‹ Théâtre complet des Latins (volume 2)Chapitre 22 sur 128 · DISSERTATIO N. LY · texte numérisé non relu

DISSERTATIO N. LY

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semblait méme intéressée à ne pas étouffer dans ses tristes esclaves le généreux sentiment de l'indépendance.

On a dit que Sénéque avait composé ses tragédies , dans le but unique d'instruire son éléve. Si nous admettons cette opinion , il paraît alors incontestable qu’il ne négligea rien pour surpasser ceux qui l'avaient devancé dans la carrière dramatique , et qu'il dut parler le langage qui convenait aux Romains de cette époque, sans que ce langage cessát d'étre applicable à ceux qui vécurent sous le gouvernement de Ja république. Ce langage, ces peintures, ne pouvaient déplaire à Néron, ni l'offenser ; surtout si, comme on l'a prétendu, le poète restait caché sous le voile de l'anonyme. Mais je l'ai dit plus haut , et je répète, pour l'honneur de notre poète et de la philosophie , qu'il ne me paraît point prouvé qu'il ait usé d'un détour dont le succès eût été bien équivoque. La pénétration du tyran et de ceux dont il était entouré , n'aurait pas manqué de dissiper l'obscurité dans laquelle Sénèque aurait vouju s'envelopper. Laissons plutót au poéte le mérite d'avoir agi plus franchement; et voyons alors le parti qu'il dut prendre , et quelle dut étre la couleur de son style.

L'imagination du fils d'Agrippine, n'était pas moins ardente que celle de Sénéque ; et mille fois , elle dut contribuer à rendre ses fureurs plus implacables ; ses vengeances plus terribles, ses projets plus atroces. Il fallait donc remuer fortement son imagination pour maí-

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