‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 48 sur 275 · ACTE PawiER · texte numérisé non relu

ACTE PawiER

Electre qui m'outrage»^ qui brave Hi«t ioM-,

Dans le £nad da mon csœur n'a poiat perdu aes dvoiU.

iiSCTKE.

Qui ! vous^ madame, d'Ctell vous m^aimenèK cnaoové ? Quoif vous n'oubiiéB puent ce sang qu^eiv déshonore? Ah! si vous conserves des snttinKeBS ai ofaers. Observez cette tombe ^ et regardez «es fiÉarSb

CXTTElonESTRE .

Vous me faites frëmîr; votre esprft inflexible* Se plaît a m'accabler d'un souvenir horrible ; Vous portez le poignard dans ce coeur agite ; Vous frappez une mère , et je Fai m^éritë.

ELECTRE

Eh bien ! vous désarmez une fille éperdue. La nature en mon cœur est toujours entendue t Ma mère , s^Û le faut , je condamne & vos piedli Ces reproches sanglans trop fong^temps essuyés. Aux fers de mon tyran par vous-même Kvrée ^ D'Egysthe dans mon cœur je vous ai séparée. Ce sang que fe vous dois ne saurait se trahir | J'ai pleuré sur ma «l'ère ^ et n'ar pu vous haïr. Ah ! si le cief enfin rtms parle et vous éclaire > S'il V0U3 donne en secret un remords salutaire , ^e le repoussez pas ; laissez-vous pénétrer A la secrète voix qui vous daigne inspirer. Détachez vos destins des destins d'un ptrfide ^ Livrez- vous tout entière a ce dieu qui vous guide ; Appelés- votre fils; qu'il revienne en ces lieux Reprendoe de vos mains le rang <de ses aïeux; Qu'il punisse un tyran, qu*il règioe» qu'il vous aimti, Qu'il venge Agamemnon^aes filles et vous-même. Faites venir Oreste.

CLTTEM1VE»TS£.

Electre, levez- vous; TUb parlez point d'Ckeste, et craignez mon époux. J'ai plaint les fers honteux dont vous êtes chargea^ Mais d'un niaitre^absolula puissance outragée Ne pouvait épargner qui ne l'épargne pas ; Et vous l'avez foroé d'appesantir son hxas.

104 OKE9TB«

Moi-même qui me TOis sa première sujette^

Moi qu'ofiensa toujours votre plainte iisdfscrëte ,

Qui tant de fois pour tous ai voulu le fléchir^

Je l'irritais encore^ au lieu de l'adoucir.

IV'imputez qu'k vOus seule un affiront qui m'oUlrage ;

Pliez a votre état ce superbe courage ; *

Apprenez d'une sœur comme il faut s'affliger.

Gomme on cède au destin , quand on veut le changer.

Je voudrais dans le sein de ma famille entière

Finir un jour en paix ma fatale carrière ;

Mais si vous vous hâtez , si vos soins imprudens

Appellent en ces lieux Oreste avant le temps ^

Si d'Égisthe jamais il aflTronte la vue ,

Vous hasardez sa vie ^ et vous ête3 perdue;

Et, malgré la pitîë dont mes sens sont atteints»

Je dois a mon ëpoux plus qu'au fils que je craiçis.

ÉUEGTRE.

Lui , votre ëpoux? ô ciel ! lu^, ce monstre? Ah! ma mère ^ Est-ce ainsi qu'en effet vous plaignez ma misère ? A quoi vous ser| , hélas ! ce remords passager ? Ce sentiment si tendre était-il étranger? Vous menacez Electre , et votre fils lui-même I

(Alphise.)

Ma sœur ! et c'est ainsi' qu'une mère nous aime l

( A Clytemnestre. )

Vous menacez Oreste!... Hélas! loin d'espérer Qu'uu frère malheureux nous vienne délivrer^ J'ignore si le ciel a conservé sa vie ; J'ignore si ce maître af^ominable, impie, Votre époux, puisque aiosi vous Tosez appelefj' ^e s^est pas en secret hâté de l'immoler.

IPHISE.

Madame, croyez-nous; je jure, j'en atteste Les dieux dont nous sortons , et la mère d'Oreste , Que loin de l'appeler dans ce séjour de mort, ]Nos yeux , nos tristes yeux sont fermés sur son sort. Ma mère , ayez pitié de vos filles tremblantes , De ce fils malheureux , de ses sœurs gémissantes; IN'affligez plus Electre : on peut h sts douleurs Pardonner le reproche, et permettre les pleurs.

▲GTE PBBHIER. lo5

ELECTRE

Loin de leur pydoimer^ on nous défend la plainte; Quand je parle d'Ureste , on redouble ma crainte. Je connais trop Égisthê et sa férocité ; Et mon û'ère est perdu , puisqu'il est redouté.

CLTTEMNESTRE.

Votre frère est vivant j reprenez l'espérance; Mais s'il est ço. danger, c'est par votre imprudence. Modérez vos fureurs , et sachez aujourd'hui , Plus humble en vos chagrins , respecter mon ennui. Vous pensez que je viens , heureuse et triomphante. Conduire dans la joie une pompe éclatante; Electre , cette fête est un jour je douleur : Vous pleurez dans les fers ; et moi , dans ma grandeur. Je sais queb vœux forma votre haine insensée ; Pî'implorez plus les dieux; ils vous ont exaucée. Lais5ez-||ioi respirer.

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