‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 112 sur 154 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

i. — Postquampoeta vêtus. Le poète dont Térence se plaint ici, est le même Luscius La vi ni us dont il a réfuté les accusations dans les prologues précédents.

i. — Tenui esse o ratio ne et scriptura levi. Ce Ters peut servir de commentaire au passage du prologue de YAndrienne ,

Non ita dissimili sunt argumento , sed tamen Dissimili oratione sunt factae ac stylo.

et réciproquement. Dans ces deux prologues , Térence entend par oratio , la conduite de la pièce ; par stylus et scriptura , il entend le style. Cette observation est de Douât, qui dit: oratio in sensu est, stylus in verbis. Oratio ad res re/ertur, stylus ad çerba, etc. Ainsi argumentum, oratio , stylus , sont dans une comédie ce que sont dans un tableau la composition , le dessin , le coloris. Térence jette ici du ridicule sur son adversaire , lorsqu'il répète le reproche qu'il lui fait de conduire ses pièces simplement , et de les écrire d'un style simple ; ce qui est une perfection.

3. — Quia nusquam insanum scrips'U.' — Et cela parce que notre auteur n'a pas mis sur la scène un jeune extravagant, qui s'imagine voir une biche qui fuit , etc. Térence cite apparemment ici une pièce connue du vieux

3qi NOTES PHILOLOGIQUES.

poète , où il avait fait entrer cette ineptie. Térence ne pouvait mieux répondre à son adversaire , qui lui reproche que ses pièces sont simples. Il lui fait voir qu'il pourrait sans peine donner dans le merveilleux , s'il voulait , comme lui , s'éloigner de la nature et choquer la vraisemblance.

4- — Et magis placèrent^ quas fecisset fabulas. Faernus, après lui madame Dacier et son père , prétendent que ce vers doit être retranché de ce prologue, i* parce qu'il. est imité du troisième vers du prologue de YAndrienne ; ** parce qu'il fait ici un sens ridicule, lis ont raison. Mais on n'a pas osé supprimer un vers qui se trouve dans toutes les éditions. On s'est abstenu de le traduire. On n'aurait pu le rendre sans faire parler Térence peu conséquemment.

5. — Is sibi responsum l\oc habeat. — On lui répondrait , le prix de la poésie. Cette réponse n'est pas directe , il s'en faut bien. Pour trouver quelque liaison entre elle et l'objection , il faut supposer que ces mots , ii le vieux poète n'avait pas attaqué le nouveau, Térence n'aurait pu trouver le sujet d'un prologue, puisqu'il n'aurait eu personne à qui dire des injures , veulent dire, Térence est Bien aise que le vieux poète lui fournisse ma* tière à faire des prologues qu'il ne pourrait tirer de son fonds. A quoi Térence répond : ce n'est point par goût que je repousse les injures de mon ennemi, mais je dois défendre les ouvrages qui me font vivre, etc. Malgré toutes ces tournures , la réponse sera toujours louche. Peut-être y a-t-il ici quelque altération dans le texte.

6. — Quom per tumultum. — Lorsque le bruit nous força de quitter la scène. Peut-être Térence parle-t-il ici des contre-temps qui firent tomber XHécjre aux deux premières représentations.

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