‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 268 sur 275 · S13R LE TRIUMVIRAT · texte numérisé non relu

S13R LE TRIUMVIRAT

>.... en cette ûe funeste /—Cette ile, où les triumvirs commencèrent les proscriptions, est dans la rivière Réno, auprès de Boiionia, que nous nommons Bologne. Elle n*est pas si grande qu'elle semble l'être dans celte tragédie; mais je crois qu'on peut très bien supposer, surtout en poésie, que file et la rivière étaient plus considérables autrefois qu'aujourd'bui ; et surtout ce tremblement de teArè dont il est' pat-lé dans Pline peut avoir diminué l'une et l'autre. Il y a dans l'histoire plusieurs exemples de pareils changemens produits par de» volcans et par des tremblemens de terre. Ce fut dans ce temps- là même que la nonvelie ville d'Épidatire, sur le golfe. Adj'ialique , fut renversée de fond en comble, et le cours de la rivière sur laquelle elle était située fut changé et très diminué^.

a.... il épouse Octale \,.,,'-^Vl est bon d'observer qu^ Antoine n'épousa Octavie queiong-temps après; mais c'est assez qu'il ait été beau-frère d'Octave. U ne répudia point Octavie , mais il fut sur le point de la répudier qUand il fut amonveux de Cléopàlre, et elle, mourut de chagrin et de colère. .

3 Octave vétts aima .*.... — Les historiens disent que Fulvie fit le» avances à Octave; et qu'il ne la trouva pas assez belle; ce qui parait en effet par les vers licencieux qu'il fit contre Fulvie.

Quodf.»,: Giaj^yram jlnionÀus, hanc mihipœnam

Futvia constitua^ se quoque utif.,,.»».

Autf*,.*, aut pugnemus, ait ! quid qubd tnihi vitd

Carior est ipsd mentula ! signa baiiant,

Gehe abominable épigramme est un des plus forts témoignages de l'infimiie des mœurs d'Auguste. Peut-être l'auteur de la pièce en a-t-il inféré qu'Octave s'était dégoûté de Fulvie ; ce qui arrive toujours dans tes commerces sciindaleux. Qctave et Fulvie étaient également ennemis des moeurs , et prouvent l'un et l'autre la dépravation de ces temps exécrables ; et cependant Auguste affecta depuis des mœurs sévères. .

4 Passer Antoine même en ses emportemens \'-^l\ eftttrès vrai qu'Auguste fut long-temps livré à des débauches de toute espèce. Suétone nous en apprend .quelques-unes. Ce même Sextus Pompée , dont nous pai'lerons , lui reprocha des faiblesses inf&mes , effeminatum insectatus est, Antoineyevant le Triumvirat, déclara

NOTES SUB LB TAiUMVl&ÀT. fi^B

qoe César , grand-oncle d^Anguafe, ne Tavait adopté pour son fils que parce qu'il avait servi kêéa ipl^sin; aàoptionem avuneuli stupro meritum. Ludus lui fit le même reproche, et prétendit méide qu'il ^vait poussé la bassesse jusqu'à vendre son cprps àtf irtius pour une somme très considérable. Son imprudence alla depuis jusqu'à arracher une femme consulaire à son mari, au milieu d'un souper ; il passa quelque temps avec elle dans un cabinet voisin , et la ramena ensuite à la table, sans que lui, ni elle , ni son mari , en rougissent

Nous avons encore une lettre d'Antoine à Augustii , conçue eu ces mots : Ita vaUas ut , hane episiolam eàm leges^ non inieris Testullam, aut TeréntUlam, aut Russillath, aui Salviam, attt omnes, jinne iefert ubl et in quam curig'as? On n'ose traduire cette lettre licencieuse. '

Rien n-est plus connu que ce scandaleux festin de cinq compagnons deses plaisirs avec sis principales femmes de Rome. Ils étaient habillés en dicta et en déesses, et ils en imitaient toutes \fs impudlcités inventées dans lés fablfis :

Dàm nava dîvorum cœnat adalteria.

Enfin , on le désigna publiquement sur le théâtre par ce Êuneuz vers : .

yidesne ut cinœdus orbem digito tejnperetl

Presque tous les auteurs latins qui ont parlé d'Ovide prétendent qu'Auguste n'eut l'insolence d'exiler ce chevalier romain , qui était l>eaucoup plus honnête homme que lui , oue parce qu'il avait été surpris par lui dans un inceste avec sa propre fiUe]!Julîa, et qu'il ne relégua même saliHe que pas jalousie. Cela est d'au* tant plus vraisemblable que Caligula- publiiédt hautement que sa mère était née .de l'inceste d'Auguste et de JuUe; «'est ce que dit Suétone dans la P^ie deCaUguhn. On sait qu'Auguste avait répudié Iak/nère de Julie le jour même qu'elle acooQcha d'elle, et il enleva le même jour Livie à son mari, grosse de Tibère, autre monstre qui lui succéda. Voilà l'homme à qui Horace disait :

Res italcLà armis tuterls , moribus omes\ Legibus entendus, etc.

Antoine n'était pas moin^ connu par ses débordcmens effrénés. Ouïe vit parcourir toute l'Aputiedans un char superbe traîné ^ar des lions, avec la courtisane Cithéris, qu'il caressait publiquement eu insultant au peuple romain. Cicéron lui reproche encore un pareU voyage fait aux dépens des peuples avec une baladine nommée Hyppias et des farceurs. C'était un soldat grossier qui jamais dans ses débauches n'avait eu de respect pour n bienséance; il s'abandonnait à là; plus honteuie ivrognerie et aux plus inttmes excès. Le détail de toutes ces hârreufs' passera à la dernière postérité.

