SCENE IV
1. — Personne ne fait cas de ce que je dis. Léonida commence bien son róle de Saureas. En effet le servus atriensis était chargé de surveiller l'entretien et la réparation des meubles et des garnitures en cuivre. Un esclave , nommé servus scoparius , était obligé de balayer , d'épousseter, de nettoyer; ce dernier esclave était subordonné au premier dont
je viens de parler. Voyez Columell., lib. XII, cap. 13.
2. — Îl parait ne pas prendre plus de soin de ses épaules que de ses pieds. Léonida pense que Liban ne songe pas aux étriviéres qui menacent ses épaules, ni aux fers que l'on mettait aux pieds des esclaves.
3. — De rendre luisants les c lous<de la porte. Un passage de Cicéron, dans son sixième discours contre Verrés,semble prouver que les personnes
riches ornaient leurs portes avec des clous en or et en cuivre doré.
4. — L'ouvrage pour lequel vous l'avez loué. Ce passage prouve évidemment que les anciens se faisaient payer le loyer des esclaves qu'ils se prétaient réciproquement pour les occuper à certains ouvrages. Cependant Lambin l'entend autrement, et croit que Dromo avait pris à loyer une partie de la maison de Déménéte, qu'il avait compté une moitié de son loycr, et retenu l'autre jusqu'au parfait paiement d'un
travail dont Sauréas l'avait chargé.
9. — Car si notre vieillard allait étre informé. En effet, Sauréas était, non-seulement le servus atriensis , mais encore, selon la remarque de Liban, l'esclave désigné par les anciens, sous le nom d'actor sereus. C'était une espèce d'intendant, chargé des affaires domestiques à la ville et à la campagne. Il tenait entre les esclaves le rang le plus distingué, et jouissait de toute la confiance du maitre. S'il devenait coupable dans lexercice de sa charge, il n'était pas exposé en vente, mais il était mis à prix d'aprés l'arbitrage d'un homme de probité.
6. — Je n'irai pas. Les esclaves ne pouvaient paraitre en justice.
Quand ils étaient cités, les maitres répondaient pour eux. 8. — Que les dieuz me gardent de vanité. Je n'ai pu rendre le mot
praefiscini sans périphrase. C'est l'expression. d'un homme qui craint
d’être blâmé ponr avoir trop loué les autres, ou pour avoir fait son
propre éloge. Cette manière de parler répond à celle-ci : absit verbo injuria. Mais au lieu que, par une telle restriction , nous n'ayons en vue que de montrer de la modestie, les anciens s'imaginaient détourner par ce mot-là une espèce de sort que les dieux jetaient sur ceux qui avaient d'eux-mémes une trop haute opinion, en laissant ces mortels
présomptueux en butte à l'envie.
Je dois aussi faire observer au lecteur, que Plaute a sagement ménagé une sorte de réconciliation entre le Marchand et Léonida. L'un s'excuse de sa trop grande défiance, et l'autre de sa vivacité et de sa promptitude à s'en offenser. Néanmoins le poéte s'est bien gardé de ne pas soutenir dans le personnage du Marchand, le caractére de défiance
dont Libanet Léonida, malgré toute leur adresse , ne peuvent triompher.