‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 37 sur 154 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PAMPBILE, PÀRMENOtt, fekCCHÏS.

PÀMPHILE.

Encore une fois, Partoenon, -examine bien si la nouvelle que tu m'apportes est certaine, évidente. Ne nfre jette point dans une fansse joie, qui ne durerait qu'un instant.

i34 HECYRA. ACT. V. SCEN. III.

PARMKNO.

Visum est.

PAMPHILUS.

Certen'?

PARMENO

Certe.

PAMPHILUS.

Deus sum, si hoc ita est.

PARMENO

Verum reperies.

PAMPHILUS.

Manedum , sodés : timeo ne aliud credam , atque aliud nunties.

PARMENO

Maneo.

PAMPHILUS.

Sic te dixisse, opinor, invenisse Myrrhinam, Bacchidem annulum suum habere.

PARMENO

Factum.

PAMPHILUS.

Eum quem olim ei dedi :

Eaque hoc te mihi nuntiare jussit. Itane est factum?

PARMENO

Ita , inquam.

PAMPHILUS»

Quis me est fortunatior, venustatisque adeo plenior 1 ? Egon' te pro hoc nuntid quid donem? Quid ? Quid? Nescio.

L'HÉCYRE. ACT. V, SCÈN. III. i56

PARHENON,

Tout est examiné.

PAMPHILE

Sûrement ?

Sûrement. /

PAMPHILE

Je suis le plus heureux des hommes, si cela est.

PARMENON.

Cela est ; vous le verrez.

PAMPHILE

Attends, je t'en prie. J'ai peur de croire une chose, lorsque tu m'en annonces une autre.

PARMENON.

J'attends.

PAMPHILE

Tu m'as dit, ce me semble, que Myrrhine a reconnu sa bague au doigt de Bacchis.

PARMENON.

Cela est vrai.

PAMPHILE

Que c'est la même que je lui donnai autrefois ; et que Bacchis t'a chargé de venir me l'apprendre. N'est-ce pas cela ?

PARMENON.

Cela même, vous dis-je.

PAMPHILE

Est-il un homme plus heureux que moi et plus comblé des faveurs de l'amour ? que te donnerai-je pour cette nouvelle ? quoi? quoi? Je n'en sais rien.

PARMENO

Atego scio.

PAMPHILUS.

Quid?

PARMENO

Nihil enim.

Nam neque in nuncio, neque in me ipso, tibi boni quid sit,scio.

PAMPHILUS.

Egone, qui ab orco mortuum me reducem in lucem

feceris , Sinam sine munere a me abire ? Ah , nimium me ingrà-

tum putas.

Sed Bacchidem eccam video stare ante ostium : Me expectat , credo : adibo.

BACCHIS

Salve, P^mphile.

PAMPHIIUS.

O Bacchis ! o mea Bacchis , servatrix mea !

BACCHIS

Bene factum , et volupe est

P AMPHILTJS.

Factis , ut credam , facis :

Antiquamque adeo tuam venustatem obtines, Ut voluptati, obi tus, sermo , adventus tuus , quocumque

adveneris , Semper siet.

BACCHIS

Ac tu, ecastor, morem antiquom, atque ingenium obtines :

L'HÉfcYRË. ACT. V. SCÈN. III. i3 7

PA*M&*0ft.

Et moi je le sais.

PAMPWfT,F.

Quoi ?

PAfiUENON.

Rien du tout. Ca* j'ignore le bonheur que vous cause cette nouvelle, et le plaisir que je vous fais en vous l'apprenant.

PAMPHILE

Moi que tu retires du tombeau, à qui tu rends la vie, je te laisserais aller sans récompense ? Ah, tu me crois trop ingrat. Mais je vois Bacchis devant la porte ; elle m'attend sans doute. Je vais l'aborder.

bac cuis.

Bonjour, Pamphile.

PAUP<HlkK.

O Bàcchis, è ma chère Bacchis, qui m'avez sauvé la vie !

BACCHIS

Tant mieux ; j'en suis comblée de joie.

PAMPHILE

Vos actions me le persuadent. Vous êtes toujours charmante à mot re ordinaire ; votre rencontra, vos discours, voire présence portent le plaisir partout où vous paraissez.

bac cuis.

Et vous, en vérité, vous avez toujours le même esprit, le

i38 HECYRA. ACT. V. SCEN. III.

Ut unus hominum homo te vivat numquam quisquam blandior.

PAMPHILUS.