4^^ H09BS

dan» lei PMiUppifurt d^ Gieéron. S^djamsiupm êtfiagitia omtktam ; sumt qumdam qna kùttestè nonpéstum diùerèf etc. Phil. Û. Voilà QoénNi qù n'ose dire devonl le séntee ^«'Antoiae a osé litre iig^euve bien évidente %^ \k dépcavatian des neBiur» n'était |ioint mitorisée à Aoine, comme on Va |ir€tenda. Il y «vail jnène des lois contre les gîtons, qui ne ftirenl jamais abrogées. Il «st vrai que ces lois ne fanissaieai- point {Mur )e feu nn vioe qu'il luit tâcher de {^revenir, et qiill tant souvent îgnonen Antoine et Octaw^ le grand César et Sylla furent atteints de ce vice; mab on ne le reprocba jamais an&$cîpi^n| anxMéteUust aux Catoa, anx Brutus , aux Cicéron : loua étaient dies gens de bien , tous périrenf cruellement.

Leurs vainqueurs forent des brigands plongés4ans ladêbauclie. On ne pevt pardonner aux historiens flattèurs^Hi aéduits qui ont mir de pareils monstres au rang des grands hommes ; et il faat avouer que Yûple et Horace ont iiMitré;plus dé bassseseidans les éloges p^digués à Auguste qu'ils n'ont déployé de foiàt«t dé génie dans ces tristes monumens de la plus lAdve servitude»

n est difficile de n'être pas saisi d'indignation en lisant » à la tète des Géorgiques , qu'Auguslè est un des plus grands dieux , et qu'en ne sait qudte place il d^ijgttei'atcéi]^ un jour ^m le eiel; s'il régnera diâns les airs, ou s'il sera le protecteur des villes , Mi bien s'il acceptera l'empirB des men.

jin dêUs imme*i»i venias rmaris^ tfc tua uemtœ Numnùi. soia calant j titri sennat utHnut Thtde»

L'Arfoste parle bien plus sensément, comme aussi avec plus de grâce, quand il dit dans son admirable trente-cinquième chant:

iVba /u si santo ne bsnignB Angustù , Corne la tuba di virgUia suona, JL*a¥0r avuto inpoeêia àuon giuto La projcrizione iniqua gU perdona.

Tacite fait aisément comprendre comment le -peuple romain s'accoutuma enfin au joUg de ce tyran habile et heureux, et comme les lâches fils des plus dignes rémiblîoarns crurent être nés pour l'esdavage. Nul d'eux, dit-il, n^ivait vu la république.

S..„mes deux tymiU em sgerH se détestent^, — Non seulement Octave et Antoine se haïssaient et se craiguabnt l'un l'autre^nou seulement ils s'étaient déjà lait la guérite auprès de ModènOt bmûs Octave avait voulu waaaiiner Antoine : et, quand ils eon^éràreat ensemble dans l'île de Réno ^ ils commencèrent par '»t fouiller «é-, ciproquement. se sbunçonMint également Vun Tautna 4'êtra das. assamins. Il est bien évident que la vengeance du meurbre deGéaur ne fut jaaMiis que le prétexte de leur an^Htion* lU n'agirait qM pour euK-mémef , iseit quand ils llifeait enaanns, soit qtani

8VA LB Y»|ll||yiKJlT. ^^

lit tottlaHiéib II wn seabb <|)m VMtow de U Igapéittii a kiaii raitoB dédire:

^ quel* mortelSf grandit dieux ^Jlpreit-Afinit l'univers f

Le moside fiit. ravagé , def^iîsI'Buphrate jusqu'au fond de I *£». pagne, par deux scéléraUi sans pudeur i sans loi, sans honneur , sans probité, fourbes^ ingrats, sanguinaires, qui dans unerépublicpie bien policée auraient péri par le dernier supplice. Nous sommes encore éblouîs^de leur splendeur^ et nous ne devrions être étonnés que de Tatrocité de leur conduite. Si on nous racontait de pareilles actions de deux citoyens d\nie petite ville , elles nous dégoâteraient^ mais Tédat de la grandeur de Kome se répand sur eux : eUe nous en impose, et nous fait presque respecter ce que nous baissons dans le. fond du cœur.

Les derniers temps de Tempire d'Auguste sont encore cilcsavec admiration, parce que Rome goûta sous hii Tabondance, les plaisirs et la paix. It régna avec gloire, mais enfin il ne fîit jamais cité comme uabon prince. Quand te sénat complimentait les empereurs à leur avéïiement , que leur souhaitait-il ? d'être plus heureux qu'Auguste, meilleurs queTrajan , feliûior jitigusto, m«- Uor Tri^ano, L'opinion de Pempire romain fut donc qu'Auguste n'avait été qu'heureux , mais que Trajan avait été bon. Bn eflbt , comment peut-on tenir compte à ur brigand enrichi d^avoir joui en paix du fruit de ses rapines et de ses cruautés f CUtnentiam non voeo dit Sénèque, Lassam crudefifateni.

fi Lucùts César a des wniê teertts, •— Ce Lucius César avait épousé une amie d'Antoine, et Antoine le proscrivit. Il fut sapxé par les soins de sa femme , qui s'awelait Julie. Je n'ai trouvé dans, aneua historien qu'il, ail en une ûh» dû même nom ; je laisse k ceux qui connaissent mi|»ux que moi les règles, du théâtre et les privilège de la poésie, à décider s'il est permis d'introduire sur la scène un personnage important qui n'a pas réellement existé. Jecffoisqne si cette Julie était aussi connue qu'Antoine et Octave,, elle lierait un plus gm4 effet. Je prc^os^ cette idée moins comme qne critique que comme un doute*

T^^J'k^àm «Maric#ii.. — Leprin^d» chaque tâte étai^ do ceott ,mitta Bcatereea.,. qiik lont «ujourd'h»» enviroa vingt-deuiv m^]^ livres de notre monnaie. Mais il est très probable que l|Mk de SextufrPeMpée rde Gioérèn et des. principaux proscrits^ iVRs à un pria plus.haiit, puisque Popilius \moàh nsvsîa de Cioéron^ reçut' la valeur de deua.ceat mitte fraaes pour sa réoompei«e.

