ennemis la fureur attentive Couvre de meurtriers et l'une et l'autre rive : Rien ne peut nous tirer de ce gouffre d'horreur : J'y reste ençor lui jonr', et c'est pour leur malheur.
ALBINE
Qu'espéres-vou8 d'un jour ?
FULVIE
La mort } mais ia vengance.
ALBINE
£h ! peut-on se venger de 4a toute-puissance ?
FULVIE
Oui , qulind on ne craint Tien.
ALBINE
Dans nos vaines doAleurj, D'un sexe infortuné les armes sont les pleurs. Le puissant'Toule aux pieds^le faible qui menace^ Et rit , en l'écrasant , dé 9a débile audace.
FULVIE
Désormais a Fui vie Us n'inshlteront plus ; Us ne se joueront pas de mes pfeurs superflus. Je sais que ces brigands, afiàmés de rapine , En comblant mon opprobre ont juré ma ruine. ' Prodigues ravisseurs, et bas intéressés, - Ils m'enlèvent les biens que nion père a baissés; On les* donne pour. dot à ma fière rivale. Mais , Albine, crois-moi, la pompe nuptiale Peut se changer encore cii un trop juste deuil; Et tout usurpateur est près de son cercueil.- J'ai pris le seul parti qui reste k ma fortune. De Pompée et de moi la querelle est commune : Je Tattends ; il suffit.
ALBINE
Il est seid, sans secours.;
iiœm QoamniNift. 457
Il en aura dans moi.
iftUnvB.
You»' hasardes ses 'joui*.
Je prodigue les mîens. Va , retounwà Julie; Soutiens son désespoir et s» ib#ce affîiiblie ; Porte4tti tes conseib , son âge en a besoin ^ Et de mon sort affireux laisse-moi tmrf le sorn.
A&BINE
L'état où je toi» vbie m'épovrvunte et B'ailîge.
Porte allkiirft. ton. effroi;. ¥a, laisse-moi y te di*-)e» Pompée arrive enfin; je le vùiau Dieun vengeurs.^
Ainsi que nos affironts uiassct nos fureurs !