SOS1E
| Qui donc?
MERCURE
Malheur à qui se présentera | je lui fais avaler mes deux poings. M 'SOSIE.
Fi! je ne mange jamais la nuit. J'ái déjà soupé; tu peux offrir ton régal à gens qui aient ‘meilleur appétit que moi. MERCURE. — Ce poing-là pèse raisonnablement.
SOSIE
Je suis mort , il pèse ses poings.
MERCUR E. E Si je le caressais (27) tant soit peu , afin de l'endormir. ,
36 AMPHITRUO. ACT. I, SCEN. I.
| SOSIA.
! Servaveris.
Nam continuas has tris noctes pervigilavi.
MERCURIUS
| Pessumum "st Facinus? : nequiter ferire malam male discit manus. Alia forma oportet esse, quem tu pugno legeris. Ilic homo me interpolabit *, meumque os finget denuo. MERCURIUS. - Exossatum os esse oportet; quem probe percusseris. SOSIA.
Mirum ni hic me quasi muraenam exossare cogitat. Ultro istunc , qui exossat homines : perii , si me adspexerit. MERCURIUS.
Olet homo quidam malo suo.
SOSIA.
Hei! numnam ego obolui ?
MERCURIUS
Atque haud longe abesse oportet.
41 SOSIA.
Verum longe hinc abfuit '"'! Illic homo superstitiosus est. MERCURIUS.
.Gestiunt pugni mihi, SOSIA.
$i in me exercituru's, quaeso in parietem ut primum domes. MERÓCUR LUS.
Vox mihi ad autes advolavit.
EN
Ce serait un service à me rendre, car voilà trois nuits que je veille.
MERCURS.
Cela n'ira pas bien. Cette main-là ne peut s'accoutumer à frapper mal sur une joue (4 regarde sa main. Ô ma main! celui que tu ne fais méme qu'effleurer doit infailliblement changer de figure.
SOS1IE
Cet homme-là veut retoucher mes traits et me rendre
tout autre.
MERCURE
Quand ces poings ne portent pas à faux , ils dotrent entie-
rement désosser leur homme.
Je crois ma foi qu'il va me désosser comme une lamproie, ce maudit désosseur (28); je suis mort s'il vient à m'apercevoir.
MERCURE
Je sens une odeur d'homme : malheur à lui!
Hélas ! serait-ce moi qu'il aurait senti?
MERCURE, Et je soupçonne qu'il ne peut être loin de moi. SOSIE.
Plü au ciel qu'il füt bien loin d'ici ; c'est un devin. MERCURE.
Les poings me démangent.
SOSIR.
Si tu veux les essayer sur moi, de grâce frotte - les anparavant un peu contre la muraille.
| MÉRCURE.
Une voix a volé à mon oreille?
38 AMPHITRUO. ACT. I. SCEN. I.
SOSIA.
Nae ego homo infelix fui, Qui non alas intervelli : volucrem vocem gestito. MERCURIUS.
Illic hope a a me sibi malam rem arcessit jumento sup. S OSIA.
Non equidem ullum habeo jumentum.
| MERCURIUS
Onerandu 'st pugnis probe.
SOSIA.
Lassus, sum Hercle" e navi, ut vectus huc sum : etiam nunc. nauseo. ' Vix incedo i inanis ; ne ire possé cum onere existumes.
MERCURIUS
Certe enim hic nescio quis loquitur. :
SOSIA::
.Balvos sum, non me videt.
Nescio quem loqui autumat ? mihi certe nomen Sosia est. MERCURIUS.
Hinc enim mihi dextera vox auris. , üt videtur , verberat. | sosi n à Metuo vocis ne vice hodie hic vapulem, quae bunc ver- : berat. TEE MERCURftUS. "^" |".
Optume eccum incedit ad me. *
Timeo : totus torpeo.
Non edepol nunc , ubi terrarum sim ,, scio., si quis roget.
— ————————. LL WX——— -.-—l:-- E
AMPHITRYON. ACT. I. SGÉN. I. 59
SOSIE
Que je suis malheureux! ma voix a des ailes et je ne les lui ai point arrachées.
MERCURE
Cet homme vient pour que je charge sa béte.
SOSIE. | Eh! je n'ai point amené de bêté avec moi.
MERCURE. 0 0 t Je vais lui donner sa bonne charge de coups de poings.
SOSIE, ot,
Par Hercule, je suis las du trajet ; incommodé par le roulis du vaisseau, je sens encore des nausées, je suis à jeun et mes jambes me soutiennent à peine ; ne pense pas que je puisse : marcher avec un fardeau sur le corps.
MERCURE
Je ne sais , ma foi , qui j'entends parler; quelqu'un est ici. SOSIE.
Je suis sauvé : il ne me voit point. Je ne sais quel est'ce nommé Quelqu'un qu'il croit entendre ; pour moi, mon nom est Sosie , assurément. .
MERCURE
Une voix qui venait du côté droit, si je ne me trompe, a frappé mon oreille. | $0 SIE.
Si ma voix l'a frappé, je crains bien en revanche de payer pour elle.
MERCURE
Il s'approche de moi fort à propos.
