SCENE IL PHIDIPPE, LACHES, SOSTRATA
p h i d i p p e (sans apercevoir Loches et Soslrata, dit à Phi* lumène qui est dans sa maison).
Je sais, Philumène, que j'ai le droit de vous forcer à m'obéir ; mais la tendresse paternelle l'emporte. Je veux bien céder à votre fantaisie, et ne vous pas contrarier.
LACHfeS.
Voilà Phidippe que j'aperçois fort à propos. Je saurai de lui ce qu'il en est de tout ceci. (A Phidippe.) Phidippe, j'ai pour tous les miens la plus grande complaisance, je l'avoue;
Sed non adeo, ut mea facilitas corrumpat illorum animos : Quod si tu idem faceres , magis in rem et nostram , et
vostram id esset.
Nunc video, in illarum potestate esse te.
PHIDIPPUS.
Heia vero\
LACHES
Adii te heri de filia : ut yeni , itidem incertum amisti. Haud ita decet, si perpetuam vis esse adfinitatem hanc 7 Celare te iras. Si quid est peccatum a nobis, profer : Aut ea refellendo, aut purgando 3 , vobis corrigemus, Tujudice ipso. Sin ea est causa retinendi apud vos, Quia aegra est : te mihi injuria m facere arbitror , Phidippe , Si metuis, satis ùt meae domi curetur 4 diligenter. At, ita me dii ament, haud tibi hoc concedo, etsi illi
pater es, Ut tu illam salvam magis velis, quam ego : id adeo gnati
causa , -Quem ego intellexi illam haud minus, quam se ipsura,
magnifacere.
Neque adeo clam me est, quam esse eum graviter laturum
credam , Hoc si rescierit Eo, domum studeo haec prius , quam illi
ut redeat.
, PHIDIPPUS.
Lâches, et diligentiam vostram, et benignitatem Novi : et quae dicis , omnia esse , ut dicis , animum induco. Et te hoc mihi cupio credere : illam ad vos redire studeo, Si facere possiin ullo modo.
I/HÉCYRE. ACT. II. SCÉN. IL 4«
mais celte facilité ne va pas jusqu'à corrompre leur naturel. Si vous suiviez mon exemple, votre famille et la mienne en seraient mieux. Je vois que votre femme et votre fille vous dominent.
PHIDIPPE.
Ouidà.
LACHfeS.
Hier j'allai vous trouver au sujet de votre fille, vous me renvoyâtes aussi incertain que j'étais venu. Il ne convient pas, si vous voulez que notre alliance soit durable» que vous nous cachiez ainsi ce qui vous offense. Si nous avons commis une faute, dites - le. Nous vous satisferons, ou en vous détrompant, ou en nous excusant. Nous vous prendrons pour juge. Si au contraire vous la gardez chez vous parce qu'elle est malade, Phidippe, je crois que c'est me faire injure de craindre qu'elle ne soit pas bien soignée chez moi. Quoique vous soyez son père, un point qu'en vérité je ne vous céderai point, c'est que vous désiriez son rétablissement plus ardemment que moi; et cela à cause de mon fils qui, selon ce que j'ai vu, l'aime autant que lui-même. Je n'ignore pas combien il sera fâché s'il vient à savoir tout ceci, et voilà pourquoi je souhaite qu'elle revienne au logis avant son retour.
PHIDIPPE.
Lâchés, je connais vos attentions et votre amitié pour ma fille. Je suis persuadé que tout ce que vous me dites est bien vrai : je vous prie aussi de croire que je désire la renvoyer chez vous, si j'en puis venir à bout.
LACHES
Quae res te facere id prohibet ?
Eho, numquidnam accusât virum?
PHIDIPPUS.
Minime. Nam postquam adtendi Magis,et vi coepi cogère ut rediret, sancte adjurât, Non posse apud vos Phamphilo se absente perdurare. Àliud fortasse aliis vitii est ; ego sum animo leni natus , Non possum advorsari meis.
LACHES
Hem , Sostrata ?
SOSTRATA
Heu, me miseram !
LACHES
Certumne est istuc 6 ?
PHIDIPPUS.
Nunc quidem, ut videtur. Sed numquid vis?
Nam est , quod me transire ad forum jam oporteat.
LACHES
Eo tecum una.
L'HÉCYRE. ACT. II. SCÈN. II. 45