‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 50 sur 154 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

i. — Vtdendum *st, ne minus jropter iram. — Il faut prendre garde que la colère ne m'empêche d'obtenir de Bacchis tout ee que je peux gagner sur elle. Donat et madame Dacier font sur ce passage une réflexion trèsjudicieuse. C'est que Térence ayant à mettre en scène un père avec une femme qu'il croit coupable d'avoir dérangé son fils , et voulant s'écarter de l'usage ordinaire, donne au père un ton de douceur; il lui en fait d'abord apporter de bonnes raisons. Sans cela la vraisemblance n'aurait pas été conservée.

a. — Nam jam aetate easum, etc. Se commence à être d'un âge ou

l'on ne doit pas espérer le- pardon de ses fautes. Cette traduction rend le sens de ce vers :

Nam jam aetate ea sum, ut non siet peccato miïù ignosci aequum.

Ainsi il est assez inutile de se tourmenter , pour savoir si le mot peccato est pris pour mihi peccanti , ou si on doit sous -entendre in, et dire in peccato > etc. Les commentateurs ont beaucoup disserté sur ce point ; ils n'ont rien éclair ci.

3. — Vostrum amorem pertuli. Lâchés avait pris la résolution de parler à Bacchis avec douceur. Il la tient cette résolution. Il ne lui dit point , j'ai souffert les dépenses qu'il a faites pour vous , ainsi qu'il avait dit à son fils, sumptus. .. quam aequo animo tuli; il lui dit seulement, vostrum amorem pertuli. Il feint de croire que leur inclination était réciproque. Il affaiblit les reproches, qu'il veut faire à Bacchis , en rejetant sur l'amour, plutôt que sur l'intérêt, une liaison qui lui a déplu.

4. — Nam neque ille hoc animo erit, etc. Le bonhomme Lâchés conserve toujours sa douceur. Il semble ne donner te conseil qu'il donne, que pour l'intérêt de Bacchis. Il y a là beaucoup d'art et de bienséance.

5. — Sednolofalsafama esse gnatum, etc. — Je ne veux pus que voir*

NOTES PHILOLOGIQUES. i5o

fils soit soupçonné sur de faux rapports.Têrence emploie encore ici Part qu'il Tient de mettre en usage avec Lâchés. Bacchis s'éloigne de la conduite de ses semblables. C'est une hardiesse à Térencedela faire sortir du caractère reçu. Il doit en donner des motifs. Il les donne. C'est dan* le même dessein qu'il fera dire à Bacchis , non poenitet me famae , etc.

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