SCÈNE I
1 . — * Itafugias, ne praeter casam, quod aiunt. — Fuyez, dit h proverbe mais ne passez pas votre maison. Le sens de ce proverbe est clair, il signifie qu'il ne faut pas fuir si loin qu'on ne se conserve une retraite. Le texte Ua fugias, ne praeter casam, quod aiunt, n'a rien d'obscur. On ne saurait croire cependant combien ce passage a tourmenté les interprètes, et les changements qu'ils ont cherché à faire pour en trouver le sens. On ne pourrait, sans fatiguer le lecteur, rapporter leurs frivoles conjectures.
a. — Le texte, ut stultissime qu'idem Mi rem gesserîmus , paraît rendu dans ma traduction. Itli se rapporte à Pbormion. Le vieillard vient de dire en général, qu'on récompense ceux qui changent le mal en bien : à présent, il particularise la proposition, et la prouve par l'exemple de son frère et le sien. Ils ont fait le profit de Phormion , pour le récompenser du mal qu'il leur a causé. Comment se fait-il que madame Dacier ait voulu changer illien itiic, afin d'obscurcir un passage clair? C'était pour avoir le droit de traduire ainsi : Nous avons fait là une grande sottise. Elle savait bien cependant que rem gerere y facere alieui , signifie , faire le profit de quelqu'un. Numquam rem faciès ( Àdelph. ) , tu ne feras jamais fortune ; ou , comme l'a traduit madame Dacier: Tune - feras jamais rien, qui revient au même.