SCÈNE I
i. — L'acte V commence nécessairement ici, A la fin de la scène qui le précède , Bacchis est entrée chez Myrrhine et Philumène. Lâchés et Phidippe ont quitté la scène, puisqu'ils n'y sont plus lorsque Parmenon arrive. Le théâtre est donc resté vide. À ces raisons , qui paraissent sans réplique , on en peut ajouter une autre aussi forte : si ce monologue de Parmencn était la troisième scène et non la première de l'acte Y, comme le veulent la plupart des éditeurs , la visite de Bacchis se ferait pendant que Lâchés prononce cinq vers, et Parmenon huit autres : ce qui choquerait toute vraisemblance. En effet , serait-il possible que le récit de treize vers pût repondre à la durée de la visite de Bacchis, dans laquelle elle s'est. justifiée auprès des deux femmes, ou l'anneau reconnu a demandé une longue explication? Le fond de cette remarque est de madame Dacier.
2. — Parmeno opportune te offers. Parmenon est curieux, bavard et paresseux ; on lui cache tout , on ne l'écoute point , on le fait courir. Il n'arrive jamais que pour être envoyé en commission. Ce personnage, ainsi ballotté, est plaisant. Il, est visible que Térence a voulu, dans cette. pièce, s'écarter de la route ordinaire des poètes dramatiques, et ne pas se ressembler à lui-même» Tous ses personnages sont vertueux. Ils ont toujours des motifs honnêtes dans tout ce qu'il font et disent. Nulle ruse du valet, qui n'est pas même au fait de l'intrigue. Cette intrigue n'est point double , comme dans les autres pièces. Un point encore dans lequel le poète s'est éloigné de l'usage reçu , c'est que le dénouement reste cachée la plupart des personnages; et que cette innovation, loin d'être un défaut, est d'une bienséance indispensable. On ne doit pas dissimuler que ce dénouement roule sur une combinaison d'événements qu'il est bien difficile de supposer réunis. Pamphile a épousé la même fille qu'il a insultée et volée ( vol qui «'est pas trop vraisem* blable ) ; l'époque de cette insulte répond juste à l'arrivée de Pamphile, pour lui faire trouver sa femme en travail. Bacchis a conservé la bague volée, elle la porte a son doigt lorsqu'elle fait visite à Myrrhine et Philumène; ces deux femmes, qui ont tout autre chose à faire que
NOTES PHILOLOGIQUES. t et
d'examiner les joyaux de Bacchis, reconnaissent l'anneau, et l'intrigue finit. Il faut avouer que Térence a bien emprunté sur la crédulité complaisante du spectateur. Dans YHeautontimorumenôs, un anneau amène pareillement une reconnaissance; mais celle tjui le porte, cet anneau, savait qu'il pouvait lui faire retrouver ses paren&. Elle le donne à garder comme un effet précieux. Rien de cela ne se trouve dans FHécyre. Ce sont sans doute ces défauts de vraisemblance , qui ont fait juger à Donat qu'elle était k plus faible des six comédies de Térence. En effet, elle est admirable à tous autres égards, et son peu d'action est bien racheté par le style et la conduite.