POUR LA TRADUCTION DE L'ASINAIRF
Ms lecteurs me permettront de leur rappeler que je les ai priés de ne point perdre de vue que mon système de traduction m'a forcé de sacrifier les agréments du style à l'exactitude. Il peut donc arriver que j'adopte un sens autorisé por l'opinion des €ommentateurs, et quelquefois méme justifié par ceux qui ont traduit avant moi , quoique ce sens paraisse équivoque. Il m'a donc paru nécessaire de placer ici quelques variantes pour servir à rectifier les erreurs que l'on croirait devoir me reprocher.
I.— p. 262. Eadem nunc , quom est melius , me cujus opera est, ignoras , mala. Ce passage peut étre ainsi rendu : Maintenant, méchante, que votre sort est amélioré, vous me méconnaissez, moi à qui vous en étes redevable.
2. — p. 264. Remigio veloque quantum poteris , etc. Fuyez aussi vite que vous le pourrez , à la rame ou à pleines voiles.
3. — Ibid. Ego te dehinc , ut merita. es de me et mea re, tractare exsequar. On préférera peut-être ici la traduction de Gueudeville à la mienne : « Je suis résolu d'en agir désormais avec vous conformément aux obligations que je vous ai, et suivant la grande part que vous prenez à ma personne et à mes affaires.» Mais dans ce passage, comme dans celui qui précède, j'ai cru rendre l'ironie de Clééréte et celle d'Argyrippe plus piquante.
4. — p. 282. Metuo in commune, ne quam fraudem, etc. Comme Liban et Léonida se sont associés pour tromper ce marchand d'esclaves, ils ont un intérét commun, et c'est ce que signifie in commune. Je pouvais cependant traduire ainsi : « Je crains que le fripon n'ait, à frais communs, joué quelque mauvais tour. ».,
5. — p. 284. O catenarum colone ! Mot-à-mot : ó colon des chaines!
6. — p. 308. Perii hercle! jam hic me abegerit odio suo. On peut entendre ce passage de cette manière : « En vérité, je n'en puis plus son ennuyeux babil me fera quitter la place. »
7. — p. 316. Ain’ tu me, furcifer : herum nos, fugitare censes , etc. Je
| m'ignore point que l'on peut interpréter ainsi ce passage: —
« Comment, pendard! archi-coquin! penses-tu que nous fuyons les
418 VÀRIANTES. regards de notre rhaître. Va le chercher ce maître devant lequel tu nons appelles depuis si long-temps, devant lequel tu voulais nots conduire. » J'ai cru pouvoir me détourner un peu du sens, afin de le rendre avec plus de vivacité et de concision. Mon opinion se trouverait d'ailleurs justifiée par de Schmieder. Censes, herum nos non agniturum, eos, quos esse nos sumus professi.
« Jam nunc secunda mihi facis ; scibam huic te capitulo hodie - Facturum satis pro injuria ; quamquam ego sum sordidatus ,
Frugi tamen sum, nec potest peculium enumerari. » -
Si l'on adopte l'interprétation de Lambin , ma manière de traduire ne paraîtra pas inexacte. « Significat enim servus, dit ce commentafeur, mercatorem non contentum prioribus injuriis et contumeliis, novas sibi aliis facere et dicere. » Cependant une nouvelle lecture m'a prouvé qu'il était possible de dissiper l'obscurité de ce passage, en traduisant ainsi : « Maintenant vous me faites une seconde fois réparation; je savais bien que vous donneriez aujourd'hui satisfaction à un chétif esclave; car si mon costume est maussade , je n'en suis pas moins ün honnête homme, et ce n'est pas sur le 'pécule que je possède, que l'on doit me juger. »
9. — Page 329 scène II de l'acte 3. Au lieu de : par mon urbanité, lisez : par mon assistance.
10. —p. 384. Quid modi, pater, amplexandi facies ? Mot-à-mot : «Quand mettrez-vous fin à vos embrassements? »
11- — p. 39o. Si non didicisti fullonicam. Yl est très - difficile de bien saisir le sens de cette métaphore, sur laquelle les commentateurs. ont épuisé leurs conjectures. Selon Gronovius le non queo durare doit s'entendre du dégoût que la conduite et les propos de Déménète inspirent à
Artémone. Le parasite faisant allusion à l'odeupede lurine que les
foulons étaient obligés de supporter, répond à Artémone : Cela n'est pas étonnant, si vous n'avez pas appris le métier de foulon. Cette allusion me parait très-ridicule.
13. — ibid. Regem perdidi. Les parasites donnaient le titre de roi à leur patron, Voy. Hor. Ep. L 17, et Térence, acte IH du Phormion, €. 1, Y. 24. J. -B, Levée.
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