SCÈNE IL
SOSTRATA, PARMENON, PAMPHlLE.
sostrata (saris apercevoir Parmenon).
Il y a long-temps qu'on fait beaucoup de bruit dans cette maison, je ne sais d'où cela vient, j'en suis inquiète, je crains bien que Philumène ne soit plus mal. Esculape, et vous, déesse de la santé, préservez -nous de ce malheur, je vous en supplie. Je vais la voir.
PARMENON.
Arrêtez, Sostrata.
sostrata (avec étonnement).
Ah!
On vous refusera la porte une seconde fois.
£8 HECYRÀ. AGT. III. SCEN. II.
SOSTRATA
Ehem Parmeno , tune hic eras ? Perii. Qttid faciam misera ? Non visamuxoremPamphili,cum in proximo hic sitaegra ?
P4RMENO.
Non visas, nec mittas quidem visendi causa quemquam, Nam qui amat cui odio ipsus est , bis facere stulte duco. Laborem inanem ipsus capit, et illi molestiam adfert. Tum autem filius tuus introiit videre f ut venit , <juid agat.
SOSTRATA
Quid ais! An venit Pamphilus?
PARMENO
Venit.
SOSTRATA
Dis gratiam habeo.
Hem, istoc vetbo animus mihi rediit, et cura ex corde excessit.
PARMENO
Jam ea de causa maxume nunc hue introire nolo; Nam si rémittent quidpiam Philamenae dolores, Omnem rem narrabit , scio , continuo sola soli , Quae iûter vos intervenit, unde ortûm est initium iraç. Atque eccum video ipsum egredi. Quam tristis est!
SOSTRATA
Omignate!
Mea mater , salve.
SOSTRATA
Gaudeo venisse salvum. Salvan Philumena est?
L'HÉCYRE. ACT. III. SCÈN. IL 5g
\ S OS TR A TA
Gomment, tu étais ici, Parmenon ? Je suis perdue ! Que faire, malheureuse ? Je n'irais pas voir la femme de Pataphile, lorsqu'elle est malade à ma porte ?
PABMENON.
Non, vous n'irez pas ; vous n'y enverrez pas même de votre part ; car aimer des gens qui nous haïssent, c'est faire deux sottises. On prend une peine inutile, et on les incommode. D'ailleurs, tout en arrivant, votre fils est allé voir comment elle se porte.
SOSTRATA
Que me dis-tu ? Est-il arrivé Pamphile ?
PARMEKOIT.
Oui.
SOSTRATA
Je remercie les dieux. Ah, ce mot seul me rend la vie et dissipe mon chagrin.
PABMENON.
C'est aussi principalement parce que Pamphile est là-dedans, que je vous empêche d'y entrer. Car, si les douleurs de Philumène se calment un peu, elle lui racontera, j'en suis sûr, quand ils seront tête à tête, tout ce qui s'est passé entre voue, et comment la brouillerie a commencé. Mais je le vois sortir. Comme il est triste !
SOSTRATA
Ah, mon cher fils !
PAMPHILE
Bonjour, ma mère.
SOSTRATA
Je me réjouis de voti9 voir de retour en bonne santé. Comment se porte Philumène ?
PAMPHILUS.
Meliuscula est.
SOSTRATA
Utinam istuc ita di faxint !
Quid tu igitur lacrumas? Aut quid es tam tristis?
PAMPHILUS.
Recte, mater.
SOSTRATA
Quid fuit tumulti? Die mihi : an 'dolor repente invasit?
PAMPHILUS.
Ita factum 'st.
SOSTRATA
Quid morbiest?
Febris.
SOSTRATA
Quotidiana ?
PAMPHILUS. ,
Ita aiunt.
I sodés intro; consequar jam te, mea mater.
SOSTRATA
Fiat.
PAMPHILUS.
Tu pueris curre , Parmeno , obviam , atque eis onera adjuta.
PARMENO
Quid? non sciunt ipsi \iam, domum qua redeant?
PAMPHILUS.
Cessas?
L'HÉCYRE. ACT. III. SCÈN. II. 61
PAHPHILE.
Un peu mieux.
SOSTRATA
Que les dieux le ' veuillent ! Mais pourquoi donc pleurezvous? Pourquoi donc êtes-vous si triste?
PAHPHILE.
Ce n'est rien, ma mère.