‹ Théâtre complet des Latins (volume 2)Chapitre 16 sur 128 · XLIV DISSERTATION · texte numérisé non relu

XLIV DISSERTATION

insolent ; on lui fit un crime de sa popularité , de la magnificence de ses jardins , du grand nombre de ses belles maisons de^campagne supérieures à celles de l'empereur lui-même. On l'aceusa de vouloir s'arroger à lui seul la gloire de l'éloquence , de. vouloir faire mieux des vers que Néron , et.d'en composer plus souvent depuis que le prince avait pris du goût pour ce genre d'exercice , de condamner ouvertement les amusemens auxquels il se livrait, de blámer le plaisir qu'il prenait à conduire un char dans l'arène, de se moquer de sa voix toutes les fois qu'il chantait sur le théátre. Ses ‘accusateurs se demandaient pourquoi il prétendait que rien de remarquable'et de bien ne se faisait sans lui dans l'état? Enfin ils disaient que l'enfance de. Néron était finie, qu'il entrait dans la force de l'adolescence, qu il fallait congédier son instituteur, et que désormais les exemples de ses illustres ancétres suffisaient pour le conduire. Tels sont les griefs qui , selon Tacite, lui furent imputés. Il s’aperçut facilement .que César ne. le voyait plus d’un bon.œil. Il lui demanda la permission de se justifier, et prononca devant lui un discours que Tacite nous a conservé , et qui se trouve, ainsi que lai réponse de l'empereur ; au livre XIV des .4nnales ,. éhap.i 12. Sénéque offrit à Néron de reprendre des biens.qu'il ne devait qu'à sa munificence ‘et de lui permettre d'aller vivre danis lh :solitude. Ce méchant prince' refusa:la. fórtune que Sénèque venait déposer à ses pieds ; il le: pressa contre son sein, il l'einbrassa; ét comme il était'.habitué

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