Au reste, le pj^iz. ordinaire êm cent mille aestevees' pour le* hommes libres qui assassineraient des citoyena fut réduit à, quarante nifle pour lei escUvis; L*oidimtianee' en fui affichée dans loaletlea place» pubiiq«es de Kowe; U y eul trois cents sénateum. depposcrits, deux tniiie chev^ers, plut de cent ni^ocians, toi»

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fèroB de fHBÎUes. Mais les vengeenoet partioilières et la foreur de la déprédation firent périr beaucoup plus de citoyens i|oe les triomyin n*en avaient condamné. Tous ces meurtres horribles furent colorés des apparences de la justice. On assassina en vertu d*un édit : et qui osait donner cet édit? trois citoyens qui alors n*avaient aucune prérogative que celle de la force.

L'avarice eut tant de part dans ces proscriptions , de la part même des triumvirs , qu'ils imposèrent une taxe exorbitante sur les femmes et sur les filles des proscrits , afin qu'il n'y eût aucun genre d'atrocité dont ces prétendus vengeurs de la mort de César ne souillassent leur usurpation.

Il y eut encore une autre espèce d'avarice dans Antoine et dans Octave : ce fut la rapine et la déprédation qu'ils exercèrent l'un et l'autre dans la guerre civile qui survint bientôt après entre eux.

Antoine dépouilla l'Orient, et Auguste força les Romains et tous les peuples d'Occident, soumis à Rome, de donner le quart de leurs revenus, indépendamment des impôts sur le commerce. Les aCGrancbis payèrent le huitième de leurs fonds. Les citoyens ro« mains, depuis le triomphe de Paul Emile jusqu'à la mort de César , n'avaient été soumis à aucun tribut; ils furent vexés et pillés lorsqu'ils combattirent pour savoir de qui ils seraient esclaves, ou d*Oclave ou d'Antoine.

Ces déprédateurs ne s'en tinrent pas là. Octave, immédiatement avant la guerre de Pèrouse, donna à ses vétérans toutes les terres du territoire de Mantoue et de Crémone; il chassa de leurs fbyers un nombre prodigieux de familles innocentes, pour enrichir les meurtriers qui étaient À ses gages. César son père n*en avait point usé ainsi; et même, quoi(|iie dans les Gaules il eût exercé* tous les brigandages qui sont les stiites de la guerre , on ne voit pas qu'il ait dépouillé une seule femille gauloise de son héritage. Nous ne savons pas si, lorsque les Bourguignons, et après eux les Francs, vinrent dans la Gaule , ils s'approprièrent les terres des vaincus. Il est bien prouvé que Clovis et les siens pillèrent tout ce qu'ils trouvèrent de précieux , et qu'ils mirent les anciens colons dans une dépendance qui approchait de la servitude; mais enfin, ils ne les chassèrent pas des terres que leurs pères avaient coltivées. Us le pouvait en qualité d'étrangers, de barbares et de vainqueurs; njui^H^ve dépouillait ses compatriotes.

fJPKquoDS encore que toutes ces abominations ix>maînes sonr du temps où les arts étaient perfectionnés en Italie, et que les brigandages des Francs et des Bourguignons sont d'un temps où les arts étaient absolument ignorés dans cette partie du monde, alors presque sauvage. ' . .

La philosophie morale, qui avait fait tant de progrès dans Cicéron , dans Atticus, dans Lucrèce) dans Memmius et dans les esprits de tant d'autres dignes Romains, ne put rien contre les fu-

SUB LE WOliyiBiT. 4?9

retira éfi8gaerre8:eiYUes. H est absurde el abomiiiable de dire que les béUes-lettres avaient corrompu les moeurs. Antoine, Octave «t leurs sùivans, ne furent pas méchans à cause de l'étude 4cs lettres, nais malgré cette étude. C'est ainsi que du temps de la ligne, les Montaigne', les Charron, les de Thou, les lliospital, ne purent s'opposer au torrent de crimes dont la France fut inondée.

8 iion génie était né^our les guerres civiies. — Fui vie se rend ici une exacte justice. Elle précipita le frère d'Antoine dans sa ruine; elle cabala avec Auguste et contre Auguste ; elle fut l'ennemie mortelle de.Cicéroù ; ftie était digne de ces temps funestes. Jene connais aucune, guerre civile où quelque femme n'ait joué un rôle.

9 Lépide est an fantâme„.^Ti était en effet tel que l'auteur le dépânt ici. Le lâche proscrivit jusqu'à son propre frère, pour s'attirer l'affection de ses deux ooUègues,>qu'il ne put jamais obtenir.' Il fut obligé de se démettre de sa place de triumvir après la bataille de Philippes : il demeura pontife, comme l'auteur le dit, mats sans crédit et sans honneurs. Octave et lui moururent paisibles, l'un tout-puissant, l'autre .oublié.

<o L'Orient est à vous. — ^Ce ne fut point ainsi que fut fiiit le partage dans l'île de Kéno. Ce ne fut qu'après la bataille de Philippes qu*Octave se réserva l'Italie; et ce nouveau partage même fut la source de tous les malheurs d'Antoine, et de la prospérité d'Auguste. Mais n'est-on pas étonné de voir deux citoyens débauchés , dont l'un même n'était pas guerrier, partager tranquillement tout ce que possèdent aujourd'hui le sultan des Turcs , fempereur de Maroc, la maison d'Autriche, les rois dé France , d'Angleterre, d'Espagne, de Naples, de Sardaigne, les républiques de Venise, de Suisse et de Hollande? et ce qui est encore plus singulier, c'est que cette vaste domination fut le fruit de sept cents ans de victoires consécutives, depuis Romulus jusqu'à César.

