‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 41 sur 154 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

1 . — Etsi , scio ego, Philumena. Philippe , en sortant de sa maison, continue la conversation qu'il vient d'avoir avec sa fille. Elle lui a déclaré qu'elle ne voulait point retourner chez son époux avant qu'il 11, 10

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fût revenu de son voyage. Lâchés ne veut pas la contraindre , et le dit. Il appelle fantaisie la résolution de sa fille. Il ne savait pas ses raisons. Le spectateur ne les sait pas encore non plus. L'action marche avec une égalité et un art admirables.

a. — Le texte heia vero n'offre point de sens déterminé. Ces mots ne signifient rien , on ne leur a rien fait signifier dans la traduction. Madame Dacier veut qu'ils soient adressés à Philumène , et qu'ils se rapportent à ce que Phidippe venait de lui dire dans sa maison, et .qu'ils signifient : navais-je pas bien dit que 'votre beau-père 'viendrait se plaindre de 'votre absence ? Et puis elle les traduit par" voilà-t-il pas ? L'explication de madame Dacier paraît forcée Philumène n'est point sur la scène , elle n'a pu entendre ce qu'a dit Lâchés , elle ne peut entendre le heia vero de son père : ainsi c'est chercher trop de finesse.

3. * — Âutea refellendo aut purgando. — Nous vous satisferons, ou en vous détrompant, ou en nous excusant. On a profité de l'interprétation de Donat. Elle est fort claire sur ce passage. Refellit qui negat : purgat qui fatetur, et sic de/fendit,

4. — Le mot diligentia, qu'on a traduit par attentions , répond à curetur diligenter, que Lâches vient de dire.

5. — Aliud fartasse aliis vitu est, — Les autres ont peut-être d'autres défauts. Four moi , je suis naturellement doux, je ne saurais contrarier ma famille. Ce que dit ici Phidippe, en général , peut tyeu tomber sur Sos-> trata. Peut -être veut -il indirectement lui faire entendre qu'il la soupçonne de n'être pas d'un caractère doux , et d'avoir chagriné sa fille» Si ce n'est pas là l'intention de Phidippe , au moins Lâchés l'entendil ainsi , puisqu'il dit à sa femme : Eh bien> Sostrata Cest comme

s'il lui disait: Eh bien, ma femme, vous l'entendez , c'est vous qui êtes cause de la rupture. Si Lâchés ne parle pas plus clairement, c'est qu'if ne veut pas gronder son épouse en présence de Phidippe; mais Sostrata conçoit bien la pensée de son mari, puisqu'elle répond : Hélas, que je suis malheureuse !

6. — Certumne est istucP Ces mots peuvent s'adressera Sostrata comme à Phidippe. Adressés à Sostrata , ils seront la continuation de ce que Lâchés vient de lui dire, et s'y lieront ainsi : Eh bien, Sostrata*

NOTES PHILOLOGIQUES. t4;

tst-ce une chose certaine (sous-entendu) que vous êtes cause de la rup* tare? Adressés à Phidippe , ils signifièrent: Est-ce une chose décidée que votre fiUe ne rentrera pas au logis avant le retour de mon fils? On les a. fait adresser à Phidippe , parce que Phidippe y répond. On aurait pu les traduire de telle manière que Sostrata et Phidippe eussent pu les prendre chacun pour soi. On a craint que ce ne fût chercher plus de finesse que Térence n'y en a touIu mettre.

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