‹ Théâtre complet des Latins (volume 2)Chapitre 74 sur 128 · L ."3 f , , jr da: , Fon | A T b ci tt) | nl · texte numérisé non relu

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", Bois OO nous le güge assuré d'üné paix inviolable. a Mtem) toD DI. Ib ORDnCO0 5s o:peliniz

Do quA] "oa Sin coin ist obbell gosse 3095 Le festin s'est assez prolongé ; j ^i joui suffisamment des

présents de Bacchus. Mais Vous pouvez mettre le comble à ma joie , en permetilant. à mes-edhmtsdbivédit Ye pattäger. '* 12. 16 :

«43 . THYESTES. ACT. V. SGEN. III.

ATREUS

Heic esse natos crede in amplexu. patris.

Heic sunt, eruntque; nulla pars prolis tuae Tibi substrahetur : ora, quae exoptas, dabo, Totumque turba jam sua implebo patrem' .

Satiaberis, ne metue : nunc mixti meis, Jucunda mensae sacra juvenilis colunt.

Sed accientur. Poculum infuso cape Gentile Baccho.

THYESTES.

Capio fraternae dapis Donum; paternis vina libentur Deis, Tunc hauriantur. Sed quid hoc? non vult manus Parere : crescit pondus, et dextram gravat.

Admotus ipsis Bacchus a labris fugit , Circaque rictus ore decepto effluit.

En, ipsa trepido mensa subsiluit solo.

Vix lucet ignis. Ipse quin aether gravis Inter diem noctemque desertus stupet.

Quid hoc? magis inagisque concussi labant Convexa coeli : spissior densis coit Caligo téhebris, noxqüe se in nocteii ábdidit" Fügit ómne' ;lidus. Quidquid est, fratri: precor, Natisque parcat; omnis in vile hoc caput Abeat procella. Redde j jar natos mihi.

“assis Aa i: AE T i ^ t VEMM 4.38 2. e ATREUS.

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Reddam,. et ribi illos. nullus eripiet: dies;

Ah ! croyez qu'ils sont déjà dans les bras de leur père. Ha sont ici, ils y resteront; aucun d'eux ne saurait vous étre Ly óté. Vous voulez voir leurs visages, vous les verrez ; leur père Gi Jeg possédera complétement. Oui, vous en serez rassasié ne d. craignez rien. Dans ce moment, ils célébrent avec mes fils un festin qui convient à leur âge. Mais je les ferai venir ;en attendant, prenez cette coupe de nos ancétres, et goütez la liqueur qu'elle contient. :

^ THYESTE.C | Je la reçois de la main d’un frère, et après en avoir offert cette libation aux dieux paternelé, jé boirai le reste. Mais que signifie ce prodige ? ma main; me refuse'son ministère... Le

w) poids de la coupe augmente. mon bras ne peut plus. la. soutenir... Cette liqueur fuit de mes lèvres, c'est en vain que j'ouvre la bouche pour la recevoir. Voyez - vous. cette table tressaillir sur le sol iremblant ? Le feu du foyer s'éteint ; le ciel pesant s'étonne de se voir désert entre le jour et là huit. Qu'entends-je? Les’ deux poles'du thonde tremblent et'hahcilent... Les ténèbreë s'épaississent, et là nuit se éackië dins une autre nuit plus : ténébreuse encore..Tous les astres: ont disparu. Puissances suprêmes,, épargnez du moine mon fiere,

et mes enfants! Que l'orage n'éclate que sur ma tête; coupable.

0 mon frère, rendez-moi donc mes enfants. ,} ...1. mit d ou fi 1 n 2 E 3.0! "n m DITE AR no, 78D Iu andis . Je vous les rendrai ; on ne poutri ‘dédormaiÿ vous és enlever. - SE

| THYESTES.

Quis hic tumultus viscera exagitat mea?

Quid tremuit intus? sentio impatiens onus,

Meumque gemitu non meo pectus gemit.

Adeste, nati, genitor infelix vocat :

Adeste; visis fugiet hic vobis dolor.

Unde obloquuntur? | ATREUS. .

Expedi amplexus, pater.

Venere. Natos ecquid agnoscis tuos? | | ‘THYESTES

Agnosco fratrem. Sustines tantum nefas:

Gestare, tellus? non ad ‘infernam Styga T Te’ nosque mergis? rupta et ingenti via:

Ad chaos i inane regna cum rege abripis? .

Non tota ab imo tecta canvellens solo Vertis Mycenas? stare circa. Tantalum, !