<>...eiyV n'aiqàe des /«iV.— On remarque en effet qu'avant la bataille d'Actium, il J ent un jour quatorze rois dans l'anfichambre d'Antoine;' mais ces rois^ ne valaient ni les légions romaines , ni 'même le seul Agrippa , qui gagna la bataille , et qui fit triompher le peu courageux Auguste de la valeur d'Antoine. Ce maître de l'Asie fesait peu de cas des rois qui le servaient : il fit fouetter le roi de Judée, Antigone, apA^quoi ce petit monarque fut mis en crofii. Le prétenciu royaume d' Antigone se bornait au territoire pierreux de Jérusalem et à la Galilée. Antoine avait donné le pays de Jéricho à Cléopàlre, qui jouissait de la terre promise. Il dépouillait souvent un roi d'une province pour en gra- ^tifier un favori. II est bon de faire attention à tant d'insolence d'un côté, et à tant d'abrutiâsemsnt de l'autre. l%t, Cràigt^e^'itotts un augure? tic — Auguste fei^it toujours

fan pvéngMÎt le

f il lû(

OcUTé oedMta |pitt^*ttnedât i>f ifnrtt ■ hi y/iemkm, H fitiai» ^ctMtiicf d^airuo âe J'âoier, de l*àne et du poMBon; il leepbçi dus le Capilolc. Oa rapporte de loi bemeoup d'aati«& petifweti, qui* CQ coalnstaiit «rec taot de cmaiU», fiirnieiit le poiftait d'un mfriiant néprisable, mait cpii devint babik : et c*eit à Un q^nToa a drcaé dciMitek de son minuit

^ quels mortels , grands dieusc , UereZ'VOus V univers!

>3. Sacrifier p99»pée»,. Ce SeslusPempiîaA, dont oaes ap>iie d«jà pvlé^élait fils du grand Pooapée. Sooi/earaelère élaît noUe, wiâeMt et témiénire. H te fit une répatatioB iamorteUe dans le temps des frfMcriptîons : il eut le eoafa|^ delûe afficher dane Bflaàa fs'il denaerait à eeux quisavvenitDl les preacrils ledosble de «que les trionnYin prometlaieiit aux asMMHas» il finit par èlrei tué en tkxjffe par ordre d'Antoine. Son frère Cnéina awùl été tué en Espagne, à la bataille de Munda. Ainsi toute cette fiuniUe â chère aui. Eoniains, et qni eombattait pour les lois , périt malbcnreusement; et Aufoste, s» loug^tenips rennemi de %>ates les knt," mourut dans la vieiHMM.la jplas honorée.

«4. Cétar mn fit «•rAMr/;...-^<Iek est incontestable , et je erob qn*on peut rcamrquer que presque tnus les «liefe de parti dans les guerres civiles ont-éié des.volaplueux, n Ton en eicepte peut-être qudqum guerres Csnaliques, comme cette daan laquelle Groawiij aesignaUb Les chcb dé hi fraude, oenu de^la ligue, ceux dm nuttotts de Bourgogneet d'Orléans , ceux de laBAseblDiehe et ceux de la Rose rouge » fCabandonnèrent aux plaiûrs an miiiwi dm honreurs-de laiguerre* Us insullèrent teujpiirs aun miières publiqurn» en se tivrant à la. plus énorme licence; et Im xapinm les plus odieusm senriient toujours à payer leun plaiain^ On en toit de grand» eACaiples dansi les mémoires dut cardinal de Reta. Lui-même s'abandonnait qu^uefois à la phis.ba^ns déhanche^ et bnfuit les maïua en donnaull dm bénédictions. Tm due dnBorgia, fils du pape Alexandre TI, en usait ainm dans le temps qn'ÛanaMÎnait tons las* seigneurs de la Romagne; et le peaple stnpide osait à peine murmurer. Tant c^ esl étonnant. La guerre cinift mt le théâtre de la Jieence, et.lm. mmors. j sont immolffm avec 1m cîAayeoiu

«5. y en l'humaine /çnité qrtelijtte /kièie ivio«r;<*-' 11 fcu t arouer qu'Auguste eut de ces retours heureuie , qmmdp le crime ne M fut phis nécemaire, el qu'il fit qu'éfanf undlti^alMelUril

SVB LE TAIUMVIRIT. 4^1-'

iL^Avait|>liu d*atttre" intérêt que celui de paraître juste : mais il me semble qu'il futi toujours plus impitoyable que dément; car, après la bataille d'Actium , iï fit égorger le filS-d'Antoine au. pied de la statue de César, et il eut la barbarie de faire trancher la tête au jeune Césarion , fits de César et de Cléopàtre , que lui- méipe avait reconnu pour roi d'Egypte.

.Ayant un jour soupçonné le préteur. Gallius Quintus d'être venu à Taudieuce ^\ec un .poignard sous sa robé^ il le lit appliquer en sa présence à la torture; et, dans l'indignation où il fut de s'entendi*e appeler tyran piar ce sénateur, il lui arracha lui-, même les yeux, si oh ea croit Suétone.

.X>n sait que César, sou père adoptif , fat assex grand pour pardonner à presqiie tous ses ennemis; mets je ne' vois pas qu -Auguste ait pardonné à ufi seul. Je doute fort de sa. prétendue» clémence envers Cinna. Tacite ni Snétone ne dis^ftt iiea de celte aventure. Suétone , qui parle de toutes les conspirations faites contre Auguste, n'aurait pas manqué de parler de la pluscélèbre. La singularité d'un consulat donné à Cinna pour pri^ de la plus noire perfidie n'aurait pas échappé à tous les historiens con temporains« Dion Cassius n^en parle qu'après Sénèque i et ce morceau de Sénèmic ressemble plus à une déclamation qu'à une vérité historique, ue plus, Sénèque met la scène en Gaule, et Dion à Rome. Il y a là une contradiction qui achève d'ôler toute ^vraisemblance à cette aventure. Aucune de nos histoires romaines , compilées à la hâte et saD| choix, n'a discuté ce fait intéressant. p L'histoire de Laurent Echard est aussi fautive que tronquée,

^'esprit d'examen a rarement conduit les écrivainf.

Il se peut que Cinna ait été soupçonné ou convaincu par Augusle de ^quelque infidélité, etqu'aprçs l'éclaircissement Auguste lui eût accordé le vain honneur du consulatf mais il n'est nullement probable que Cinna eût voulu par une conspiration s'emparer de la puissance suprême, lui qui iv'avait jamais commandé d'armée, qui n'était appuyé d'aucun parti , qui n'était pas enfin un homme considérable dans l'empire II n'y a pas d'apparence qu'un simple courtisan ait eu U folie de vouloir succéder à un souverain affermi par un règne de vingt années, qui avait des héritiers; et il n'est nnllement probable qu'Auguste l'eût fait cqnsul immédiatement après la conspiration.

