‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 48 sur 154 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

X. — Fors fuat pol. — Puisse la fortune nous être favorable. On a rendu ainsi fors fuat pol, parce que fors se prend pour felix fortuna, Fuat vient du vieux verbe fuo , et signifie la même chose que sit. Le discours de Sostra ta, fors fuat pol, n'a pas un sens bien déterminé. On Ta rendu en français Tpar,puisse la fortune nous être favorable, qui ne signifie rien de bien positif. Il est facile de s'apercevoir que Sostrata répond à ce que lui avait dit son époux i c'est être sage de savoir plier lorsqu'il le faut , et de faire de bonne heure ce qu'on serait forcé de faire par la suite. Il lui faisait entendre par là qu'il l'aurait forcée d'aller demeurer à la campagne , si elle n'avait pas pris son parti de bonne grâce. Sostrata , par sa réponse, fait entendre qu'elle espère qu'ils seront assez heureux pour n'en venir jamais à la contrainte : c'est ce que veut dire fors fuat pol.

2. — Vix contineor. M. Guy et prétend qu'il faut lire vix contineo , et traduire : j'ai bien de la peine à garder le secret que j'ai promis à ma belle-mère. M. Guyet s'appuie sur l'autorité d'Érasme, de Faernus et de Muret , qui sont , dit-il , de son avis. On a préféré Donat, qui lit vix contineor, et lui donne le sens qu'on a suivi. Madame Dacier ne s'est pas égarée à la suite de M. Guyet.

3. — Sed non minuam meum consilium. — Je ne changerai rien à ce que j'ai résolu. On n*a pas osé dire : je ne rabattrai rien de ce que j'ai résolu. On a craint que l'expression rabattrai, quoique du style comique , ne parût trop basse. Elle aurait cependant exactement rendu minuam , qui est une métaphore empruntée des marchands qui offrent au dessous du prix qu'on leur demande. On a cité ce passage , non minuam meum consilium, dans une note de M Andrienne , sur le passage nec tu ea cousu minueris hœc quœ facis , tom. I. Ils sont éclaircis l'un par l'autre. Voy. les notes philolog. de YÂndrienne.

NOTES PHILOLOGIQUES. i55

4. — On a rendu le mot nescias, par ce moyen a* est pas suv> afin de donner un sens qui répondît aux diverges leçons. Des éditions portent nequeas , au lieu de nescias. Ce changement est peu important ; ces deux mots, comme l'observe fort judicieusement M. Guyet, ont quelquefois là même signification. Dans Part poétique d'Horace ,

Infelix operis summa, quia ponere totum Nesciet, ,

il est visible que nesciet est pour nequibit^ comme nous disons en français, je ne saurais pour je ne puis. Mais M. Guyet veut lire nesciant, au lieu nescias, et nesciant signifierait , elles ne pourraient pas encore s'accorder* ha traduction qu'on a donnée quadre avec ces diverses leçons.

5. — Senex atque anus, -~- Un vieux t une vieille ne figurent bien qu'au commencement d'un conte. C'est Donat qui a donné l'idée de cette traduction : hœc duo nomina, dit-il, ut posita sunt, caput indicant et inceptiçnem hujusmodi fabularum ; pronuntia % senex atque anus , quasi initium fabulœ. M. Guyet et madame Dacier l'ont suivi. On a lu avec eux. fabula, au lieu de fabulae, qu'on voit dans plusieurs éditions. Il est clair que senex atque anus, quoique formant un pluriel, ne sont cependant que lé commencement d'un seul .conte.

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