COEUR DES THÉBAINS
O roxrumx ennémie des héros , aveo quelle: inégalité tu répands tes faveuts! Eurysthée règne dans une molle oisi-
. velé, tandis que le fils d'Alcmène lasse pu milieu des rom-
bats qu'il livre à des monstres divers ; tne. main qui a soutenu les cieux. C'était trop peu peur lui d'avoir abattu les tétes toujours renaissantes de Fhydre.de Lernn,. d'avoir enlevé les pommes d'or des Hespérides ; après aveir endormi le formidable dragon ; il fallait eneore qu'il pénátrát chez les Scythes vagabonds , at chez. des natieng nomades ; étrangres dans leur propre:pays. 1j) fallait qu'il affrohtát ce détroit hérissé de glaces, cette mer dont.ies flats silencieux ne battent plus les rivages, Là l'onde endurcio n'a plns de vagues; et dans ces mêmes lieux où les véisseaux voguaient à'pleines voiles, on voit rouler les chars des fasmiates. indépendants. Une mer stable ou m6bile selon les divarses, époques de l'année, est tantôt sillonnée per des nawirgs, et tantôt haftue par les pieds des chevaux (1). H tait encore séseryé à Alcide de pénétrer dans l'empire de ees femmes. belliqueuses dont la reine a les flanes ornés d'un baudrier d'or; de lui arracher cet ormement précieux, ainsi que son bouclier et l'écharpe qui entourait son sein de neige; de la forcer enfin à fléchir le &enou devant son vainqueur (2).
Victorem posito suspiciens genu.
Qua spe praecipites actus ad inferos, Audax ire vias irremeabiles, Vidisti siculae regna Proserpinae?
Illic nulla Noto, nulla Favonio Consurgunt tumidis fluctibus aequora.
Non illic geminum Tyndaridae genus Succurrunt timidis sidera navibus.
Stat nigro pelagus gurgite languidum; Et, cum Mors avidis pallida dentibus Gentes innumeras Manibus intulit, . Uno tot populi remige transeunt.
Evineas utinam jura ferae Stygis; "Parcarumque eolos non revoeabiles!
Heic, qui rex populis pluribus imperat, Bello eum peteres Nestoriam Pylon, Tecum conseruit pestiferas manus, Telum tergemina cuspide praeferens :
. XEffugit tenui vulnere saucius, | .. Et mortis. dominus pertimuit mori.
Fatum rumpe manu: tristibus inferis Prospectus: pateat lucis, et invius Limes det faciles ad Stperos vias.
Immites potuit fleetere cantibus "Umbrarum deminos, et ptece supplici Orpheus, Eurydicen dum repetit suam.
Quae silvas, et aves saxaque traxerat . Ars, quae praebuerat fluminibus moras ; Ad cujus sonitum constiterant ferae; Mulcet non solitis vocibus inferos, Et surdis resonat clarius in locis.
Mals , audacleux Hercule , quel fut ton espoir quand, te précipitant dans le Ténare, d'oà nul mortel ne revint jamais,
tu visitas l'empire de la Sicilienne Proserpine (5)? Là ni le
zéphir, ni le notus ne soulevent les flots de la mer; on n'y voit point briller les Tyndarides (4), ces deux astres jumeaux si favorables aux timides næutonniers. Un marais entoure de ses eaux endormies l'entrée du noir abîme ; et quoique la pâle mort aux dents avides y porte sans relâche des nations innombrables , une seule barque suffit pour les passer toutes. Puissetu, Ô Hercule, t'affranchir des lois sévères du Styx impitoyable, et braver les fuseaux des parques inflexibles ! N'est-ce pas toi qui, lorsque tu allais combattre à Pylos, patrie de Nestor, fus arrêté dans ta course par celni qui régit l'empire des ombres? Malgré ses armes empestées , malgré són redoutable trident, il reçut de toi une légère blessure , it est vrai.; mais ce suprême arbitre de la mort craignit de mourir de ta main (5).
Soumets le destin lui-même : fais pénétrer le jour jusque dans les tristes enfers ; mais trouve quelque sentier ignoré qui te raméne au séjour des humains. Orphée a bien pu par ses chants fléchir les impitoyables souverains des ombres, lorsqu'il leur redemanda son Eurydice. Sa lyre enchanteresse qui avait attiré sur ses pas les bois, les oiseaux, les rochers méme, sensibles à l'harmonie de ses accords ; cette lyre divine qui avait suspendu le cours des fleuves et dompté la fureur des bétes féroces, sut attendrir jusqu'aux enfers : sa voix parut plus ravissante encore dans ces lieux sourds et si peu accoutumés à des sons délicieux. Les beautés de la Thrace (6) pleurent sur le sort d'Eurydice , les divinités des enfers, si difficiles à émouvoir, ne peuvent retenir leurs larmes, les trois juges eux-mêmes qui d'un front sévère font
Deflent Eurydicen Threiciae nurus, Deflent et lacrimis difficiles Dei;
Et qui fronte nimis crimina tetrica Quaerunt, ae veteres excutiunt reos, Flentes Eurydicen Juridici sedent.
Tandem mortis, ait, vingimur, arbiter: —
Evade ad superos; lege tamen data :
Tu post terga tui perge viri comes; Tu.non ante tuam respicé conjugem, Quam cum clara Deos obtulerit dies, Spartanique aderit janua Taenari.
Odit verus amor, nee patitur, moras.
Munus, dum properat cernere, perdidit.
Quae. vinci potuit regia cantibus, Haec vinci poterit regia viribus?
la recherche des crimes et.découvrerit les anciens coupables, plaignent Eurydice. Enfin, l'arbitre de la mort s'écrie : Nous sommes vaincus ; Orphée , vous l'emportez ; retournez sur la terre, mais à une condition. Vous, Eurydice , suivez les pas de votre époux; vous, Orphée, ne jetez pas les yeux derrière vous pour la regarder, avant d’être arrivé à la clarté des cieux et à la porte du Ténare voisin de Sparte (7). Hélas ! le véritable amour ne sait point supporter les délais. Trop empressé de voir et d'admirer celle qui venait de lui être rendue, Orphée la perdit sans retour. Si la oour .de Pluton a pu céder aux charmes de l'harmonie, le courage aura-t-il sur elle
moins de pouvoir? " |
ACTUS III
SCENA PRIMA
HERCULES
O xvcis alme rector, et coeli decus,
Qui alterna curru spatia flammifero ambiens, Illustre laetis exseris terris caput,
Da, Phoebe, veniam, si quid illicitum tui Videre vultus. Jussus in lucem extuli Árcana mundi. Tuque coelestum arbiter Parensque, visus fulmine opposito tege; Et.tu secundo maria qui sceptro regis,
Imas pete undas : quisquis ex alto aspicit Terrena , facie pollui metuens nova,
Aciem reflectat, oraque in coelum erigat, Portenta fugiens : hoc nefas cernant duo, Qui advexit, et quae jussit. In poenas meas, Atque in labores non satis terrae patent.
Junonis odio vidi inaccessa omnibus,
Ignota Phoebo; quaeque deterior polus Obscura diro spatia concessit Jovi.
Et si placerent tertiae sortis loca,
Regnàre potui : noetis aeternae chaos,
Et nocte quiddam gravius , et tristes Deos,
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