‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 266 sur 275 · SCÈNE PRÈMIÈftË · texte numérisé non relu

SCÈNE PRÈMIÈftË

JULIC, FULYJE.; GiOlDlS» d«iit,le foad.

Vous me l'aviez bien dit qa'il me ifallait tout crainj{i e. Yoilk donc nos «uccès |

PULVIE.

Vous êtes seule k plaindre f Vous aviez devant vous -un avenir heureux ; Vous perdez de beaux jours ^ et moi des jours affreux.- Yiveifr, ^i vous r^odèz : |e dëteftte k vie ) Ma main n'a pu suffire a mon anie hardie. Ces monstres, que le ciel veut encor protéger Sont plus heureux que nous dans l'art de se venger. Pompée , en s^approchant de ce perfide Octave ^^, En croyant le punir, n'a frappé qu'une esclave. Qu'un des vils instrumens de ses sanglans complots, Ëidigne de mourii: sofis la main d'un héros. D*un plus grand ennemi j'allais purger le mondé) Je marchais , j'avançais dans cette nuit profonde ;' Mon bras était levé, lorsque de tioùtes- parts Les flambeaux rallumés ont frappé mes regarda. Octave tout sanglant a paru dans là tenté. De leurs lâches licteurs une troupe iosotenté Me conduit en ces lieux captive auprès de voUs. Fléchissez vos tyrans ; je brave ici leurs coîips. Qu'on me laisse le jour, ou bien qu'on mè punisse ; Ma vengeance est perdue , et votlk mon supplice. Ciel ! sitaveutêncor prolonger mes destins, Que ce soit seulement nôur mieux armer mes mains , Pour mieul servir ma haine et ma fureur trompée.

JULIE

Hélas! avez- vous Su. Ce que dévient Pompée? Est-il Vivant ou mort en céi déserts sanglans? Anfide aurà-C-il J>u dérober âut tyrahS Ce héros tant pfoscrit que là terre âbàni^ônne 9

Iln'tiM m'eA flàtlir; mais àuciitl àè ifoopçèiiftè TniATH, Tom m. ^>

499 iM tÊMmifo^am,

S'il honora dans Rooie , et «ortont «a combat» , Un nom dont il est digne , et qu'il n'iifurpe pas» Si TOUS êtes îakmz da nom qu'il ùàt revivre > Songez k Tégaler , plutôt qn^ le poatsnhrre.

dCTATB.

Oui, César est jaloux éomme il ett irntë.

Je crois valoir Pompée , el j'en suis peu flatté.

Et yous.... Mais nous allons approfondir le eiiinew

SCàNE lY.

OCTAVE, ANTOINE, JULIE, un Tbibuh, GAaim».

▲NTOINB.

Eh bien ! qu'ayez-yous lait?

LB TRIBCK.

On conduit là yictîme.

JUUB.

Quelle Tictinle , 6 ciell

ocTAyc;

Quel est ee malheureux?

Où l'a-t-on retrouvé ?

UKTmUDN.

Vers ces antres affreux»

Au milieu des rochers, qu'a frappés le tonnerre ; Du saog de nos soldats il a rougi la terre. Aufide I de Fulvîe en secret confident , A côté de ce traître est mort en combattant^ Il n'a cédé qu'à peine au nombe , k ses blessures. JVos soins multipliés dans ces roches obscures Ont du sang qu'il perdait ^rrété'les torrens • Et rappelé la vie en ses membres sanglana* On a besoin qu'il^ vive , et que dans les supplices n vous instruise au moins du nom de ses complices.

ANTOINE

C'est quelqu'un des proscrits , qui^i frappant au hasard ,

IHoui rapportait la mort aux lieux dont elle part.

On l'aura pu choisir dans une foule obscure.

Casca fit a César la première blessure ^7.

Je reconnais Fulvîe et ses vaines fureurs ,

Qui toujours contre nous armeront des vengeurs;

Mais je la forcerai de nommer ce perfide «

LB TRIBUN

Il n'en est pas besoin; sa fureur intrépide

De ce grand attentât se fait encor honneur ; n n'en cachera pas le motif et l'auteur.

OCTAVE

Vous pâlissez, Julie.

fi vient,

JttLiÈ.

Ciel impbcable/ Vous ttottSi^attdomieit!

SCÈNB V*

Les ActEGRS I^RBcéoENS, POMPÉE, btestë et. soutenu.

GAROfiS.

OCTAVlE.

Quel es-tu ? misërahlé !

A ce meurtre inouï «jui pouvait t^engager?

Est-ce Octave qaà parle, et m*o<c iiitm'(yger?

LE TRIBUN

Réponds au Triumvir.

£h hién ! ce nom funeste , £h bien ! ce titre affireuz qîie |a terré déteste , Devaient t'apprendre assez mon devoir, nies desseins.

JULIE

Je me meorrf I '

Octave.

Qui sont-ils?

POMPÉE

Ceux de tous les Romain».

A9ÏTOI8ifi.

Dans un simple soldat quelle étrange arrogance !

OCTAVE

Sa fermeté m'dtorâe , «osi que sa vaillance. Qu'es- tu donc?

P(^«pto.

iTn Rmam digne d'un meiUeur sor^

OCTAVE

Qui t'amenait ici ?

T#s«hâiliii«is, Ifli mort;

470 LB-mmiyiàAv*

Tu sais qu'elle était îuste.

JUUB.

Enfin , la nôtre est sûre I

' POMPéz.

Du monde entier sur toi j'ai dû yenger l'injui'e. Apprenez , Triumvirs , oppresseurs des humains , Qu'il est des Sc^Tola comme il est des Tarquins. M^me erreur m'a trompé... Licteurs , qu'on me présente Le feu qui doit punir ma main trop imprudente ; Elle est prête k tomber dans le brasier vengeur , Ainsi qu'elle fut prête k te percer le cqeur.

OCTAVE

Lui 9 le soldat d'Aufide ! A ce nouvel outrage , A ces discours hardis , et surtout au courage Que ce Romain déploie à mes yeui: confondus « A ces traits de grandeur sur son front répandus , -' Si je n'étais instruit que Pompée en sa fuite Au pied de l'Apennin brave eu cor ma poursuite. Je croirai^... Mais déjà vous me tirez d'erreur , Vous pleurez , vous tremblez ; c'est Pompée.

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