‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 49 sur 275 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CLYTEMNESTRE , «eule.

L'aspect de mes enfans Dans mon cœur éperdu redoublé mes tourmens. Hymen! fatal hymen! crime long-temps prospère! Nœuds sanglans qu'ont formés le meurtre et l'adultère! Pompe jadis trop chère k mes vœux égarés! Quel est donc cet effroi dont vous me pénétrez? Mon bonheur est détruit, l'ivresse est dissipée; Unelmiiière horrible en ces lieux m'a frappée. Qu'Égisthe est aveuglé , puisqu'il se croit heureux ! Tranquille^, il me conduit à ces funèbres jeux ; Il triomphe , et je sens succomber mou courage. Pour la première fois je redoute un présage; Je crains Ârgos , Electre et ses lugubres cris , La Grèce , mes sujets, mon fils, mon propre fils. Ah! quelle destinée , et quel affreux supplice, De former de son sang ce qu'il faut qu'on haïsse ! De n'oser prononcer sans des troubles Cruels Les noms les plus sacrés , les plus chers aux mortels !

TBiiTRE. TOUS III. 5.

I o6 otitsrt.

Je chassai de mon coeur la nature outragëe ;

Je trembfe tn iiom d'an "fils : la iMltire eàt vengée^

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