‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 43 sur 275 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Le théâtre doit reprësenter le rivage de la mer j vm bois , un temple, un palais et un tombeau , d'un c6të ; el de Tautre , Argos dans le lointain.

S<:!ËNE PREMIÈRE.

IPHISE, PAMMÈNE.

IPHISE.

Ëst-U y^^^ » c^^^ Pammëne , et ce lieu soiitaire , Ce palais eYécmble où lauguU ma misère ^ Mé verra -t-il goâter la funeste douceur De mêler mes regrets aux larmes de ma sœur? lia malheiireusé Electre , a m£S douleurs si chère , YieBt-elie avec Ëgisthe au tombeau de mon père ? . Égisthe ordonue-t-il qu'en ces solennités Le sang d'agamemnon paraisse . & ses cétës ? SeroQS-nôus les témoijss de la {>orop'e inhumaine . Qui célèbre le crime ^ et que ce jour amène? (a)

Ministre malheureux d'un t«mple abandonne , Da fond de ces déserts où je suis confine , J^adresse auciel4e;i vawx pour le retour d^Oreste; Je pleure A gamemnon; j'ignore tout le reste. O respectf^ble IphiseJ d pur sang de mon roi! Ce jour vient tous les ans répandre ici l'eâTroi. Les desseins d'une cour en horreurs $\ fertile Pénètrent rarement dans mon obscur asile.

TBlBÀTfiB. TOME 111. 5

(:j8 * ohESTE.

Mais on dit qu'en effet Égisthe soupçonneux

Doit entraîner Electre h ces fun^res jeux ;

Qu'il ne souffrira plus qu'Electre en son absence

Appelle par ses cris Argojsii la vengeance.

Il redoute sa plainte ; il craint que tous lès cœurs

^e réveillent leur haine au bruit de ses clameurs ;

Et , d'un œil vigilant épiant sa conduite ,

Il la traite en esclave , et la traîne à sa suite.

IPHISE.

Ma sœur esdave ! 6 oiel ! ô san^ d'Agamemnon! Un barbare a ce point outrage encor ton nom! . £t Cljtemnestre , hélas ! cette mère cruelle , A permis cet affront qui rejaillit sur elle! {b)

PAMBIENE.

Peut être votre sœur avec moins de fierté Devait de son tyran braver l'autorité ; Et, n'ayant contre lui que d'impuissantes :armes , Mêler moins dé reproche et d'orgueil k ses larmes. Qu'a produit sa fierté? que servent ses éclats? Elle irrrite un barbare, et ne nous venge pas.

IPHISE.

On m'a laissé du moins , dans ce funeste asile , Un destin sans opprobre, un malheur plus tranquille. Mes mains peuvent d'un père honorer le tombeau. Loin de ses ennemis , ot loin de son bourreau : Dans oe séjour de sang, dans ce désert si triste » Je pleure en liberté , je hais en paix Égisthe. Je ne suis condamnée k l'horreur de le voir Que, lorsque rappelant le temps du désespoir ^ Le soleil k rçgretvajnl^ne la journée Où le ciel a permis ce 'barbare* hyménée, Où ce monstre enivré du sang du roi des coi5> Où Clytemnesti^e....

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