Ha, ha, hae, tune mihi istuc 2 ?

BACCHIS

Recte amasti , Pamphile , uxorem tuam :

Nam numquam ante hune diem meis oculis eam , quod

nossem, videram.

Perliberalis visa 'st.

PAMPHILUS.

Die verum.

BACCHIS

Ita me di ament, Pamphile.

PAMPHILUS.

Die mihi , harum rerum numquid dixti jam patri ?

BACCHIS

Nihil. '

PAMPHILUS.

Neque opus est ?

Adeo mutito : placet, non fieri hoc itidem 3 , ut in co-

moediis, Omnia omnes ubi resciscunt : hic, quos par fuerat res-

ciscere , Sciunt : quos non autem aequum 'st, scire ,. neque res-

ciscent, neque scient.

BACCHIS

Immo etiam, hoc qui occultari facilius credas, dabo.

Myrrhina ita Phidippo dixit , jurijurando meo

Se fidem habuisse , et propterea te sibi purgatum.

L'HÉCYRE. ACT. V. SCÈN. III. i5g

même caractère; vous êtes l'homme du monde le plus galant.

pamphile (riant/.

Ha, ha, ha, moi galant, et c'est vous qui le dites?

BACGHIS.

Vous avez bien raison, Pamphile, d'aimer votre femme. Jamais, que je sache, je ne l'avais vue avant ce jour-ci ; elle

m'a paru très-aimable.

Ne me flattez pas.

BACCHIS

En vérité, Pamphile, je ne ments point.

PAMPHILE

Mais n'avez-vous rien dit de tout ceci à mon père ?

BACCHIS

Rien.

PAMPHILE

Il n'en faut pas parler non plus. Bouche close. Je ne veux pas faire ici comme dans les comédies, où tout le monde est instruit de tout. Cet événement est connu de ceux qui doivent le savoir ; ceux qu'il n'en faut pas informer, ni ne le savent, ni ne le sauront.

BAC CHIS

Bien loin de vouloir le publier, ce que je vais vous apprendre vous prouvera qu'il est facile de le cacher. Myrrhine a dit à Phidippe qu'elle avait ajouté foi à mes serments, et qu'ils vous avaient justifié, dans son esprit.

i4o HECYRA. ACT. V. SCEN. III.

PAMPHÏLUS.

Optumum 'st:

Speroque hanc rem esse eventuram nobis ex sententia.

PARMENO

Herel, licetne scire ex te> hodie quid sit quod feci boni? Aut quid istuc est > quod vos agitis ?

PAMPHÏLUS,

Non Hcet

' PARMENO

Tamen suspicor.

Egonehunc ab orco mortuum? Quo pôcto?

PAMPHÏLUS.

Nescis , Parmeno , Quantum hodie profueris mihi, et ex quanta aerumna extraxeris.

PARMENO

Immo vero scio, neque hoc imprudens feci*

PAMPHÏLUS.

Ego Istuc satis scio.

PARME KO

An temere quidquam Parmenonem praetereat, quod facto usus sit?

PAMPHÏLUS.

Sequere me intrô, Parmeno.

PARMENO

Sequor. Equidem plus hodie boni Feci imprudens, quam sciens ante hune diem umquam. Plaudite.

PtNÏS ttïCTRAE.

L'HÉCYRE. ACT, V. SCÈN. IIL i^i

P AMP H ILE.

Voilà qui est bon. Et j'espère que ceci réussira comme nous le souhaitons.

PARMENON.

Mon maître, pourrais-je savoir de vous ce que j'ai fait de bien aujourd'hui, et de quoi vous parlez entre vous ?

PAMPHILE

Non.

PARMENON.

Je le soupçonne cependant. (A part.) Moi l'avoir retiré du tombeau? Et comment cela ?

PAMPHILE

Tu ignores, Parmenon, quel service tu viens de me rendre, et de quelles peines tu m'as délivré.

PARMENON.

Au contraire, je le sais très-bien; et je ne l'ai pas fait sans y songer.

PAMPHILE

J'en suis bien persuadé.

PARMENON.

Est-ce que Parmenon laisserait échapper l'occasion de faire quelque chose d'utile?

PAMPHILE

Entre avec moi là-dedans, Parmenon.

Allons. (Au parUrre.) En vérité, j'ai fait aujourd'hui plus de bien par hasard que je n'en ai fait de ma vie avec dessein. Applaudissez.

FIN DE L'HECYRE.

NOTES

SUR

L'HECYRE.

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