SOSIE
Me voilà glacé d’elfroi; tous mes sens sont engourdis : si
l’on me demandait où je suis, je ne saurais que répondre.
4a AMPHITRUO. ACT. I. SCEN. I.
SOSIA.
Huc eo : heri mei sum servos : numquid nunc es certior MERCURIUS.
Ego tibi istam hodie scelestam comprimam " linguam. SOSIA.
Haud potes:
Bene pudiceque adservatur.
MERCURIUS
Pergin' argutarier ?
Quid apud hasce aedis negotii est tibi ?
SOSIA.
Immo quid tibi 'st?
MERCURIUS. | Rex Creo vigiles nocturnos singulos semper locat. Bene facit : quia nos eramus peregre, tutatu 'st domum: At nunc abi sane, advenisse familiares dicito. Nescio quam tu familiaris sis : nisi actutum hinc abis, Familiaris adcipiere faxo haud. famihariter.
SOSIA.
Hic , inquam , habito ego , atque horunc servos sum. : | MERCURIUS.
| At scin' quomodo ?
Faciam ego hodie te superbum , nisi hinc abis.
7 SOSIA. | Quonam modo
J'entre ici ; je suis l'esclave de mon mattre : en es-tu plus savant ?
MERCURE
Je saurai contenir aujourd'hui ta maudite langue.
SOSIE
Je t'en défie, elle ne s'est jamais permis rien que de louable.
MERCURE
Pas tant de propos : que veux-tu faire dans cette maison ? SOSIE. HN ies Qu'y viens-tu faire toi-même ? | MERCURE.
Le roi Créon y place toutes les nuits des sentinelles. $6 8IE.
Il a raison ; nous étions absents, il fallait garder la maison ; à présent , va-t'en, et dis-lui que les esclayes d'Amphitryon sont de retour. ; XEACUAR de ne sais si tu fais partie des domestiques , mais si tu ne décampes' au plus vite , domestique ou non , tu pourrais bien De pas étre recu très-domesfiquement. certe SOSIE. m Je demeure ici, te dis- je: et et je suis au service d’Amphitryon. . - o s | dor |
Æ. à C* ' ° d tue (
MERCURE. tre
Sais- tu que je veux aujourd'hui te rendre bien fier, si tu
ne pars à l'ingtaast. i^ s. 6000 I! 6 o vs) Onnsct, SOSIE. 177
Comment? : 5. 5: Ce T aer nsa ui tes an 14
44 AMPHITRUO. ACT. I. SCEN. I.
MERCURIUS
Auferere , non abibis , si ego fustem sumpsero. |. SOSIA.
Quin me esse hujus familjae familiarem praedico. MERCURIUS.
Videsis, quam mox vapulare vis , nisi actutum hinc abis.
SOSIA.
Tun' domo prohibere peregre me advenientem postulas ? j MERCURIUS.
Haeccine tua domu 'st?
SOSIA.
Ita , inquam.
MERCURIUS
Quis herus est igitur tibi ?
Amphitrup, qui nunc præfectu 'st Thebanis legionibus ; "Quicum nupta est Alcumena Quid ais? quod nomen tibi "st ?
SOSIA.
Sosiam vocant Thebani , Davo prognatum patre. MERCURIUS.
Nae! tu istic hodie malo tuo compositis mendaciis - Advenisti , audaciae columen , consutis dolis ! SOSIA.
Immo equidem tunicis consutis huc advenio, non dolis. | MERCURIUS.
At mentiris etiam : certo pedibus , non tunicis venis.
MERCURE
Si je prends un bâton, tu n'iras point à pied au logis : il faudra t'y porter.
$081E. | Tout cela ne m'empéchera pas de soutenir que je suis de la maison.
MERCURE
Vois si tu veux être frotté? crois-moi : va-t-en. | SOSIE. .
Tu as donc résolu, quand j'arrive de si loin, de m'interdire l'entrée du logis. | MERCUABE.
' Est-ce là ta demeure?
Oui, te dis - je. | MERCURE.
Quel est ton maître?
Amphitryon , maintenant général des Thébains et l'époux d’Alcmène: | NERCURBE.
Que dis-tu ? quel est ton nom?
SOSIR.
Les Thébains me nomment Sosie fils de Davus.
| MERCURE. | Il est fácheux pour toi d'arriver armé de fourberies. Impudent! tes ruses sont mal cousues (31).
Tu n'y es pas : j'arrive avec des habits bien cousus et non pas avec des ruses mal cousues.
MERCURR. |.
Eh bien! tu mens encofe, car tu ne viens pas avec tes habits, mais avec tes piode, ,. ..
46 AMPHITRUO. ACT. I. SCEN. I.
SOSI A.
Ita profecto "^!
MERCURIUS
Nunc profecto vapula ob mendacium.
SOSIA.
Non edepol volo profecto.
| MERCURIUS
At pol profecto 'ingratiis.
Hoc quidem profecto certu 'st, non est arbitrarium. SOSIA. . .
Tuam fidem obsecro! - MERCURIUS.
Tun' te audes Sosiam esse dicere, Quin ego sum ?