‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 269 sur 275 · DU TRIUMVIRAT · texte numérisé non relu

DU TRIUMVIRAT

(a)Imnktttim de œs y/tn oè JuVentl dit de Domhien :

Sfsd periit , postquàm ccrdonibui esse timeudus Cceperat; koe noeuit lamiartim cœde madênU.

^^) Au lieu de la scène entre Auguste et Antoine, il y M'ait dan» le premier acte cette scène enti*e Antoine et Fulvie. La scène entre les deux triumvirs ouvrait lé second acte ; on la trouvera ici telle qu'elle était dans le premier manuscrit : (Antoine parie bas' à oa îrifrim ; ii aperçoit Fulvie , et se détourne. }

Airrontc.

Ah I c'est elle.....

ruLVu., Arrêtez, ne craignez point Suivie.

Je sub une étrangère , aucun nœud ne nous lie ; Et je ne parle plus à mon perfide époUx. Mais après les hasards où j'ai couru pour vous , Lorsque pouf cimenter votre grandeur suprême Je consens au divorce, et m'immole moi-même, Quand j'ai sacrifié mon rang et mon amour, Puis-je obtenir de vous une grâce à mou tour?

AHTOINB.

Le divorce à mes yeux ne vous rend pas moins chère; Avec la soeur d'Octave un hymen nécessaire Ne sauAût vous ravir mon estime et mon cœur.

WLVIE.

Je le veux croire ainsi , du moins pour votre honneur» Eh bien, si de nos noeuds vous gardez la miémoire, Je veux m'en souvenir pour sauver votre gloire. Voyons à vous prier si je m'abaisse en vain»

AKTOCirZ,

Qut me deiçandez-vous ? que fifitit-il ?

. FULVIK.

Être humain , Être éclairé du moins, savoir avec prudence ' A tant de cruautés mêler quelque indulgence. Un pardon généreux pourrait faire oubUet Des excès dont j'ai honte, et qu'il faut expier. Je demande en un mot la grâce de Pompée.

TARUHTE» "BIT ttttrjtV IKAT. 49 *

AirroiKE.

Tousî de quel kflérèt votre ailie est oecupèe! Qui vous rejoiot à hri P pourquoi sauver ses jours?

FULVIB.

L*iiitérèt dans- les cœurs domiiie>t-il toujours? A la simple pitié ne peuvent-ils se rendre ? Apprenez que sa voix se fa^ encore enteudre. Quand je voulus du sin^^ je ii*eus point de refus ; Quand il faut pardonner, on ne m'écoute plus! • Cette grâce à vous-même «si utile peut être.

Madame, il n'est plus temps; je n'en suis plus le maître ; Son trépas importait à noire sdfeté , Et l'arrêt aujourd'hui doit être exécuté.

FCLVIS.

C'est assez ; et ce trait manquait à votre outrage"^

Voilà ce que des deux m'annon^it le présage ,

Quand la foudre, trop lente à punir les morteb»

A brisé dans vos mains vos édîts criminels !

C'est donc là de César cet ami magnaniipe ï

Allez , vous n'imitez qu'Achillas et Septime.

Son nom vous ^it cher, et vous l'avez terni;

Et si César vivait , il vous aurait puni.

Je rends grâce à l'affront qui tous deux nous répare :

C'est moi qui répudie un assas8;in barlMure.

Par un divorcé heureux j'ai dd vous prévenir ;

Et le» nœuds des forfaits cessent de nous unir.

AXTOIirX.

Je pardonne au courroux; et le droit de vous plaindre

Doit vous être laissé quand il n'est plus à eraindre.

Ce n'est pas à Fulvieà me rien reprocher;

De nos sévérités on la vit appro^er ;

Sa main pour Cicéron montra peu d'indulgence.

Elle s'est emportée i quelque violence ;

Et je n'attendais pas qu'elle pât s'effenser

Des justes châtimens qu'on la vit exeraer.

TOLVIS.

H est vrai , j'ai trop loin porté votre vengeance ; J'en obtiens aujourd'hui la digne récompense. Je n'ai que trop rougi de l'excès d'un courroux Dont j'écoutai la' voix en faveur d'un époux. A trop d'emportement je me suis avilie : Vous en étonnez-vous ? je vous étais «nie; TTn moment de fiireur a lait mes cruautés. Mais vous, toujours égal en vos atrocités ,

^9^ TâUAirxig

Vous, assassin tranquille, et bounraau sans colère. Vous vous livrez sans peine à votre carac^. Pour êti'e moins barbare il vous faut des efforti. rimiiai vos fureurs, imitez mes remordj.

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