SCÈNE III
1. — Cette scène est compliquée et fort comique. Geta va persuader aux vieillards qu'on peut avec de l'argent déterminer Phormion à épouser Phanie. Le but de Geta est seulement d'attraper de l'argent pour Phedria, et non de rompre le mariage d'Antiphon. Ce jeune homme croit véritable tout ce que dit le valet, et se désespère. Antiphon était cependant présent , lorsque Geta a promis cet argent ; luimême avait donné le conseil de tromper son père : mais sa passion l'occupe trop, pour songer à rien autre chose qu'à ce qui parait la contrarier. Térence se ménageait cette scène , lorsque Geta refusait de dire , en présence d'Antiphon , comment il s'y prendrait pour avoir de l'argent, et qu'il disait à Phedria, dicam in itinere.
a. *-— Tria non commutabitis verba. Voyez la première note philolog. sur la scène £ , acte II de XAndrienne.
3. — Quid, si animant débet? — Mais s'il doit plus qu'il ne pèse. Le latin dit : s'il doit jusqu'à son âme (c'est-à-dire sa vie). On a cru que cette expression n'aurait pas de grâce en français. D'ailleurs elle tomberait à faux. Nos lois n'adjugent point au créancier la personne du débiteur insolvable.
4. — Quantum potes , me certiorem , inquit. Chaque fois que Geta est interrompu , et qu'il reprend le discours supposé de Phormion , il y ajoute un dit-il. Le fourbe, par ce moyen, fait croire qu'il répète les mêmes termes du parasite.