SCENE II
LE CHOEUR
Exrix la noble race qui règne sur le trône du vieux Inachus semble se reposer, et les deux fréres concentrent leur haine. Insensés! quelle fureur vous porte à répandre alternativement un sang précieux, à vous disputer le sceptre par un parricide ? Ambitieux ! qui voulez habiter les palais , vous ne savez pas oü réside la véritable royauté. Ce ne sont point les trésors qui font les rois; ce n'est ni la pourpre de Tyr (1), ni l'orgueil du diadéme, ni les lambris étincelans d'or. Celui-là seul est roi, qui ne craint rien, dont l’âme est affranchie de toutes les passions, et que ne fait pas mouvoir l'ambition déréglée ou la faveur passagère du vulgaire inconstant. On peut étre esclave avec tout ce que renferment les mines de l'Occident , avec l'or que roule le Tage dans son lit éclatant, avec toutes les moissons que contiennent les aires de la Lybie. Celui qui, sans baisser la paupière, voit tomber à ses côtés la foudre
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en obliques sillons ; qui, sans frémir, voit la mer écumante gronder sous l'impétueux Eurus; qui, sans trembler, entend l'orageuse Adriatique, et découvre sans pâlir une épée menacante qui brille au-dessus de sa téte, celui-là seul mérite le titre de roi. Celui-là seul est roi, dont l'Àme est tranquille, et qui, s’élevant dans les régions supérieures , met à ses pieds toutes les choses humaines, subit en paix son destin, et meurt
sans se plaindre. |
En vain il verrait conjurés contre lui les rois qui tourmentent les Dahes (2) dispersés ça et là, et ceux qui dominent sur la mer Rouge, ou sur les côtes de l'Érythrée si brillante par ses diamans, ou sur la Caspienne dont les barrières enchaînent la valeur des Sarmates. En vain s'armeraient contre lui ceux qui osent franchir les ondes du Danube, ou pénétrer chez les Sères (3) que rend si fameux leur soie précieuse, dans quelque climat qu'ils habitent. Un bon esprit posséde seul l'art de régner; seul il en a le droit. Il n'a besoin ni de ces coursiers , ni de ces armes, ni de ces traits impuissans que lancent le Parthe dans sa fuite simulée, ni de ces machines destructives qui renversent les villes, et lancent contre
les murs ennemis des rochers énormes.
On est roi quand on ne craint rien, quand on ne désire
rien, et tout mortel peut se procurer cet emnire. Qn’un autre
Telis, quae procul ingerit Parthus, cum simulat fugas :
Admotis nihil est opus Urbes sternere machinis, Longe saxa rotantibus.
Rex est , qui metuit nihil.
Rex est, qui cupiet nihil.
Hoc regnum sibi quisque dat.
Stet, quicunque volet, potens Aulae culmine lubrico :
Me dulcis saturet quies.
Obscuro positus loco, Leni perfruar otio.
Nullis nota Quiritibus Ætas per tacitum fluat.
Sic cum transierint mei Nullo cum strepitu dies, Plebejus moriar senex.
Illi mors gravis incubat, Qui notus nimis omnibus, Ignotus moritur sibi.
essaie de rester debout sur le sommet glissant d'un trône; moi, jaime mieux jouir des douceurs du repos. Obscur, je serai bien plus tranquille. Puissé-je, inconnu de mes contemporains, couler ma vie dans le silence! Puissé-je, simple Plébéien , filer mes jours sans remords et mourir de vieillesse! La mort n’est fâcheuse que pour celui qui, trop connu dans le monde, meurt sans se connaître lui-même.
AARAAA SAAAAA VAAAAA LAS VAS AAAAA AAA AA MAILS RAT SARAAR ARS |
ACTUS III
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