SCÈNE III
i. — Qui est me fortunatior , etc. — Est Al un homme plus heureux que moi, et plus comblé des faveurs de l'amour? L'expression venustatis plenior, est le contraire <¥ invenus tus, qui se trouve, acte I, scène 6 de YAndrienne. Donat Ta bien remarqué. Venustatis plenior , dit-il , oo bénéficia Veneris , cui contrarium invenustus , cui contra reciderit quod amat. Voyez les notes archéologique sur YAndrienne.
a. — La traduction aurait été inintelligible, si on avait voulu la rendre aussi concise que le texte. On ne l'a pas tenté. Ces mots , tune mihi istuc fi sont plus importants qu'ils ne paraissent d'abord. Pamphile , et Bacchis ont offert, dans le cours de la pièce, de jurer qu'il ont rompu tout commerce ensemble. Mais l'offre de leur serment peut fort bien n'avoir pas convaincu le spectateur; et il est nécessaire qu'il le soit. C'est ce que Térence a dessein de faire, lorsque Pamphile dit, tune mihi istuc , qui veut dire , trous dites que je suis galant , lorsque je ne vous vois plus, La réponse de Bacchis, recte amasti, Pamphile, uxorem tuam, prouve qu'elle l'entend ainsi; et elle attribue son indifférence pour elle , à l'amour qu'il a raison de porter à sa femme. En deux mots , jetés sans affectation , Térence montre toute l'honnêteté de ces deux personnages.
3. — P lacet non fieri hoc itidem, etc. — Je ne veux pas faire-ici comme dans les comédies, ou tout le monde est instruit de tout. Cet événement est connu de ceux qui doivent le savoir; ceux qu'il ne faut pas en informer, ni ne le savent, ni ne le sauront. Lorsque Pamphile parle ainsi à Bacchis ; c'est
Térence qui se justifie avec adresse auprès du spectateur. Ce poète viole, l'usage , qui était devenu une règle, d'instruire tous les personnages du dénouement. Cette nouveauté aurait pu choquer. Un mot d'à* pologie détournée prévient la critique. Si on demandait pourquoi Térence ne suit pas l'usage, il est facile de répondre. Le fait qui amène le dénouement, doit être connu de tous les personnages intéressés, parce qu'ils doivent tous s'en aller contens. Ceux qui le seront davantage, en l'ignorant ne doivent pas en être informés. Or, dans cette iece... l'application est claire. Chaque lecteur Ta déjà faite.
NOTES
SVK
L'HÉCYRE.
i LE TITRE.
i. — On n'entreprend point de rapporter et de concilier toutes les variations qu'offre ce titre dans les diverses éditions. Les commentateurs ont presque tous leur leçon particulière , et ne la justifient point par des raisons satisfaisantes. On a suivi Donat, parce qu'il est le plus ancien* Madame Dacier le corrige, et soutient que cette pièce ne fut point donnée aux jeux funèbres d'jEmilius Paulus. Elle se fonde sur ce qu' JSmilius Paulus ne mourut que cinq années après la seconde représentation de l'Hécyre. Mais pour justifier cette époque , elle est obligée de faire l'Hécyre la seconde pièce de Térence ,. au lieu que Donat veut qu'elle soit la cinquième : facta et édita quinto loco. On au- ; rait pu adopter l'opinion de madame Dacier , quoique contraire à celle de Donat, si elle n'avait pas contredit Térence lui-même. Gomment peut-elle affirmer que l'Hécyre est la seconde pièce de Térence, lorsque jce poète fait dire , dans le prologue de la seconde représentation , qu'il a déjà donné plusieurs comédies? AUas cognostis ejus ; quaeso nunc hanc noscite. Vainement madame Dacier, pour éluder ce passage , ditelle que Térence avait fait, avant l'Andrienne , plusieurs pièces qui ne nous sont pas parvenues.
Si Térence avait fait plusieurs pièces qui eussent ainsi tombé dans l'euMi , ce serait une preuve qu'elles n'auraient pas été jugés dignes
i64 NOTES ARCHÉOLOGIQUES.
d'être recueillies ; et Térence n'aurait eu garde de les citer comme un titre pour obtenir l'attention favorable du public. C'est peut-être trop s'arrêter sur un point aussi peu important. Lkmoiïmter.