SCÈNE VI
I. — Çuid? non, obsecro, es, quarn semper, etc. Si on avait voulu rendre le texte littéralement, il aurait fallu traduire : N'êtes -vous, pas le même que 'vous avez toujours dit que vous étiez ? ou, comme madame Dacier : Quoi, n'êtes -vous pas celui que vous nous avez toujours dit? On n'a pas cru que la situation de Sophrone lui permît de plaisanter et de demander à son maître s'il a changé de personne. Voilà ce qui a déterminé à faire tomber la question sur le changement de nom. On avait de plus l'autorité de Donat, qui dit, esse pro nominari, antiquorum more dixit,
a. — Conclusam hic habeo uxorem saevam. On s'est servi du mot dra~ gon, qui dit plus que saevam, pour rendre la force de conclusam, qui se dit des animaux féroces qu'on tient renfermés.
3. — Malefactum ! Térence n'a point fait faire à Chrêmes de longues lamentations sur la mort de sa femme de Lemnos. Elles n'auraient pu intéresser le spectateur, sans affaiblir l'intérêt principal. D'ailleurs cette mort tire Chrêmes de l'embarras d'avoir deux femmes dans la même ville.
4. — Quicum volebam , atque ut volebam. — Je trouve ma fille mariée., comme je le voulais. Comme je le voulais, se rapporte à l'intention de Chrêmes de marier sa fille , sans être obligé de dire à d'autres qu'à Demiphon qu'il en était le père.
5. — Sequere me, intus caetera audies. Puisque Sophrone et Chrêmes, qui étaient seuls sur le théâtre , entrent ensemble chez Demiphon , le théâtre est demeuré vide, et l'acte est fini. La scène suivante doit
NOTES PHILOLOGIQUES. 4it
commencer l'acte cinquième. Cette division est si simple , qu'on ne conçoit pas comment la plupart dès éditeurs s'y sont trompés. Westerhovius aurait plutôt dû suivre madame Dacier et la raison , que la foule égarée des interprètes.