PROLOGUE
i. — Ce prologue fut prononcé à la seconde représentation de l'Hécyre. Celui de la première est apparemment perdu. Térence rejette la chute de sa pièce sur des danseurs de corde. 11 était trop persuadé de la bonté de sa comédie, pour convenir qu'elle eût mérité cette disgrâce. Lorsqu'il dit qu'il ne voulut pas qu'on la recommençât f afin d'être en droit de la vendre une seconde fois, il annonce assez clairement qu'il ne doute pas qu'elle n'eut réussi, mais qu'il préféra l'argent à la- gloire du succès. Malgré sa prévention , il ne réussit pas encore à la seconde représentation. Ce fut par un nouveau contretemps, et non par les défauts de l'ouvrage, comme on le voit dans le second prologue. Lkmohkier.
Personne n'ignore que la gymnastique faisait partie de l'éducation chez les anciens, qui la regardaient comme un moyen de donner de la grâce aux mouvements du corps , de rendre les hommes plus souples, plus agiles, plus robustes, et mieux portants. Peu à peu la molesse fit dédaigner ces exercices, auxquels des esclaves, des hommes à gages ^ continuèrent de se livrer , pour l'amusement des autres. Ils f furent encouragés par des récompenses publiques , et plusieurs d'entr'eux acquirent une grande réputation , par leur prodigieuse agilité et par leur adresse. Un magistrat élu pour un certain espace de temps,, par la république, était chargé de surveiller les jeux gymniques. Comme dans les fêtes des dieux , où dans les spectacles que l'on donnait au peuple, il y avait en même temps plusieurs genres de spectacles , il arrivait alors ce qui arrive encore aujourd'hui. On quittait un amusement pour un autre , et souvent la représentation d'une excellente comédie était abandonnée pour des tours de force. Les danseurs de corde attiraient la foule ; aussi leurs patents tenaient-ils quelquefois du prodige. Mais il. est probable que les funambules de nos jours n'auraient pas excité moins d'admiration , et qu'ils auraient disputé le prix avec avantage aux funambules grecs ou romains. Vojex . Aristot. , PoliiU^
NOTES ARCHÉOLOGIQUES. i65
Hb. VIII, c. 3; Plat., De Legibus, lib. V^;Pauvin., De Lud. Cire. , lib. II, c. i. J.-B. Levée.
SECOND PRO LOGUE. /
i. — De nouvelles pièces dont j'aurai fixé le prix. Le tefte porte, pretio emtas meo, qui semblerait signifier achetées de mon argent. Mais cette explication répugnerait à l'usage connu. En effet , lorsqu'un poète représentait une pièce nouvelle , c'étaient les édiles qui la payaient , et non le chef de la troupe. Mais il se peut que ce fût un chef de troupe qui en fixât le prix. Ils étaient connaisseurs et juges en cette partie. Leur opinion faisait autorité. C'est sans doute de cette autorité que parle dans ce prologue le chef de la troupe , chargé de le prononcer, lorsqu'il dit :
Facite ut vostra auctoritas , Meae auctoritati fautrix adjutrixque si t.
Pour n'avoir pas fait cette réflexion , un critique a voulu substituer au mot auctoritati le mot actoritati, qu'il fait dériver d'acf or.
Lemowwier.