Avosque nostros, si quis intra Tartara est; . Uterque jam debuimus! hine compagibus: — Et hinc revulsis huc tuam immanñi sinu Demitte vallem, nosque defossos tege Acheronte toto: noxiae supra capüt :

Animae vagentur nostrum, et ardenti freto Phlegethon arenas igneus tortas agens, Exitia supra nostra violentus fluat.

Inimota tellus pondus ignavum jaces?

Fugere Superi. |

THYESTE. ACT, V. SCEN. 11l. 245 THYESTR. -

Quel affreux tumulte agite mes entrailles ! Que sens- je palpiter-là ? Un poids énorme m'accable. J'entends sortir de ma poitrine des gémissemens qui ne sont pas les miens. Venez , mes enfants, votre malheureux père vous appelle : venez; en vous voyant ma douleur s'évanouira. D'oà leurs voix se font-elles entendre ?

ATARÉE.

Prépare-toi à leur donner le baiser paternel. ( I6 jette tes trois tétes aux pieds de Thyeste. ) Les voilà. Reconnais- tu tes enfants ?

THYESTE

Je reconnais mon frére! O terre! tu peux supporter un tel forfait, sans rentrer dans les abimes du néant! Tu ne t'engloutis point dans le Styx, en nous y plongeant avec toi ? Pourquoi ton sein ne s'est-il pas entr'ouvert ? Quoi ! ce royaume et son roi ne sont pas encore replongés ainsi que nous dans le chaos? Mycénes n'est pas détruite de fond en comble! Ah! s’il est encore des places au Tartare , c'est à cóté de Tantale et de nos aieux qu'Atrée et Thyeste doivent être enchainés tous les deux. Déchire tes entrailles, jette nous dans ce gouffre immense; que l’Achéron nous y couvre à jamais ; qu'il ne laisse aux dessus de nos têtes criminelles que les âmes vagabondes des scélérats, que les sables brülans , que les flammes rapides que roule le Phlégéton pour les supplices éternels. O terre ! masse informe , peux-tu rester insensible aprés cette exécration ! Et les dieux ont fui !

246 THYESTES. ACT. V. SCEN. IHI.

ATREUS

. At accipe hos potius libens Diu expetitos, nulla per fratrem est mora, .

Fruëre : bsculare : divide amplexus tribus.

| THYESTES.

Hoc foedus! haec est gratia! haec fratris fides! Sic odia ponis? non peto, incolumes pater Natos ut habeam : scelere quód salvo dari Odieque possit, frater hoc fratrem rogo, Sepelire liceat. Redde, quod cernas statim Uri. Nihil te genitor habiturus rogo, | Sed perditurus. — — |

| | ATRE US

| Quidquid e natis tuis

Superest, habebis: quodque non superest, hahes.

Utrumne saevis pabulum alitibus jacent?

An bellüis servantur? an pascunt feras?

CU ATREUS

Fpulats ips es impia natos dape.

| | THYESTES.

Hoc. est Deos quod puduit! hoc egit diem Aversum i in ortus! quas miser voces dabo, Questusque quos? quae verba sufficient mihi?

Abscissa. cerno capità, et avulsas manus ,.

Et rupta fractis cruribus vestigia.

Hoc est, quod avidus capere non potuit pater.

Volvuntur intus viscera, et clausum nefas

pr

THYESTE.. ACT. Y. SCEN. III. 24g

ATBRÉE.

Recois plutôt tes enfants avec plaisir, après les avoir si vivement désirés: les voilà. Ton frère ne veut plus retarder tes jouissan ces ; tu les as tous trois; ; embrasse-les , partage entre

eux tes caresses. E THYESTE.

Voilà donc ce traité! cette amitié ! Voilà cette foi jurée à un frére! C'est donc ainsi que tu abjurais ta haine? Ce ne sont plus mes enfants vivants que je te redemande; mais à présent que ton crime est consommé que ta vengeance est assouvie , rends-moi du moins leurs corps ; c'est ton frére qui

ten prie; qu'il me soit permis de leur donner la sépulture, Tu les verras brüler sous tes yeux. Hélas ! c'est pour les perdre à jamais qu'un pére les réclame. U |‘ ATRÉE.

Tout ce qui reste de tes enfans, tu l'auras. Tu possèdes : ce qui n’en reste plus.

THYESTE

En aurais-tu fait la pâture des oiseaux cruels ? ou les destinerais-tu aux bêtes féroces? m

ATRÉE. DESEE

C'est toi-même qui les as dévorés dans un festin impie.

