‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 146 sur 154 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

I. — Tu me diras : vous leur serez adjugé, ils vous emmèneront chez, eux. Quand un débiteur n'était pas solvable, il était adjugea son créancier et devenait son esclave. Alors il fallait le nourrir. Phormion prétend que sa voracité le met à l'abri de ce danger.

Lemonnier.

— Les droits des créanciers envers leurs débiteurs étaient, pour ainsi dire, sans bornes. Ceux queAa loi des XII tables donnait aux créanciers surpassent toute croyance. « Il y a, dit Quintilien , livre 3, des Institutions oratoires, c. 6, des choses qui ne sont nullement louable*

de leur nature, et qui ne laissent pas d'être permises par le droit. Ainsi autrefois , quand un homme devenait insolvable , les XII tables permettaient de le livrer à ses créanciers , qui avaient droit de partager son corps entre eux ; loi cruelle que le temps et la coutume ont abolie. » Cependant on ne trouve dans l'histoire aucun exemple qui prouve que cette loi ait jamais reçu son application. Mais ce qu'il y a de bien avéré, c'est la barbarie avec laquelle certains créanciers traitaient les débiteurs devenus leurs esclaves. Les usuriers de ce tempslà, comme ceux de nos jours, non moins redoutables que le créancier même , réduisaient au désespoir les familles dont ils causaient inévitablement la ruine. Lbvbs.

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