Si Taventure de Cinna est vraie , Auguste ne pardonna que malgré lui, vaincu par les raisons ou par les import unités de Livie, qui avait pris sur lui un grand ascendant , et qiii lui penuada que le pardon lui serait plus utile que lo châtiment. Ce ne fut donc que par politique qu'on le vit une fois exercer la clémenoe; ce ne fut certainement point par généibsiié.

, Je sais que.le public n'a pu souffrir dans le Cinna de Corneille que Livie lui inspirât la clémence qu'on a vantée. Je n'examine

TaBATAEé TOME 111. ^1

48a KOTES

ici que la \érité des fûts'; une tragédie n 'est pas une histoire^ On r^radatt à Goracilke d'ttvoir avili soa hérot /en donnimt à Livié tant riioûiievr dm pardon. Je ne déciderai point si on a en raisoto om tort do soppEÙner eette partie àp la pièce , q/À est anjouid*li«i reygdde eomme one mérité, sar la fin de la déclamation do 8énàqne.

Je crois bien qu'Auguste a pu pardonner qoeUfoefois par politiqnOy et affecter de la grandeur d^aaae; rn^s je suis persoadé qu'il n'en avait pas; et, sous quelques tnâts héroïques qu'on paisse le représenter sur le théâtre, je ne pois avoir ^'autre idée de lui que celle d'un faonune uniquement occupé de son intérêt pendant toute sa vie. Heureux quand cet intérêt s'accordait avec la gloire! Après tout y on trait de démence est toujours grand an thé&tre , et surtout quand cette clémence expose à quelque danger: Il fimt, dlt>on, sur la seène , Hté fkoB grand que nature.

■6 Le sphinx est son emblème^.. — Il est vtai qu'Auguste porta long^teop^ au .doigt un anneau sor lequel un sphinx était gravé. On ditqu'il toolah marqtier par là qu'il était impénétrable. Pline le naturaliste rapporteqtie, lorsqu'il fut seul maître de la république, les applications odieuses, trop souvent faites par les Romains i Poecasion du sphinx , le détenninèrent à ne plus se servir de ce cacbet;)*! il y substitua la tète d'Alexandre : mais il me semble que cetie tète d'Alelandre devait lut attirer des raBlef les encore plus fortes , et que la comparaï^n. qu'onze vait fiiire ^ntt* nuellement d'Alexandre et de lai n'était pas à son avantage. Ceiuî qui , par son courage héroïque, vengea la Grèce de la tyrannie du plus puissant roi de la terre , n'avait rien de commun avec le petite fils d'un simple chevalier remain qniie servit de ses concitoyens poor asservir sa patriei FoyeB le» remarques suivantes.

^"j J'm^u périfCaten.., — Je propose quelques réflexions sur la vie et sur Ift morideCàton. Il ne commanda jamais d'armée; il ne fut que «mple préteur, et cependant nons' prononçons son nom .avec plus de vénération que celui des César, des Pompée, des Brutus, des Cicéron et des Scipionnième; c^est que tons eut en beaucoup d'ambithm on de grandes fiiiblesses. C'est comme ci^ toyen vertueux , c'est ççninie stt>ïcten rigide, qu'on révèreXîaton malgré soi : tant l'amour de la patrie est respecté par ceux même a qui les vertus patriotiques sont inconnnes! tant la philosophie stoïcienne force à radmiration ceux même qui en sont le plus éloî-

— temn^qur ^ ^

le courage non seulement de refuser aux executenrs dfes çroscnplions de Sylla l'argent qu'ils redemandaient en<»re en vertu des rescriptions que Sylla leur avait laissées sur le trésor pubKc , mair il les accusa de concussion et d'homicidç, etles fil condamner à

SUR LE Tll^^yiRA'ï. 4^

mort; dottoant ainsi un terrible exemple aux trîtmrTÎrs, qoi dédatgaièrent d*en proâter. H fot endemi de qnîcoiiqve aspirifif à iSi tyrannie; Ketbé daoi Utiqve après la bataille de Tapsa , que César aurait gagnée, il ekherte lies sénateurs d'Utiqne à imiter son coi»rage , à se défendre contre Vusurpateur; il les trouve imfniidés ; il a limmanité de pourvoir à leur sûreté dans leur fiiite. Quand il voit qu'il ae loi reste plus aucune espérance dé sauver sa patrie, et que sa vie est inutile, il sort de la vie sans écouter un momevt l'iostfatct qui nens attache à elle; il se rejoint à l'Être dies êtres loin de la tyrannie.

O» tvouvedans les odes de la Blette nn couplet Contre €aton' :

Caton , ^one a«se plus égale ,.

Sous i'heareux ▼«inqueur de Fiiersale

Bût sèufifert que l'IuDauBe plift^ Mais, incapable de se rendre, Il n'eût eu la force d'attendre Un pardon qui rhumiliàt. '^

On. voit dans ces vers quelle esf l'éÎHHiwe dflUSrenee dSin bourgeoisvde nos jours et d*un héros de.Aome. Galon' n'aurait pas eu une ame égale ;,mais très inégale , si , ayant tofttesa :vie soutenu la cflose divine de la liberté , il YeAt enfin abandonnée. On lui reprodie ici d^étre incapable^ se rendre , c'est-à-dire, d*étre incapal>l»de lâcheté. On prétend qu'il devait attendre son pardon; on le traite enmme s'il eût été un rébeHe révolté contre son souverain légitinie et dMohi, auquel il aurait &it v«rfontairenieHl serment de fidéUté;

Le» veie de la Motte sont d'un c«ur esclave qui cherthe de Tes^ prit. Je rougis quand je vois quel» grands hommes de ravittqnilé nous nous eflbrçons tous les- jours de dégrader, et qtrab hommes commun» nous célébrons dans notre petite, sphère.

