‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 29 sur 275 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ARZACE, OROÈS, suivi ]>E8 magbs.

O^oks à' Arzace.

Venez, retirons-nous vers ces lieux solitaires; Je vois quel trouble affreux a dà vous pénétrer ; A de plus grands assauts il faut vous préparer.

(Aax mages.)

Apportez ce bsndean d'un roi que je révère,

Prenez ce fer sacré , cette lettre.

(L*t magea Toac ckerchcr ce que le grand-prètra demande.)

ARZACS.

O mon père!

Tirez-moi de Tablme où mes pas sont plongés ! Levez le voile affreox dont mes yeux soni chargés !

OBois.

Le voile va tomber, mon fils; et voici l'heure Où , dans ssk redoutable et profonde demeure , IVinus attend de vous , pour apaiser ses cris , L'offrande réservée k ses mânes trahis.

ARZACE. .

Quel ordre! quel offrande! et qu'est-ce qu'il désire? Qui , moi i venger Ninns , et Ninias respire ! Qu'il vienne , il est mon roi > mon bras va le servir.

OROES.

Son père a commandé ; ne sachez qu'obéir.

Dans une heure k sa tombe, ArZace, il faut vous rendre.

(Il donne le diadème et Tëpëe à Ninias.)

Armé du fer sacré que vos mains doivent prendre , Ceint du même bandeau que son Tront a porté. Et que vous-même ici vous m'avez présenté.

▲CTB QOATiahlIB. . 6S

AESiCE.

Du bandeau de NimisI

oaoEs.

Ses inAnes la commandent :

C'est dans cet appareil , c'est ainsi qa'ib attendent Ce sang qui, devant eux , doit élre offert par voua. Ne songez qu'k frapper^ qu^k senrir leur courrovgc t La victime y sera ; c*est as9es vous instruire. Repose»>vous sur eux du soin de la conduire*

AKiACE.

S'il demande mon sang , disposez -de ce bnuip Mais vous ne parlez point, scfgnear^ de Ninias; Vous ne me dites point comment son père même Me donnerait sa femme avec son diadème?

oaoss.

Sa femme, irous! la reine! d ciel! SiSmiramis! Eh bien ! voici l'instant que je vous ai promis. Conn^ssez voa destins, et cette femme impie.

4ILZACS.

Grands dieux!

ORGES

De son époux, elle a tranché la vie.

A&ZAGE..

Elle! la reine!

oaoss.

Assur, l'opprobre de son nom , Le détestable Assura donné le poison.

ABZACE^ après un moment 'de silence.

Ce crime dans Assur n'a rien qui me surprenne; Mais croirai-je en effet qu'une épouse, une reine, L'amour des nations , l*honneur des souverains. D'un attentat si Hoir ait pd souiHer ses mains? A-t«on tant de vertus après un si jgrand crime?

OBOES^

Ce doute , cher Arzace , est d'un cœur magnanime ; Mais ce n'est plus le temps de rien dissimuler : Chaque ipstant de ce jour est fait pour révjâer Les efirajans secrets dont frémit la nature r Elle vous parlé ici ; vous sentez so» murmure ; Votre cceur , malgré vousr, gémît épouvanté.

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ISe soyez plus surpris si Ninos irrité Est monté de la terre a ces voûtes impies : • Il vient briser des nœuds tissus par les Furies ; . Il vient* montrer au jour des crimes impunis; Des horreurs de Tinceste il vient sauver son fils y Il parle, il vous altend ; Ninus est votre père; Vous êtes Ninias; la reine est votre mère.

ARZAGE.

De tous ces coups mortels en un moment frappé y Dans la nuit du trépas je reste enveloppé* Moi , son fils^? moi ? ' •

OlIOES.

Yous-méme : en doute2-votis encore 7 Apprenez que Ninus, a sa demi ëre. aurore » Sur qu'un poison mortel en terminait le cours , v £t que le môme crime attentait sur vos jours , Qu^l attaquait en vous les sources de la vie , Vous arracha mourant k cette cour impie. Assur , comblant sur vous ses crimes inouïs y Pour épouser la mère , empoisonna le fils. Il crut que de ces rois exterminant la race , Le trône était ouvert a sa perfide audace 5 Et lorsque le palais déplorait Votre mort , Le fidèle Phradate eut soin de votre sort. Ces végétaux puissans qu'en Perse on voit éclore , Bienfaits nés dans ses champs de Tastre qu'elle adore^ Par les soins de Phradate avec art préparés , Firent sortir la mort de vos flancs déchirés ; De son fils qu'il perdit il vous donna la place; Vous ne fûtes connu que sous le nom d'Arzace ; n attendait le joUr d'un heureux changements Dieu, qui juge les rois, en ordonne autrement. La vérité terri hjle est du ciel descendue , Et du sein des tombeaux la vengeance est venue*

ARZAGE.

Dieu, maître des destins, suis*je assez éprouvé?' Ybus me rendez la mort, dont vous m'ayez sauvé. Eh bien! Sémiramis.... oui, je reçus la vie Dans le sein des grandeurs et de l'ignominie.

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