‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 85 sur 154 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DEMIPHON, CHRÊMES.

DEMIPOON.

H à bien , mon frère ! cette fille que vous étiez allé chercher à Lemnos , l'avez -vous amenée avec vous ?

, CHRÊMES.

Non.

DEMIPHON.

Pourquoi non ?

La mère , voyant que je tardais trop et que l'âge de sa fille ne s'accommodait pas de ma négligence , est partie, m'a-ton dit, avec toute sa famille, pour venir me trouver.

DEMIPHON.

Pourquoi donc , s'il vous platt , y rester si long-temps , lorsque vous avez appris leur départ ?

CHRÊMES.

Parbleu , c'est une maladie qui m'a retenu.

DEMIPHON.

Gomment donc? Quelle maladie ?

CHREMES.

Rogas?

Senectus ipsa est morbus. Sed venisse eas Salvas, audivi ex nauta, qui illas vexerat.

DEMIPHO,

Quid gnato obtigerit , me absente , audistin', Chrême ?

CHREMES.

Quod quidem me factum consilii incertum facit. Nam liane conditionem si cui tulëro extraneo : Quo pacto, aut unde mihi sit, dicendum ordine est. Te mihi fidelem esse aeque , atque egomet sum mihi , Scibam : ille si me alienus adfinem volet, Tacebit, dum intercedet familiaritas :

Sin spreverit me, plus, quam opus est scito, sciet. Vereoique, ne uxor aliqua hoc resciscat mea.

Quod si fit, ut me excutiam, atque egrediar domo, Id restât. Nam ego meorum solus sum meus.

Scio il a esse : et istaec mihi res sollicitudini est , Neque adeo defetiscar umquam experirier, Donec tibi id , quod pollicitus sum , effecèro.

CHREMES.

Pouvez-vous me le demander ? La vieillesse toute seule est^ une maladie. Mais elles sont arrivées ici à bon port. Je le sais du pilote qui les a conduites.

DEMIPHON.

Et ce qui est arrivé à mon fils pendant mon absence > le savez- vous ?

CHREMES.

C'est un événement qui dérange tous mes projets. En effet, que j'offre ce parti à quelque étranger, il faudra lui expliquer par ordre comment elle est ma fille, et de qui je l'ai eue. J'étais aussi sûr de votre discrétion que de la mienne. Cet étranger, s'il désire mon alliance, gardera le secret, tant que nous serons amis; mais, si nous venons à nous brouiller, il en saura plus qu'il ne faut. Je tremble que l'affaire ne parvienne aux oreilles de ma femme* Si ce malheur m'arrive, je n'ai qu'à gagner au pied (1) , et sortir de la maison. C'est là ma seule ressource. Car chez moi je suis tout seul de mon parti.

DEMIPHON.

Je le sais, et c'est ce qui m'inquiète. Aussi ne me lasserai* je pas de faire toutes sortes de tentatives, jusqu'à ce que j*aie effectué ce que je vous ai promis.

SCENA ir.

GETA, DEMIPHO, CHREMES.

6ETA

Ego hominem callidiorem vidi nemînem,

Quam Phormioriem. Venio ad hominem , ut dicerem*

Argento opus esse , et id quo pacto fieret.

Vix dum dimidium dixeram, intellexeraL

Gaudebat : me laudabat : quaerebat senem :

Dis gratias agebat, tempus sibi dari,

Ubi Phedriae se bstenderet nihilo minus

Amicum esse , quam Antiphoni. Hominem ad forum

Jussi operiri : eo me esse adducturum senem.

Sed eccum ipsum. Quis est ulterior? At at Phedriae

Pater venit. Sed quid pertimui autem? bellua!

An quia, quos fallam, pro uno duo sunt mihi dati? .

Commodius esse opinor duplici spe utier.

Petam hinc, unde a primo institui. Is si dat, sat est :

Siab hoc nihil fiet, tune hune adoriar hospitem.

LE PliORMION. ACT. IV, SCÈN. II. s8 7

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