‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 259 sur 275 · AI.BINE · texte numérisé non relu

AI.BINE

Quand sous vos pavillons, de sa crainte occupée y Invoquant en »ecrct l'ombre du grand Pompée^ Les simglots a la bouche et la mort dans les yeux , Julie appelle en vain les enlers et les dieux, Vous la laissez, Fulvie, à sa douleur mortelle*.

456 LE TRiriITlIlÀT^

FDLVIE*

Qu'elle se plaigne aux dieux, je vais agir pour elle. J'attends ici Pompée.

ALBDTE.

Eh !. ne pouviez-vous pas De cette Ile avec eux précipiter vos pas?

FULVIE

Non; de nos ennemis la fureur attentive Couvre de meurtriers et l'une et l'autre rive : Rien ne peut nous tirer de ce gouffre d'horreur : J'y reste ençor lui jonr', et c'est pour leur malheur.

ALBINE

Qu'espéres-vou8 d'un jour ?

FULVIE

La mort } mais ia vengance.

ALBINE

£h ! peut-on se venger de 4a toute-puissance ?

FULVIE

Oui , qulind on ne craint Tien.

ALBINE

Dans nos vaines doAleurj, D'un sexe infortuné les armes sont les pleurs. Le puissant'Toule aux pieds^le faible qui menace^ Et rit , en l'écrasant , dé 9a débile audace.

FULVIE

Désormais a Fui vie Us n'inshlteront plus ; Us ne se joueront pas de mes pfeurs superflus. Je sais que ces brigands, afiàmés de rapine , En comblant mon opprobre ont juré ma ruine. ' Prodigues ravisseurs, et bas intéressés, - Ils m'enlèvent les biens que nion père a baissés; On les* donne pour. dot à ma fière rivale. Mais , Albine, crois-moi, la pompe nuptiale Peut se changer encore cii un trop juste deuil; Et tout usurpateur est près de son cercueil.- J'ai pris le seul parti qui reste k ma fortune. De Pompée et de moi la querelle est commune : Je Tattends ; il suffit.

ALBINE

Il est seid, sans secours.;

iiœm QoamniNift. 457

Il en aura dans moi.

iftUnvB.

You»' hasardes ses 'joui*.

Je prodigue les mîens. Va , retounwà Julie; Soutiens son désespoir et s» ib#ce affîiiblie ; Porte4tti tes conseib , son âge en a besoin ^ Et de mon sort affireux laisse-moi tmrf le sorn.

A&BINE

L'état où je toi» vbie m'épovrvunte et B'ailîge.

Porte allkiirft. ton. effroi;. ¥a, laisse-moi y te di*-)e» Pompée arrive enfin; je le vùiau Dieun vengeurs.^

Ainsi que nos affironts uiassct nos fureurs !

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