iyi|Bires9 plus méprisable», 'ont jugé Caton paf les prîocipes d^une religion qui ne pouvait être la sienne, puisqu'elh; n'existait pa» ekjBore; rien n'est plus injuste: ni pbis' extravagant. Il faut le juger par les principes de Rcime, de Théroisnie et dn stoïcisme > pnisqn -Hâtait Bomain, héros et stoïcien.' .

t9^ Les Seipion sont morts aux déserts de Car^hage; — Je ne sais pas ce que l'auteur entend par ce ' vers. Je ne connais que Métellus Seipion qui ût là guerre contre César en Afrique, conjointement avec le roi Juba. Il* perdit la grande bataille de Tapsa ; et voulant ensuite traverser la mer d'Afrique, la flbtte de César coula son valssean à fond^ Seipion périt dalls les flnts, et non dans les déserts. J^aimerais mieux que rkuteur eût mis.

Jjn Seipion soilt morts'MU ayrtes de Caitbage.

H faut de la vérité autant qu'on le peut.

4^4 HOTES

19 CicétyM^ tm n*esphts^.. — Je remarquerai , sur le meurtre de Gicéron , qu'il 6it assassiné par on tribun militaire noDuné Poinlius Laeuas , pour lequel il avait daigné plaider « et auquel il avait sauvé la vie. Ce memrlrier recul d'Antoine dens cents mille livres de notre monnaie peur la tête et les deux mains de Gicéron, qu'il lui apporta dans le forum. Antoioe les fit clouer à la tribune aux harangues. I^ siècles suivans ont vu des assassinats, mai» aucun qui fiftt marqué par une si horrible ingratitude, ni qui ût été payé si chèrement Les assassins de Yalstein , du maréchal d'Ancre, du duc de Guise le Balafré, du duc de Parme Famèse, bâtard du pape Paul m , et de tant d'autres, étaient a la vérité des gentilshommes , oe qui rend leur attentat encore plus infâme; mais du moins ils n'avaient pas reçu de bienfaits des princes qu'ib massacrèrent : ils furent les indignes îAstrumens de leurs maîtres; et' cela ne prouve que trop que quiconque est armé du pouvoir , et peut donner de l'argent , trouve toujours des bourreaux mercenaires, quand il le veut : Jmais des bourreaux gentilsfaommes , c'est là ce qui est le comble de l'inbmie.

Remarquons qne celte horreur et cette bassesse ne furent jamais connues dus le temps de la chevalerie; je ne vois >iiicun chevalier assasrfn pour die l'argent.

Si l'auteur de VMspriedfs lois avait dit que Vhonneur était autrefois le ressort et le mobile de la chevalerie , il aunût eu raison ; mais prétendre que l'honneur est le mobile de la monarchie , après les assassinats à prix fiait du maréchal d'Ancre et du duc de Guise, et après que tant de gentilshommes se sont faits bourreaux et archers, apré tant d'autres infamies de tous les genres, ess aussi peu convenable que de dire qne la vertu ^t le mobile des républiques. Rome était encore répid>lique dii temps des proscriptions de Sylla, de Marius, et des triumvirs. Les massacres d'Irlande, laSaint-Barlhélenû. les Tépres siciliennes, les assassinats des duc» d'Orléans et de -fiourgogne, leiauiL monnayage, tout cela fut commis dans des monarchies.

Revenons à Gicéron. Quoique nous ayqns ses ou5rrages« Saint- Évremont est le premier qui nous ait avertis qu'il fallait considérer en lui l'homme d'état et le bon citoyen. Il là'est bien connu qua par l'histoire excellenteque Middleton nous a donnée de ce ^«nd homme. Il était le meilleur orateur de son temps et le meilleur philosophe. Ses Tusctilanes et son Traité de ta nature 4es dieux , si bien traduits par l'abbé d'Olivêt, et enrichis de, potes savantes, sont si supérieurs dans leur gejpre, que rien ne les a égalés depub, soit que nos bons auteurs n'aient pas osé preojlre un tel essor, soitqu*ils n'aient pas eu les aile^assez fortes. Gicéron disait tout ce qu'il voulait; il n'en est pas ainsi parmi nous. Ajoutons encore qne nous n'avons aucun traité de morale qui approche de ses Offices ; et ce n^est pas faute de liberté que nos auteurs modernes

tVK LE YBltmVlRAT. 4^^

•Bl été si au-dessous de lui en ce genre , cari!e Rome à Madrid en «Bt sur d^obtenir la permission dVnnuyer en moralités.

Je doute, que Cicéron ait été uxi aussi grand homme en politique. H se laissa tromper à l'âge de soixante et trois ans par le jeune Octave , qui le sacrifia bientôt au ressentiment de Marc- Antoine. On ae vit en lui ni la fermeté de Urutus , ni la circonspection d*Atticus; il n'eut d'autre fonction dans l'armée du grand Pompée que celle de dire des bons mots. Il courtisa ensuite César ; il devait , après avoir prononcé les PhiUppiques, les soutenir les armes à la main. Mais je m'arrête; je ne Veux pas faire la satire de Cicéron.

