SCENE III
i. — Jusqu'à l'isthme étroit qui partage lés deux mers. La mer Égée et la mer Ionietine.
2. — Teinte du sang de mon père et de mes deux frères. L'abbé Coupé fait très-judicieusement observer qu’il ne faut pas confondre ce Créon, roi de Thèbes, avec Créon, roi de Corinthe, qui périt avec Créuse sa fille aînée, dans son palais incendié par Médée.
3. — Baigner d'une onde calme les côtes de l'Eubée. Y] s'agit ici dei tourbillons de l'Euripe, petit détroit qui sépare l'Eubée de la Béotie. Quelques auteurs ont prétendu qu'il éprouvait sept fcis le jour et sept fois la ntit, et selon. d'autres, pendant dix-huit ou dix-neuf jours, un flux et un reflux, qui furent pour les anciens l'objet de profondes recherches. On assure qu’Aristote, désespéré de ne pouvoir découvrir la cause de ce phénomène, en mourut de douleur , et méme qu'il se précipita dans les flots de l'Euripe. /oy. Pomponius Méla, lib. IT. cap. 7; Tit.-Liv. lib. XXVIII, c. 6; Plin. lib. II, c. 95.
- 4. — Le titre incestueux d'épouz, de fils et de pére. Voyez la tragédie
d'OEdipe.
9. — Les traces prolongées de son corps sinueur. Cadmus avait été changé en serpent, pour avoir tué un autre serpent à la fontaine de Dircé. Quant à ce qui concerne Niobé, dont le poéte parle quelques vers plus haut, voyez Callimach. Hymn. Apollin.; Auson. Epitaph. 29 Strabon. lib. I, et Plin. 1. II, c. 4r.
6. — Sur les bords de l'Amphryse. Consultez les Métamorphoses d'Ovide, liv I. v. 580; Pausan. lib. II,c 7. lib. V, c. 7; lib. VII, c. 20 etc. et le Dictionnaire de la fable par M. Noël; et l'Origine des Cultes, par Dupuis.
7. — Ne rougit point de se vétir d'une robe de pourpre T'yrienne. Le lecteur ne manquera pas sans doute de faire un rapprochement entre ce passage de Sénéque, et l'épitre de Déjanire dans Ovide. Personne ü'ignore qu'Omphale ne reçut Hercule dans ses bras qu'après l'avoir paré comme une femme. Les anciensregardaient avec mépris ceux dont
la mise annonçait la mollesse et l'amour désordonné pour les plaisirs;
Ils blámaient avec sévérité le luxe dans les habillements , parce qu'il annonce Ie relâchement dans les mœurs, et qu'ils le regardaient comme
un signe de la décadence des états.
8. — Et qui ceignit de la mitré des barbares. Lycus reproche à Hercule d'avoir porté un ornement qui ne convenait pas à un guerrier, ni à un homme courageux, et surtout un ornement étranger, et que réprouvait l'usage de son pays; c'est ce que Sénéque a voulu sans doute exprimer en opposant barbara mitra à frontem ferocem. Je suis méme plus porté à croire qu'il faut entendre par mitra des bandelettes fort larges dont les femmes ornaient leur téte.
g. — Et le troupeau de vierges qu'il rendit mères. Elles étaient cinquante: Farnabe rapporte naivement qu'elles furent toutes violées par Hercule dans une seule nuit. |
9g bis, —Et que son mari lui-méme ne doit pas la désapprouver d'avoir fait un plus noble choix. Lycus ne pouvait adresser à Amph:tryon un reproche plus humiliant que celui qu'il lui fait d'avoir pousséla complaisance jusqu'à ne pas désapprouver la conduite d'Alcméne avec Jupiter; mais ce reproche est d'autant plus injuste, qu'Alcméne, trompée par la ressemblance la plus parfaite, n'avait accordé au maitre des dieux, qu'une faveur qu'elle croyait accorder à son légitime époux , et que d'ailleurs Amphitryon absent n'avait pu eonsentir à l'entrevue de Jupiter avec Alcmène. Ce passage de Sénèque est de la plus grande diffi-
culté , et je crois que l'abbé Coupé ne l'avait rendu qu'imparfaitement.
"Pag. 51. — Une seule d'entre vous, etc. Hypermnestre fut laseule des
cinquante filles de Danaüs qui de voulut point tuer Lyncée son époux ; elle le sauva, et favorisa sa fuite. Danaüs la cita en jugement pour la punir de sa désobéissance, et pour n'avoir pas tenu , comme ses sœurs, la promesse qu'elle avait faite à son pére; mais elle fut absoute par le peuple. Pausan. lib. IL. c. 19; Appollodor. lib. II. c. 15 et Ovid. Heroid. XIV,