THYEST g. |

C'est donc pour cela que les dieux (1) ont été saisis d'borreur! C'est pour cela que le soleil est retourné en arrière. Où trouverai-je des expressions, des plaintes, des gémissements qui répondent à toutes mes misères ?... Je vois les têtes de

mes fils; je vois leurs mains coupées, leurs ossemens brisés. | C'est tout ce que leur pére avide n'a pu dévorer. Le resto s'agite dans mes entrailles. O ciel! ces victimes que le crime a cachées dans mon sein, luttent pour en sortir, pour se

| 248 THYESTES. ACT. V. SCEN. IIl.

Sine exitu luctatur, et quaerit viam.

Da, frater, ensem, sanguinis multum mei Habet ille. Ferro liberis demus fugam.

Negatur ensis! pectora illiso sonent Contusa planctu. Sustine, infelix, manum; Parcamus umbris. Tale quis vidit nefas?

. Quis inhospitalis Caucasi rupem asperam - Heniochus habitans? quisve Cecropiis metus Terris Procrustes ? genitor en natos premo, Premorque natis. Sceleris est aliquis modus?

ATREUS

Sceleri modus debetur, ubi facias scelus, Non ubi reponas. Hoc quoque exiguum est mihi. Et vulnere ipso sanguinem calidum in tua Diffundere ora debui, ut viventium Biberes cruorem. Verba sunt irae data; Dum propero. Ferro vulnera impresso dedi, Cecidi ad aras, caede votiva focos Placavi : et artus, corpore exanimo amputans, In parva carpsi frusta; et haec ferventibus Demersi ahenis. Illa lentis ignibus

Stillare jussi. Membra, nervosque abscidi Viventibus: gracilique trajectas veru Mugire fibras vidi, et aggessi manu Mea ipse flammas. Omnia haec melius pater Fecisse potuit, Cecidit incassum dolor.

Scidit ore natos impio, sed nesciens, Scd nescientes.

THYESTE. ACT. V. SCEN. [IL s4g

frayer un passage |... O mon frére.! donne- moi ton épée ; elle a déjà versé la plus pure partie de mon sang. Donne-la moi, que j'ouvre une ‘issue à mes enfants... Tu me refuses ! Eh bien! que du moins ma poitrine retentisse de mes coups redoublés. © malheureux Thyeste ! arrête ; ; épargne les mánes de tes fils. Qui vit jamais un tel forfait? Quel féroce habitant du Caucase, ennemi de l'hospitalité, vit jamais rien de pareil? Le farouche Procruste (2), la terreur de l’Attique, exerca-t-il jamais d'aussi cruels supplices ? J'oppresse mes enfants qui m'oppressent à: leur tour. Tl n'est donc point de mesure pour le crime!

ATRÉE

Au moment d'agir, le crime prend ses mesures; mais dans la vengeance d'un crime on n'en doitpas connaitre. J'ai fait trop peu pour la mienne. J'aurais dû couvrir ton visage de leur sang au moment où il s'échappait en bouillonnant de leurs veines, et te le faire boire lorsqu'ils étaient encore vivants; mais ma vengeance impatiente s'est trompée. Le fer à la main, je me suis précipité sur tes fils; je les ai immolés sur l'autel, j'ai appaisé mes dieux lares d'un sang que je leur avais dévoué; j'ai coupé leurs membres palpitants, je les ai déchirés , j'en ai fait bouillir la moitié dans l'airain brülant; un feu plus lent t'a préparé le reste. Ils vivaient encore, quand j'ai mutilé leurs bras et tranché leurs ligamens; j'ai entendu leurs fibres mugir sous la broche, et ma main alimentait la flamme. Leur pére s'en serait bien mieux acquitté que moi; mais ma colère, calmée mal à propos, ne l'a point permis. Tes dents impies yiennent de broyer tes enfants, mais tu ne le savais pas; mais ils ne le savaient pas euxmémes. |

THYPSTES.

Clusa litoribus vagis

Audite maria. Vos quoque audite hoc scelus, Quocunque , Dii, fugistis. Audite inferi.

Audite Terrae. Noxque Tartarea gravis

Et atra nube, vocibus nostris vaca.

Tibi sum relictus. Sola tu miserum vides, Tu quoque sine astris. Vota non faciam improba, Pro me nihil precabor : ecquid jam potest Pro me esse? vobis vota prospicient mea. :

Tu, summe coeli rector, aetheriae potens Dominator aulae, nubibus totum horridis Convolve mundum, bella ventorum undique "Committe , et omni parte violentum intona :

Manuque, non qua tecta et immeritas domos Telo petis minore, sed.qua montium : | Tergemina moles cecidit, et qui montibus

Stabant pares gigantes, haec arma expedi,

Ignesque torque. Vindica amissum diem. :

Jaculare flammas ; lumen ereptum polo

Fulminibus exple. Causa, ne dubites diu,

Utriusque mala sit : si minus, mala sit mea.