«o Ont fait coûter le sang du plus grand des mortels, — Je propose ici une conjecture. Il me semble que l'intérêt des ipiuistres du jeune Ptolémée» âgé de treize ans, n'étak point du tout d'assassiner Pompée, mais de le garder en otage, comme un gage des Saveurs qu*ib pouvaient obtenir du vainqueur , s'il voulait lés opprimer

Après la.victotre de Pkarsale , César dépêcbik des émissaires secrets à Rhod^» pour empécber qu'on ne reiçût l^ompéc. Il dut , ce me semble, préndpeles mêmes précautions avec i'Égypte; il n'y a personne qui en pareil cas négligeât un intését si imp<nrtant. On peut croire que César prit celte précaution nécessaire , et que les Égyptiens allèrent plus loin qu'il ne voulait; ils crurent s'assurer de sa bienveillance en lui présentant la tête de Pompée. On a dit qu'il versa des larmes en la voyant; mais ce qui est bien plus sûr, c'est qu'il ne vengea point sa mort; il ne punit point Septime, tribun romain, qu» était le'|>lus coupable de cet assassinat; et lorsque ensuite il fit tuer Achillas, ee fut dans la guerre d'Alexandrie, et pour un àujet tout -différeol. Jl est donc très vraisemblable que si César n'ordonna pas la mort de Pompée^ il fut au moins la cause très prodiaine de cette mort. L'impunité accordée à Septime est une preuve bien forte contre César. U aurait pardonné à Pompée, je le crois, s'il l'avait eu [entre ses |naii|s; mais je crois aussi qu'il ne le regretta pas ; et une preuve ind(d>itable , c'est que la première chose qu'il fit, ce fut de confisquer tous ses biens a Rome. On vendit à fencan la belle maison de pompée ; Antoine l'acheta, et les enfans de Pompée n'eurent aucun héritage.

^^ un fils de Cépias , •<- Dion Cassius nous apprend que

le surnom du père d'Auguste était Cépias. Cet Octaviauus Cépias fut le premier sénateur de sa branche. Xe 'grat)d-{>ère d'Auguste n'était qu'un riche chevalier qui négociait dans la petite ville de Yeletri , et qui épousa la sœur aînée de César, soit qu'alors la famille des Câars fât pauvre, soil«qu'elle voulût plairft au peuple par cette alliance dis^roportiounée. J'ai déjà dit qu'on reprochait à Auguste que son bisaïeul avait été un petit marchand , un changeur à Yeletri. Ce changeur passait même pour ie fils d'un affranchi. Antoine Asa appeler Octave du nom deSpartacus dans un de

4W son»

ses édite, en feiantalbuîonàsa fMoUle qu'on pvétendtttdesemdMc d'un esdave. Tons tronverez cette anecdote dauu la hnîliBne^bi' lippii|ne de Cicéron : ^uem Spartaeum in edictis étpptlUUf etc.

Il y a mille exemples de grandes fortunes qui ont en une basse angine , ou que Torgueil appeDe basse : il n'y a rien de bas âuK yeux du pbilosopbe; et quiconque s'est élevé doit avoir eu celte espèce de mérite qui contribue à rélévalian. Biais on «sttoujounâ surpris de voir Auguste , né d'une Ceimille si mince, ua provincial sans nom , devenir le maître absolu de l'empire ronuin » et se placer an rang des dieux.

On lui donne des remords dans cette pièce, on lui attribue des senfimens magnanimes; je suis persuadé qu'il n'en eut point; vais je suis persuadé qu'il en fout au tbéàtre.

>*— ^ Par ma main, — Qe trah n'est pas bistoriqoe, mais il «e m'étonne point dans Fulvie : c'était une femme extrême cr ses fo* reurs , et digne, comme elle le dit, du temps funeste où elle était née. Elle fut presque aussi sanguinaire qu'Autoine. Cioéron rapporte , dans sa troisième Pbilippique, que Fulvie étant à Brindcs avec son mari, quelques centurions mêlés à des citoyens voulurent laire passer trois légions dans ie parti opposé; qu'il les fi€ venir cbez lui l'un après l'autre «ous divers prétextes , et les fit tcms égorger. Fulvie y était présesite; son visage était tout couvert de leur sang : Os uxotis sanguine r9sp0Fftim constatai. Elle fut ac« co^e d^avoir arradié la langue à Cicéron après aa mort , et de l'avoir percée de son aiguille do tête.

*^.Ils ont trahi Lipide ;.... — Cette v^exioB de Pulvie «rt tm convenable, puisqu'elle estlondée sur la vérité ; car après la bataille deModène^ qu'Antoine avait perdue, il «ut la confianoede se présenter presque seuLdevant le c^mp de Lépide'; plus de la moitié des légions passa Se son côté. L^ide fut obligé des-'unir avec lui; et cette aventure même fur l'origine du l^rinmvîrat.

34 On a iru Marins, entraîner sur ses pas

Les mentes assassins payés pour son trépas.

Non seulement ceux de Minturne, qui .avaient ordre de tuer' Marins, se' déclarèrent en sa faveur, mais, étant encore proscrit en Afrique, il alla droit à Rome avec quelques Africains, et leva des troupes dès qu'il y fut arrivé.

aS ....... • Brutus et Cassius

3f 'avaient pas, après tout, des projeis mieux connus,.

Il est constant que Brutus et Cassius s'avaient pris aucunes umsures pour te maintenir contre la faction de César. 11^ ne s'étaient pas assurés d'une seule coborte ; et méaae après avoir commis le meurtre , ils £urent obligés de se réfugier au Capitoie. Bnitus faa* rangua le peupAe du haut de cette forlerosse , et on ne loi répondift que par ^es injures et des outmgea; on kâ près de ^assiéger.

SUR LE ^AIUMVIRAT. 4^7

LtBâ o^ajurés entrent beaucoup de peine à ramener les esprits ; et lorsque Antoine euVmontvé aux Romanis le corps de César sanglant, le peuple, aniiiké par m spectade, et furieux de douleur et de colère , courut le fer et la flamme, à la Diain yers les maisons da Bratus et de Cassin§. Ils lurent obligés de sortir de Rome. L« peuple, déchir». un citoyen nommé C^na qu'il crut être un des meurtriers. Aiu^ il est dair que Tentreprise d« Brutus, de Gassius et de leurs associés , fut soudaine et téméraire. Us résohireut de tuer le tyran à quelque prix que ce fut , quoiqu'il en pût arriver. Il y a vingt exemples d'assassinats produits par la vengeance ou ,par l'enthousiasme de la liberté, qui furent l'effet d'un mouvement violent plutôt que d'jine conspiration ^ien réfléchie et prudemment méditée. Tel fut Tassassinat du duc de Parme Famèse , b&tard du pape Paul III ; telle lut même la con&piration des Paui , qui n'étaient :point sùrr des Fiorentinsi ^ assassinant les Médicis , et qui se confièrent à la fortune

a6 Pompée, en^yapprochant de ce ■perfide Octave , JSn croyant Im punir, n^Afrappè qu*%m &tcki-éti*

