‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 114 sur 154 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

1. — L'expression obviant conabar est remarquable, pour cog'Uabam ire obviant. C'est dans le même sens que Plaute a dit, conata proloqui, pour cogitata proloquî.

a. — Oh! regem me esse. Le mot rex, dans ce passage et dans l'acte II , scène 1 de cette même pièce , signifie homme riche ou grand seigneur. 3. — Scisti uti foro. — Tu as suivi le cours du marché. Cette traduction rend bien le texte. Peut-être n'est-elle pas assez claire et aussi proverbiale en français qu'en latin. On doit cependant sentir que c'est une métaphore prise des marchands qui vendent au prix courant. Si on voulait une explication plus intelligible , on pourrait dire , tu as su t' accommoder au temps. Si on voulait un proverbe plus usité , on dirait , tuas fait de nécessité vertu.

4- — Omnia haec confingam : quod erit mihi bonum , atque commodum, Donat prétend que ces mots quod erit mihi bonum , atque commodum , sont une formule de prière qui se faisait lorsqu'on entreprenait une action , et qu'ils représentent celle-ci , quodfaustumfelixquesit. Madame Dacier a bien vu que Donat s'était trompé, mais il paraît qu'elle s'est jetée dans une autre erreur. Elle ponctue ainsi ce passage : Omnia haec confingam. Quod erit mihi bonum atque commodum , pour faire tomber quod erit , etc. sur quôm luum horum, etc., puis elle traduit: et ce qu'il y a bon et de commode dans cette affaire, c'est que, comme vous ne vous oppa*

^y4 NOTES PHILOLOGIQUES.

serez pas beaucoup à ce que je dirai, etc. On n'a suivi ni Douât, ni madame Dacier. On n'a rien changé à la ponctuation généralement reçue ; le sens en parait plus naturel. Au reste , le lecteur choisira.

5. — - Persuasif homimi... ~~ Il persuade notre homme. Assignation, plaidoirie , procès perdu , mariage. Qn a cru devoir traduire ainsi pour suivre la marche rapide du texte; la moindre longueur aurait été traînante. Geta vient de détailler plus haut les moyens qu'avait conseillés Phormion pour faire réussir le mariage d'Antiphon ; il reprend ici toutes les circonstances et les entasse ; il fallai^ les entasser aussi. Madame Dacier est plus grammaticale > et dit: il persuade notre homme, on suit ce bel expédient; nous allons devant les juges, nous sommes condamnés , il épouse. Cette traduction est bien froide. D'ailleurs on suit ce bel expédient ne rend pas assez le sens de factum est, qui répond à tibi scribam dicam , comme ventum est répond à ad judices veniemus ; vincimur à vincam scilicet, et enfin duxit à illa quidem nostra erit, du discours antérieur de Geta.

On observera ici que Térence a coutume de passer légèrement sur les circonstances de l'action qu'il raconte, quand elles ne sont pas importantes Un mot lui suffit pour chacune. On vient de voir dans le récit de Geta, imus, venimus, videmus. Dans Y A ndrienne , Simon dit: funus intérim p roc edit : sequimur, ad sepulchrum venimus : in ignem posita est : stetur. Dans Y Eunuque, Chérée dit: It, lavit, redit. Notre fabuliste a bien imité Térence en ce point.

6. — Çuid Ole paedagogus. Est-il nécessaire d'observer que c'est Phedria que Dave veut désigner par le mot pédagogue ? On n'a pas oublié sans doute que Geta vient de dire qu'il n'avait d'autre ressource que de conduire la chanteuse chez ses maîtres et de la ramener , ce qui est l'office d'un pédagogue, comme l'indique le mot dérivé des mots grecs pais , enfant; et ago, je conduis.

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