Me pete. Trisulco flammeam telo facem

Per pectus hoc transmitte. Si natos pater

Humare, et igni tradere extremo volo, ,

Ego sum cremandus. Si nihil superos movet, Nullumque telis impios numen petit;

AËterna nox permaneat, et tenebris tegat

Immensa longis scelera. Nil Titan queror,

Si perseveras.

THYESTE

, O mers profondes ! astres de l'Olympe que ce forfait a mis en fuite ; terre, enfers, écoutez l'aveu de cet horrible crime. O nuit du Tartare! viens m'envelopper de tes noires ténèbres; que ma voix se fasse entendre dans ton vaste silence ! c'est à toi que mon frère me dévoue. Seule, tu verras ma misère ; et tu p'as point d'astres à qui je puisse faire horreur, Je ne t'adresserai point les vœux d'un méchant. Je ne demanderai rien pour moi. Eh! que pourrais-je demander? O dieux! tous mes vœux ne seront désormais que pour vous. | :

Dominateur suprême du ciel! couvrez le monde des plus affreux nuages, déchainez tous les vents, tonnez dans toute l'étendue des airs ; faites gronder dans votre main, non cette foudre légère dont vous écrasez les toits innocens , mais celle dont vous avez pulvérisé les trois montagnes et terrassé les Titans, aussi élevés qu'elles. Disposez les mémes armes, lancez les mémes feux. Vengez la perte du jour. Déployez toutes vos flammes ; remplissez de l'éclat de la foudre le pôle privé de la lumière. Ne balancez pas entre les deux coupables; que je le sois ou non , me voici; frappez; enfoncez dans mon cœur les trois pointes du tonnerre. Si un père doit donner la sépulture et les honneurs du bücher à ses enfants, c'est moi qu'il faut brüler. Si rien ne fléchit les dieux, si les impies ne meritent pas un coup de foudre, que cette nuit du moins soit éternelle, et qu'elle couvre de ses ténébres l'immensité de nos forfaits. O soleil, je suis bien loin de désirer jamais ton retour !

25» THYESTES. ACT. V. SCEN. IIl.

ATREUS

Nunc meas laudo manus, | Nunc parta vera est palma. Perdideram scelus, Nisi sic doleres. Liberos nasci mihi Nunc credo, castis nunc fidem reddi toris.

THYESTES.

Quid liberi meruere? | ATREUS.

Quod fuerant tui.

THYESTES.

Natos parenti!

ATREUS

Fateor et quod me juvat Certos.

Piorum praesides testor Deos.

ATREU S.

Quid conjugales?

THYESTES.

Scelere quis pensat scelus ?

A TR EUS

Scio, quid queraris. Scelere praerepto doles : Nec, quod nefandas hauseris, tangit dapes :

Quod non pararis. Fuerat hic animus tibi Instruere similes inscio fratri cibos , | Et adjuvante liberos matre aggredi, Similique leto sternere. Hoc unum obstitit, Tuos putasti.

ATRÉE

C'est maintenant que je loue mes mains; c'est maintenant qu'elles ont cueilli une palme véritable. Thyeste, j'aurais perdu mon crime si je ne voyais pas tout l'excés de ta douleur. La mort de tes enfants me rend les miens; et je crois maintenant Erope assez justifiée.

THYESTE

Quel mal avaient commis ces infortunés ?

ATAÉE.

Ils étaient sortis de toi.

| THYESTE, Servir des enfants à leur père!

S1. ATRÉR. 27700 3

Oui, à leur pére, je l'avoue; et, ce qui me ravit, à leur

véritable pére.

THY ESTE

Je vous invoque, ó dieux, qui présidez à l'amour paternel!

ATRÉE

Que n’as-tu recours à ceux qui président à l’hymen !

THYESTE

Est-ce par un crime qu’il faut se venger d’un crime ? ATRÉE.

Je sais de quoi tu te plains. C'est que je t'aie prévenu dans la marche du crime. Tu ne regrettes pas d'avoir goüté ces mets horribles; tu regrettes de ne pas m'en avoir préparé de semblables. Ton dessein était d'offrir un pareil repas à ton frére, de me présenter mes véritables fils. Leur mére t'aurait aidé à les faire périr. Si tu n'as pas exécuté ton projet, c'est que tu croyais qu'ils étaient les tiens.

THYESTES.

| Vindices aderunt Dei :

His puniendum vota te tradunt mea.

ATREUS,

Te puniendum liberis trado tuis.

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THYESTE

Un jour les dieux te puniront ; et mes vœux te livrent à leur vengeance.

ATRÉE

Et moi, je te livre à celle de tes enfants.

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