Il y eut quelques exemples de pareille méprise dans les guerres dviles de Rome. L*esprîtae vertige qui animait' alors les Romains est presque incôncévafble. Lupins Terentius, voulant tuer le père du ' grand Pom|)ée, péi^fra seul jusque dans sa tente, et crut long-temp l'avoir percé de cùups ; il ne recodoiut son erreur que lorsqu'il vou lut fére soulever les troupes , et qu'il vit paraître à leur tète celui qu*h croyait avoir égorgé* On dit que la même chose arriva à Maximien Hercule, quand il voulut se venger de Oonstantin son gendre. Vous voyez aussi dans la tragédie de P'enceslas, que Ladislas assassine son propre frère quand il croit assassiner le duc son rival.

>7 Casca fit à Céi aria première blessure* — L'auteur se trompe id. Casca n'était point un homme du peuple. H est vrai qu^M n'y eut en lui rien de recominandable; mais enfin c'était un sénateur^ et on ne devait pas le traiter d'hQmme obscpr,à moins qu'on n'entende par ce mot un homme sans gloire^ ce qui me îendile uu peu foocé.

al JKt fu'ûn ckériâse Auguste, ^^ CW de bonne heure

qu'Octave prend ici le nom d* Atiguste. Suétone nous dit qu'Oettive ne lut surnommé Auguste , par nn. décret du sénat, tju'après la bataiUejd'ActÎHm. On balança ai on lui doflnrenif le titre d'Auguslus ou de KomuhiB.Ohiid- Augustes lut préièré; il «i|n>fie vénérahlf), eXinéme quelquédiioM de plus,qni répond au grée «rtCi&ro < . il ert bien plaisant de -voir aujourdlHii quelles gens prennent le litte ne Teneranles.

Il parsit pourtant qu'Octave avait déjà osé s'afroger le surnom d'Augnste à son pnmieir eensniat , qu^ se fit donner à i'Ige de vingtam oontre mnHns ies.lou , «« plulèl^Agrippa et les l^ons.

4^ VOTBS

lui firent donner. Ce fut cet Agrippa qui fit sa fortune; niais Oelave sut ensuite la conserver et i'accroilre,

s8. Et puisse Rome un jour mpprendre à nous aimer! ïï est constant qu« ce fut à la fin le but d'Ck;tave après tant decnaes. Il ▼écut assez long-temps pour que la génération qu'il vil naître oubliât presque les malbeurs de ses pères. Il y eut toujours des cœars romains qui délestèrent la- tyrannie, non seulement sous lui , mais sous ses successeurs : on regretta la république , mais on ne put la rétablir ; les empereurs avaient l'argent et les troupes» Ces troupes enfin furent les maîtresses de l'état ; car les tyrans ne peuvent se maintenir que par les sddats : tôt ou tard les soldats connaissent leurs forces , ils assassinent le maître qui les pare , et vendent l'empire a d'autres. Cette IU>Die si superbe , si amoureuse de la liberté, fut gouvernée comme Alger; elle n'eut pas même l'honneur de l'être comme Constantinople, où du moins la race des Ottomans est respectée. L'empire romain eut très mrement trois empereurs de suite de la même £a mille depuis Néron. Rome n'eut jamais d'autre consolation que celle de voir les empereurs égorgés par les soldats. Saccagée en6u plusieurs fois par les barl)ares, elle est réduiie à l'élat où nous la voyons aujourd'hui.

Je finirai par remarquer ici que l'entreprise désespérée que je poète attribue à Sextus Pompée et à Fulvie est un trait de, furieux qui veulent se venger' à quelque prix que ce soit , sûrs de perdre la vie en se vengeaut : car. si l'auteur leur donne quelque espérance de pouvoir faire déclarer les soldats en leur faveur , c'est plutôt une illusion qu'une espérance» Mais enfin ce n'est pas un trait d'ingratitude lâche comme la conspiration de Çinna. lulvie est criminelle , mais le jeune Pompée ne l'est pas. Il est proscrit: on lui enlève sa femme; il se résout à mourir, pourvu qu'il punisse le tyran et le ravisseur. Au^ste fait ici une belle action eu le laissant aller comme un brave ennemi qu'il veut combattre les armes à la main. Cette générosité même est préparée dans la pièce par les remords qu'Octave éprouve dès le premier acte. Mais assu^ rément cette magnanimité n'était pas alors dans le caractère d'Octave ; le poète lui fait ici un honneur qu'il ne méritait pas.

Le rôle, qu'on fait jouer à Antoine est peu de chose , quoique assez conforme à son caractère : il n'agit point dans la pièce, il y est sans passioq ; c'est une figure dans l'ombre , qui ne sert, à mon avis, qu'à faire sortir le personnage d'Octave. Je pense que c'est pour celte* raison que le manuscrit porte seulement pour titre : Octave et le jeune Pompée^ et non pas le Triumvirat : mni j'y ai ajouté ce nouveau titre , comme je le dis. dans ma préface , parce que les triumvirs, étaient dans l'île , et que les proscriptions furent ordonnées par eux.

J'aurais beaucoup.de choses à dire sur le caractère barbare des Romains depuis Sylla jusqu'à la bataille d'ActioiB, et sur lenr bu*

SVn LB TBIUMVIKAT. 4^$^

sesse après quTàuguste les eut assujettis. Ce contraste est bien frappant : on irit des ligres ohan^és en chiens de chasse qui lèchent les pieds de leurs maîtres.

On prétend que Caligula désigna consul un cheval de son écurie; que Domitien consulta les sénateurs sur la sauce d'un turbot ; et il est certain que le sénat romain rendit en faveur de Pal las, affranchi de Claude, un décret qu'à peine on eût porté du temps de la république en iiaveur de Paul Emile et des Sdpion.

TnfATRI. TOME III. 31-

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