‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 264 sur 275 · JULIE, ALBINE, POMPÉE · texte numérisé non relu

JULIE, ALBINE, POMPÉE

JtJUB.

O dieux ! Pompée !

POMPéE.

Il est mort, c^en est fait.

JULIE

Qui?

POMPÉE

L'univers est libre.

ÀCW QOÀTIIIBME. 4^5

JVIIB.

O Rome ! ô ma patrie !

Octave est mort par vous !

Oui , je VOUS ai servie.

De la terre et de vous j'ai puni l'oppresseur.

JVLIB.

O succès inouï ! trop heureuse fureur ! ^ ' *

Ses gardes assoupis daps leur infâme ivresse Lai^ssaient un accès libre a ma main vengeresse : Un de ses favoris , un de ses assassins , Un ministre odieux de ses affreux desseins , Seul auprès du tyran reposait dans sa tente : J'entre; un dieu me conduit^ une idée effrayante, De la mort que j'apporte un songe avani- coureur, Dans son profond soinmeil excitant sa terreur, De ses proscriptions lui présentaitl'image; Quelques sons mal formés de sang et de carnage S'échappaient de sa bouche , et son perfide cœur Jusque dans le repos déployait sa fureur • De funèbres actens ont prononcé Poncée; DaHs son ctfor à ce nom j'ai plongé cette épée ^ Mon rival a passé du sommeil au trépas , Trépas eucor trop doux pour tant d*assassinats ; Il am^ait dû périr par un supplice insigne. Je sais que de Pompée il eût été plus digne D'attaquer un 6^ar au milieu des combats , Mais un César tyran ne le méritait pas. ' ]

Le silence et la mort ont servi ma retraite.

JUUE..

Je goûte en frémissant une joie inquiète. L'effroi qui me saisit, corrompant mon espoir. Empoisonné en secret le bonheur de vous voir. Pourrez-voiis fuir du moins de Cette île exécrable ?

POMPÉE

Moi, fuir!

JUIIE.

Il reste encor un tyran redoutable.

POMPÉE

Si le ciel nous seconde , il n'en restera plus*

4^ u tëâvmwuiàa.

Et connDcnt rassurer nés esprits éperdus ? Antoine Ta venger la mort de «on complise.

D'Antoiiie en oe moment les dieux vous font justice ; Et je mourrai du moîas hera*enx dans mes maBieurs 9lir les corps tout sanglans4e oos deux oppresseurs. Veiftz , il n'est plus temps d'écouter ros alarmes.

JtTLIE.

Ciel! pourquoi ces flambeaux» ces crîs, ce Iruît des armes?

roMPÉÉ.

Je ne vois plus l'esclave a qui j'élais remis ^ Et qui, me conduisant parmi mes ennemis^ Jusques au lit d'Octave a guidé ma furie,

Page 1