SCENE I
1. — Et lapsae genae. I} faut prendre ce dernier mot dans le sens de palpebrae. Pline la employé dans cette méme acception. For. Sextus Festus , de Significatione verborum ; édition d'Amsterdam , 1699.
2. — Nulla jam Cereris subit cura , etc. Ovide, Epist. II, avait dit avant notre poéte :
b » Fugerat ore color , maciesque abduxerat artus,
» Sumebant minimos, ora coacta cibos. »
3. — Verum justa , qui reges timet, etc. Sénèque déplore ici la condition de l'homme de bien à la cour des rois. Si, comme les lâches courtisans , il craint de déplaire à celui qui gouverne, il est contraint de renoncer à tout sentiment de justice et d'honneur. Mais aussi, combien celui qui a le courage de dire aux princes la vérité, de défendre aux pieds du tróne les droits inviolables des peuples et du genre humain, de braver les craintes que le pouvoir inspire, est digne d'éloges et d'admiration ! ,D'ailleurs, qu'il est facile de remplir cette obligation sacrée ! Respectez les chefs des états, 6 vous qu'ils appellent dans leurs conseils ; aimez-les , servez-les, et ne tremblez pas devant eux , quand il s'agit de les éclairer , ou d'arréter la foudre qu'ils balancent sur la téte de leurs sujets. Le ciel bénit toujours les efforts de l'homme juste. Il est plus beau de dire aux rois ce qu'ils doivent faire pour le bonheur des autres, que de leur parler sans cesse de la force et de la puissance. C'est agir dans l'intérét de leur gloire , que de rappeler à la justice les grands de la terre.