XXIV. DISSE RTATION
spécieux que solides. L'abbé Coupé avait beaucoup d'esprit et de goût , et joignait à ces deux avantages urie trésgrande étendue dé connaissances. Néanmoins ilahe semble qu'il a traité avéc un, peu de rare une: question. intéréssante. "i J
.1 «Je comparerai, dit-il d 'aboid | Mél i Quintilien « « nt&ribue. au grand Sénéque, avec lésautres tragédies’, « dont j'excepte toujours Octavie. Or, siXoltes des tra- « gédies me présentent le mêmes esprit, les mêmes jetées, «les: mêmes: manières, la niómd physionomia, j'en con- - « clurai, par la plus déterminante des raisons nequ elles v, sont. toutes sorties de la: méme. plume. ».
; Le lecteur. sentira. comme. moi, quien. examinant. la chose: sous-un point de vue: général, il py a pas. lieu d'être surpris que des.tragédies resserpblent | à d'autres tragédies ; sauf les différences. très - remarquables entre les tragédies grecques et: les tragédies romaines. Si l'on reporte son attention sur le style., il. est. certain que l'application. des préceptes de l'art a » nécessairement tragédies. si l'on s' "attache aux. défauts du style, sont-ils ceux de l'auteur. ou ceux du siécle de .Sénèque ? ? On me permettra d'examiner plus bas cette derniére questien.
Arrètons-nous plutôt un moment sur la ressemblance de la Médée avec les autres tragédies. Il ne serait pas difficile,. ainsi que je l'ai déjà dit, de prouver que le vers cité par l'auteur des Institutions.oratoires , est tiré d'une tragédie d'Osidius , ou' si l'on veut de la Médee
DISSERTATION. XXY
d'Ovide ; car c'est bien de l'un ou de l’autre que Quin-
tilien fait mention. ) .
'. Mais ce dont.on a lieu d'être étonné, c'est que ce savant rhéteur ait parlé avec si peu d'étendue des poésies de Sénéque, et surtout de sés poésies dramatiques, tandis qu'il s'est expliqué beaucoup: plüs amplement sur les ouvrages de philosophie , et que c'est’ principalement pour instruire les jéuries gens qui. se destinent à l’éloquerice ; qu'il msiste beaucoup sur les défauts du style de Sénéque considéré comme philosophe. Quintilien dit formellement que kés étrits philosophiques sont entre les mains de-toute la jeunesse; et glisse légèrement sur les poésies et les dialogues, comíne n'étántpas aussi répandus que les traités: composés par Sénèque , sur les diverses branches de la philésophie et de la morale. Selon le docte | rhéteur ceux dont le goût n'ést pas encore formé ne peuvent lire Ces traités qu avec bétiucoup de circonspection. Il est vrai qu'au chap. ai du IX* livré? des Znstitutions oratoires, Quihtilien' parle, dans plusieurs "éditions , de la Medée de Sérièque. ‘Mais j je suis forcé ‘de rappeler que dés leçons non 'ihóms ^ ‘exactes’ porteüit 'ehicore dans cet endroit . la: Médée d'Ovide où d Osidius, dont Quintilien fait mention au livré X ; chap. ri, én passant eñ revue les tragiques Latins, parmi lesquels: Sénèque n'est point cité ; et éertas ; € 'était bier à qu'ili devait: trouver sa jlace. T 'aifleàrs, où Quintilien à connu és tragédies de Sénèque ;’ou il ne les à pas connues. S'il ne les'a pas
connüés , quel ‘argument peut-on tirér de son témoi-