‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 44 sur 154 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

j. — Cette scène est le plus long de tous les monologues qui se trouvent dans Térence. Pamphile est dans une terrible situation. U n'est pas contre la vraisemblance qu'il se livre aux réflexions qui naissent de son état ; mais il est contre toute vraisemblance qu'agité de diverses passions qui se combattent dans sou cœur, ij fasse une histoire suivie de ses malheurs ; qu'il répète mot à mot un long discours , qui vient de lui être déhité dans l'instant où il était le plus agité , et que ce discours bien raisonné soit celui d'une femme troublée. Il est inconcevable que Térence, qui peint si bien la nature dans ^ toutes les circonstances, soit aussi froid dans ses monologues. Cela ne viendrait* il point de ce que , généralement parlant , les monologues sont contre na«* tare, et queTérence était forcé d'en faire, parce qu'ils étaient d'usage. Plaute en avait fait. Il en était peut-être alors des monologues, comme des stances sur notre théâtre dans le siècle dernier.

Ce monologue-ci, malgré sa longueur, n'est pas ennuyeux, parce qu'il est le commencement de toute l'intrigue. Jusqu'à présent la pièce a roulé sur une tracasserie de ménage , qui n'est pas, fort intéressants. Il s'agit seulement de savoir si on réconciliera ou non une bellemère avec sa bru. Mais ici le spectateur commence à être mis dan$ sa confidence. L'embarras augmente , la position cruelle de Pamphile est annoncée , la curiosité s'éveille , on veut et on ne peut prévoir le dénoûment.

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