‹ Théâtre complet des Latins (volume 2)Chapitre 6 sur 128 · DISSERTATION. XXIX · texte numérisé non relu

DISSERTATION. XXIX

ter pour rien l'école d’où l'on est sorti, les maîtres dont ona recu les lecons , les progrés ou la décadence des arts et du bon goüt ? Doit-on compter pour rien l'influence des mœurs, du gouvernement et. du siècle auquel appartiennent le poète, l'orateur ou le philosophe dont on veut juger les écrits? Cette influence ne se fait-elle pas remarquer dans tous les contemporains d'une méme époque, méme parmi les hommes qui s'efforcent le plus de s'en garantir ? N'est-ce pas surtout aux époques ou les écrivains sont forcés de déguiser leur pensée, que le style s'écarte le plus des formes régulières et faciles de la nature? N'est-ce pas alors que l'on voit particulièrement les écarts de l'imagination remplacer l'élan sublime du génie? N'est-ce pas alors que des beautés factices, qu'un langage étudié, fastueux , remplace la plus noble simplicité? N'est-ce pas alors que le goût reçoit de mor: telles atteintes qui préparent inévitablement sa décadence ? |

Que l'on compare le siècle. d’Auguste à celui de ses odieux successeurs , et l'on: verra si Sénèque a pu suivre les traces de Cicéron, de Virgile et d'Ovide ? Sénèque eut donc les défauts de son siècle, et ce qui n'est pas moins frappant , ces défauts se font remarquer dans toutes les productions des Annæus. Le père et les frères de Sénèque , élevés à la même école que le philosophe, en étaient entachés ; et Lucain son neveu enchérit encore à cet égard sur tous ceux de sa famille. Il n'est donc pas invraisemblable que d’autres que Sénèque ont

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